Lecture / Ecriture
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Le fait du Prince de Amélie Nothomb

Amélie Nothomb
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Amélie Nothomb est le nom de plume de Fabienne-Claire Nothomb, écrivaine belge francophone née en 1966 à Bruxelles. Fille d'ambassadeur, elle a passé son enfance en Asie et aux Etats Unis.
Auteur prolifique, elle a écrit de nombreux romans (traditionnellement un par an).

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Le fait du Prince - Amélie Nothomb

Et si un invité meurt inopinément chez vous?
Note :

   «Si un invité meurt inopinément chez vous, ne prévenez surtout pas la police. Appelez un taxi et dites-lui de vous conduire à l’hôpital avec cet ami qui a un malaise. Le décès sera constaté en arrivant aux urgences et vous pourrez assurer, témoin à l’appui, que l’individu a trépassé en chemin. Moyennant quoi, on vous fichera la paix.»
   
   Tel est l’étrange conseil donné à Baptiste Bordave par son voisin de table lors d’un dîner chez des amis. Or, le lendemain, un homme sonne chez Baptiste Bordave, demandant à téléphoner car sa voiture est en panne tout comme la cabine téléphonique la plus proche; en composant le numéro, l’individu s’effondre, et meurt. Baptiste, influencé par l'échange avec son ami, décide de ne pas prévenir les secours, puis, après maintes cogitations, d’usurper l’identité de l’individu. Ce dernier s’appelle Olaf Sildur, il est de nationalité suédoise, a 39 ans (comme Bordave) et vit à Versailles. S’engage alors une nouvelle vie pour Baptiste alias Olaf Sildur…
   
   J'ai adoré l'amorce: Se retrouver en présence d'un corps et à avoir à gérer la situation. Et pourquoi pas usurper l'identité d'un autre? Cette décision plonge Baptiste à la vie bien rangée dans une aventure dont tout un chacun peut rêver. Un peu de piment dans une vie bien trop tranquille! Néanmoins, au fil des bulles, on se sent de plus en plus amorphe, le roman perd de son rythme et de son audace pour finir sur une fin qui nous laisse, nous, vraiment sur notre faim dans une maison bêtement assiégée par la police.
   
   Finalement, cette histoire est sauvée par le style car même si on n'apprécie guère l’intrique qui finit en eau de boudin, il faut reconnaître que cela reste quand même du Nothomb.
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critique par Kattia




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Prince, prince …
Note :

   Court ouvrage, comme à l’accoutumée chez Amélie Nothomb, qui ne porte pas sur un élément, un passage de sa vie passée, non, il s’agit de pure fiction.
   
   L’idée de base étant ; "que feriez-vous si tout à coup, sans crier gare, un parfait inconnu venait mourir chez vous ?" Bon, en fait non, Amélie Nothomb ne vous pose pas la question. Elle raconte dans quel engrenage tombe Baptiste Bordage dès lors qu’il prend le parti de ne pas déclarer la mort subite de l’homme venu sonner chez lui pour, disait-il, téléphoner à un dépanneur. Non seulement il ne déclare pas la mort de celui qui s’avère être Olaf Sildur, suédois du même âge que lui, mais tel un serpent qui abandonne sa mue sur le sol, il endosse l’identité d’Olaf Sildur. Qui s’avère finalement une identité intéressante puisque pourvue d’argent, de facilités et d’une femme qui joue le jeu…
   Pourtant, Baptiste Bordage n’était pas prédestiné à jouer une vie secrète :
   "Quand on est tout petit, on ne parvient pas à garder un secret. C'est une étape de la croissance, comme le fait de devenir propre. Si on y réfléchit, c'est peut-être lié. Dans ces deux domaines, j'ai été tardif. A l'âge de neuf ans, j'ai vécu mon dernier échec dans ce domaine. J'avais bien remarqué mon retard et je voulais prouver que j'avais atteint cette continence. Mes parents me cachaient quelque chose, de peur que je le révèle à ma grande sœur. Je me suis mis dans une colère noire. "Dites le moi, vous verrez bien que je peux me taire." De guerre lasse, ma mère m'a murmuré à l'oreille : "Ta sœur va recevoir un piano pour son anniversaire.""
   

   Autant le dire de suite, c’est parfaitement "hors-sol", hors réalité, c’est de la pure fantaisie ! "Incrédible", aucune intention de crédibilité quelconque. Amélie Nothomb a posé un postulat et s’est amusée avec. Pourquoi pas ? Ça n’en fait pas un incontournable de la littérature moderne.

critique par Tistou




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