Lecture / Ecriture
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La conspiration des ténèbres de Theodore Roszak

Theodore Roszak
  L'enfant de cristal
  La conspiration des ténèbres
  L'enfer des rêves

La conspiration des ténèbres - Theodore Roszak

Les dessous d'Hollywood
Note :

   Belle réussite: une vaste fresque sur le cinéma, mâtinée d'un complot multiséculaire ourdi par une minorité religieuse que l'on n'imaginait pas si machiavélique. Jonathan Gates, universitaire reconnu, raconte comment sa passion pour le réalisateur allemand Max Castle l'a conduit à découvrir une vaste machination.
   
   Le jeune Jonathan découvre l'amour et le cinéma grâce à Clare Swann qui fait survivre une petite salle glauque de la côte ouest en défendant contre vents et marées un cinéma d'art et d'essai. Intransigeante, parfois caractérielle, elle modèle le docile Jonathan qui découvre par hasard le cinéma de Max Castle. Il cherche à en savoir plus sur lui, malgré Claire qui le juge malsain, voire dangereux. Ce ne sont pas tant ses films eux-mêmes (vampires, revenants et sexe pour l'essentiel) que l'au-delà des films qui fascine Jonathan. Il découvre peu à peu qui était Max Castle grâce à ceux qui l'ont connu et comprend qu'il cachait des films derrière ses films. Mais pourquoi? Des scènes de meurtres, de viols et de désolation impressionnent inconsciemment l'œil du spectateur: dans quel but? Les Orphelins de la Tempête, organisation caritative internationale qui a élevé Castle, ont peut-être une réponse, que Jonathan Gates découvrira à ses dépends.
   
   Il faut certainement aimer le cinéma américain, des débuts aux années 60, pour apprécier ce livre. Mais on en sort intelligent car on apprend beaucoup, en particulier sur l'Âge d'or d'Hollywood.
   
    Le personnage de Jonathan Gates, le narrateur, peut paraître un peu fade mais il a justement l'innocence nécessaire au complot et l'inconsistance adéquate pour être l'ombre de Clarissa Swann, figure de l'intellectuelle sûre d'elle-même et de son savoir. Jonathan, lui, expérimente aussi la médiocrité cinématographique, la facilité vulgaire et rigolarde par laquelle on se laisserait bien emporter si l'on ne se secouait parfois pour ne pas se laisser engloutir par la vague du "faut bien rigoler". C'est presque un intellectuel malgré lui que l'on suit pas à pas dans ses découvertes, dans le monde un peu glauque des films de séries B et dans ses passionnantes rencontres: Zip Lipsky, le nain caméraman de génie; sa femme Franny, ex star de la jungle façon Hollywood; Olga Tell, fille de la campagne devenue actrice pas farouche; et même le grand Orson Wells lui-même (car c'est Max Castle qui lui a soufflé les meilleures idées du scénario de Citizen Kane, le saviez-vous?). Une formidable galerie de personnages, aussi déchus que convaincants, restes moribonds de la grande broyeuse de talents que fut aussi la grande industrie du cinéma.
   
   Un vrai grand bonheur de lecture, pour Hollywood et les organisations secrètes, à lire d'une traite.
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critique par SBM




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Et ténèbres de la lecture
Note :

    Présentation de l'éditeur
   
   "En fréquentant les cinémas miteux de Los Angeles, Jonathan Gates découvre l’œuvre fascinante de Max Castle. Jeune prodige, celui-ci a tourné quelques petits films avant de tomber dans l'oubli. L'élucidation des mystères qui entourent la vie et l’œuvre de Castle va devenir une véritable obsession pour Gates. À l'issue de la quête, qui va le mener des sommets de l'industrie cinématographique jusqu'au cœur des sociétés secrètes, où plane l'ombre des cathares, il apprendra l'incroyable vérité sur ce maître des illusions que fut Max Castle et mettra au jour un étonnant complot."

   
   Commentaire
   
   Oh. My. God que ce livre n'était pas pour moi! Je ne sais pas si c'est le moment ou encore une totale incompatibilité mais de dire que ma lecture fut ardue est un euphémisme. Pourtant, j'avais une réelle envie de découvrir cet auteur, au sujet duquel j'avais lu beaucoup de bien et le thème me tentait. Le Golden Age d'Hollywood m'a toujours fascinée et je croyais me plonger avec délices dans cette atmosphère. On s'entend, on est loin du glamour ici.
   
   Je vais donc tenter de faire un billet respectueux, sans rien révéler comme j'en aurais envie. Je vais donc garder mes sarcasmes pour moi. Et non, je ne ferai pas un copier-coller de mes impressions de parcours... quand même, je vais vous épargner ça. Ne me remerciez pas!
   
   Nous rencontrons donc Jonathan Gates, jeune étudiant influençable qui découvre le cinéma entre les cuisses (littéralement) de Clare, passionnée du 7e art aux goût très élitistes et très tranchés. Il n'y connaît rien, est influençable et ce que dit Clare est pour lui parole d'évangile. J'ai mis du temps à apprécier ce personnage somme toute assez désagréable au départ, aigrie à 30 ans, qui n'hésite pas à qualifier à peu près tout ce que je connais du cinéma de nul ou de navet. Si les cinéphiles avertis risquent d'adorer les références et les techniques dont les personnages discutent (c'est complexe et érudit), j'ai été rapidement perdue dans tout ça et je me suis un peu ennuyée de mes beaux ténébreux et de des starlettes qui crevaient l'écran. Mais malgré tout, cette partie, située dans le milieu du cinéma d'auteur et du cinéma underground, avait réussi à me placer dans une atmosphère en noir et blanc, rappelant parfois ces "films noirs" qui sont à l'occasion mentionnés. Du moins de la vision que j'en ai. Car je le rappelle, je ne connais rien au cinéma.
   
   Là où le bat blesse pour moi, c'est la longueur. Vous lisez la présentation de l'éditeur? Ben voilà, c'est exactement ça. En 800 pages. J'ai été tellement, tellement agacée de tout voir venir, énorme et évident, alors que le personnage n'y comprenait visiblement rien, vous ne pouvez pas savoir. Ma lecture a été ponctuée de nombreux "Ben voyons!". Chaque "révélation" est "révélée" en moyenne 4 fois. Et Jonathan qui est chaque fois ébahi. (Ok, j'exagère. Mais bon.) Et quand tout part en vrille avec des histoires de sociétés secrètes, de complots et de cathares, là, j'ai décroché. C'est quand même tellement gros, tellement déjà vu comme idée. (Précisons quand même ici que ce roman a été écrit en 1991. Donc à ce moment-là, on en avait déjà beaucoup moins vu). Bon, je comprends le point de vue (je ne veux rien dire ici, au cas où vous ne saisiriez pas comme moi au début du roman exactement de quoi il est question), mais je n'ai pas du tout embarqué. J'ai même éclaté de rire à quelques occasions, ce qui n'était pas du tout le but visé par l'auteur, je le crains. En fait, tout au long de ma lecture, j'ai secoué la tête avec découragement comptant les pages jusqu'à la fin et en me disant que je savais EXACTEMENT ce qui s'en venait. Et oui, chaque fois, c'était ça.
   
   Je soulignerai tout de même que j'ai aimé l'idée de la fin du livre (bon, la fin du livre s'étale sur presque 100 pages hein. J'ai aimé la finale mais 100 pages, quand même...), très cohérente avec l'atmosphère du roman, on reste dans le "noir". J'ai apprécié que l'auteur ne cède pas à la facilité. De plus, pour avoir lu sur les cathares suite à ma visite à Toulouse et à Albi (et après en avoir discuté avec une amie que je ne me lasse pas d'écouter parler d'histoire et d'anthropologie), la base est la même - mais je pense que l'auteur est très savant en ce domaine, il est prof d'histoire à UCLA, je crois - même si l'utilisation qu'il en fait est ma foi... particulière. Notons finalement que certains passages sur le cinéma, sur les descriptions de certains films (pas tous hein) et certains génies ou fous géniaux ont retenu mon attention.
   
   Mais mon ressenti général a été de l'ennui, une sensation de roman interminable et de l'agacement.
   
   Pour contrebalancer mon avis pas très positif, je vous invite à aller consulter l'avis de SBM, qui a adoré.

critique par Karine




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