Lecture / Ecriture
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La blonde en béton de Michael Connelly

Michael Connelly
  La défense Lincoln
  Darling Lilly
  L'Oiseau des ténèbres
  Les égouts de Los Angeles
  A genoux
  La blonde en béton
  La glace noire
  Le Verdict du plomb
  Le dernier coyote
  L'Epouvantail
  Le poète
  Les neuf dragons
  Echo Park
  Volte-face
  L'envol des anges
  Créance de sang
  Le cadavre dans la Rolls
  La lune était noire
  Le cinquième témoin
  Lumière morte
  Ceux qui tombent
  Dans la ville en feu
  Les Dieux du Verdict

Né en 1956, Michael Connelly est un auteur américain de romans policiers (en particulier la série Harry Bosch).

La blonde en béton - Michael Connelly

Un scénario en béton!
Note :

   Dès le départ, le célèbre Harry Bosch est enfermé dans un cercle vicieux: un procès lui est intenté pour avoir, seul, usé de son arme pour tuer le fameux «Dollmaker» qui avait la très mauvaise habitude de maquiller les prostituées qu’il assassinait en série. De plus, il se trouve que d’autres crimes ont lieu avec la signature du «Dollmaker». Harry doit donc découvrir cet imitateur gênant pour sauver son procès et prouver sa bonne foi.
   
    C’est un Connelly de facture classique, c’est-à dire extrêmement bien structuré, fouillé dans ses moindres détails, chaque élément remarqué durant les scènes de crime a forcément un écho. L’auteur aime à brouiller les pistes, jeu dans lequel il excelle et qui force le lecteur à rester concentré mais sans ennui ni fatigue car le roman se lit quasiment d’une traite malgré ses 460 pages. Harry mène de front son procès, son enquête et ses amours avec Sylvia, veuve d’un policier tué en service et qui, bien sûr, craint pour la sécurité de son amoureux. Dans ce maelstrom judiciaire et policier, Harry se retrouve le plus souvent seul face à l’incompétence de son chef qui n’apprécie pas ses méthodes jusqu’à certains de ses collègues qu’il croit dignes de confiance.
   
    Comme souvent, Connelly, qui connaît parfaitement son sujet, nous fait pénétrer dans les rouages complexes du système judiciaire étatsunien avec son juge implacable et pointilleux sur les formes et la procédure et la redoutable avocate Chandler spécialisée dans l’accusation de flics qui outrepassent leurs droits et ont la détente facile. Tout se mêle avec perfection et jamais on ne ressent d’ennui à lire du Connelly. Chaque personnage a sa place dans ce schéma apparemment disséminé «façon puzzle» dans lequel on attend avec impatience la pose de la dernière pièce.
   
   Titre original: The Concrete Blonde
   
   
   Série Harry Bosch
   
   1. Les Égouts de Los Angeles (The Black Echo, 1992)
   2. La Glace noire (The Black Ice, 1993)
   3. La Blonde en béton (The Concrete Blonde, 1994)

   4. Le Dernier coyote (The Last Coyote, 1995)
   5. Le Cadavre dans la Rolls (Trunk Music, 1997)
   6. L'Envol des anges (Angels Flight, 1999)
   7. L'Oiseau des ténèbres (A Darkness More Than Night, 2001)
   8. Wonderland avenue (City of Bones, 2002)
   9. Lumière morte (Lost Light, 2003)
   10. Los Angeles River (The Narrows, 2004)
   11. Deuil interdit (The Closers, 2005)
   12. Echo Park (Echo Park, septembre 2006)
   13. À genoux (The Overlook, 2007)
   14. Le verdict du plomb (The Brass Verdict, 2008)
   15. Les neuf dragons (9 Dragons, 2009)
   16. Ceux qui tombent (The Drop, 2011)
   17. Dans la ville en feu (The Black Box, 2012)
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critique par Mouton Noir




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3ème opus de la série Harry Bosch
Note :

   Harry Bosch, l’inspecteur de la police de Los Angeles. Un tueur en série un peu pervers. Une situation judiciaire compliquée pour Harry Bosch qui se greffe là-dessus. L’occasion pour Michael Connelly de donner la pleine mesure de sa virtuosité à monter des intrigues originales, crédibles et cohérentes. A nous parler de l’humain également; relations hiérarchiques compliquées pour Bosch, relations amoureuses, fascination professionnelle d’un flic pour une avocate, … rien de simple. Et pourtant Michael Connelly gère tout ceci à merveille et nous tient scotché aux 463 pages ; nuits blanches assurées!
   
   C’est que ça s’emmanche mal pour Harry Bosch qui, quatre ans auparavant a mis fin à la série de meurtres abominables commis par un tueur psychopathe, «Dollmaker», en le tuant lors de la tentative d’interpellation. C’était il y a quatre ans. Et là, c’est le procès qui lui est intenté et qui devrait n’être, somme toute, qu’une formalité. Sauf que. Sauf que les crimes semblent reprendre selon le même modus operandi; «Dollmaker» vivant ou sinistre imitateur? Sauf que l’avocate de la famille de celui qu’on croit être le «Dollmaker» jure de son innocence et s’appuie bien entendu sur la recrudescence des meurtres. Quelqu’un veut accrocher le scalp de Bosch à sa ceinture et la hiérarchie dudit Bosch étant ce qu’elle est … malaise.
   
   L’intrigue va donc osciller entre le procès lui-même et la reprise de l’enquête par Bosch pour tenter de sauver son honneur et sa fonction. C’est réellement bien mené et assez étouffant, ne laissant aucun répit au lecteur. Le doute est là, qui vous taraude. Le doute quant à la culpabilité de Bosch – a-t-il tué le «Dollmaker» – et le doute vis-à-vis de cette justice américaine, ou, disons, de la justice en général.
   
   « Affaire de la perruque: le procès de la police débute aujourd’hui
   Par Joel Bremmer, correspondant du Times
   
   C’est un procès inhabituel, dans une affaire de droits civiques, qui s’ouvre aujourd’hui, puisqu’un membre de la police de Los Angeles est accusé d’avoir fait un usage abusif de la force, il y a quatre ans, en tuant par balle un prétendu serial killer qui, c’est du moins ce qu’avait cru le policier, tentait de s’emparer d’une arme. En réalité, le suspect voulait seulement récupérer sa perruque glissée sous l’oreiller.
   L’inspecteur de la police Harry Bosch, 43 ans, a été traduit en justice sur plainte de la veuve de Norman Church, un employé de l’industrie aérospatiale abattu par Bosch à l’issue d’une enquête sur les meurtres du fameux «Dollmaker».»

   
   On rajoutera à tout ceci une relation naissante et encore hésitante entre Harry Bosch et Sylvia, la veuve d’un collègue qui peut naturellement appréhender s’engager avec quelqu’un qui aura des problèmes similaires à ceux qu’avait son ex-mari, et on comprendra que le quotidien de Bosch dans cet épisode est tissé d’incertitudes, de doutes et de craintes.
   
   Difficile de s’extirper de ce bouquin tant qu’il n’est pas achevé!
    ↓

critique par Tistou




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11 assassinats
Note :

   Michael Connelly est le créateur du personnage Harry Bosch ou plus exactement de Hyeronymus Bosch, un inspecteur du LAPD (Los Angeles Police Department). Depuis plus de 20 ans, l'ex-journaliste et chroniqueur judiciaire fait vivre son personnage récurrent en racontant des polars captivants; il m'est arrivé d'en lire plusieurs, occasionnellement et, à chaque fois, j'y ai retrouvé un véritable plaisir de lecture. "La blonde en béton" est le troisième roman où Bosch est impliqué, il a été publié en France en 1996.
   
    Tout commence sur les chapeaux de roues dans cette histoire, puisque dès le prologue, Bosch tente d'arrêter un dangereux serial killer - le Dollmaker- et malheureusement abat son suspect qui tentait de... récupérer sa perruque cachée sous son oreiller...
   
    Cet homme appelé Norman Church, et au demeurant bien sous tout rapport, est soupçonné ou plutôt a été soupçonné d'avoir tué 11 femmes, toutes des call-girls, des actrices de porno ou des prostituées occasionnelles. Chacune d'entre elles a été assassinée selon un rituel bien précis puisque Church les maquillait et leur dessinait une croix sur un orteil... Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes pense-t-on sauf que, sauf que...
   
    ... La justice s'en mêle car la culpabilité de Church n'est pas totalement prouvée et Harry Bosch a exécuté un homme sans défense et sans être en situation de légitime défense. On se retrouve donc 4 ans plus tard lors du procès de l'inspecteur qui est accusé d'avoir tué un innocent, tué seulement pour mettre fin à cette affaire et calmer les esprits... de plus, d'une façon personnelle, Harry Bosch pourrait s'être vengé par rapport à son passé... sa mère... elle-même fut assassinée...
   
    Harry Bosch se retrouve confronté à Honey Chandler, la redoutable avocate de Church qui va porter le doute dans son esprit. D'autant plus que dès le départ du procès, des événements (dont je tairais la nature...) tendent à prouver qu'il y a eu une erreur dans l'enquête Norman Church...
   
    Harry Bosch reprend l'affaire en mains, armé de nouvelles informations autour de ces 11 assassinats, se demandant s'il n'a pas raté quelque chose... c'est très perturbant d'autant plus qu'il a contre lui une avocate extrêmement douée et un avocat commis d'office plutôt pâlot! Le roman alterne des scènes de plaidoiries où Bosch est l'accusé et des chapitres ou Bosch redevient l'enquêteur solitaire mais attachant.
   
    Etant donné la longévité du personnage dans l’œuvre de Connelly, on se doute bien qu'il va s'en tirer... n'empêche... et s'il avait tué un innocent?
   
    Un bon polar bien haletant qui m'a beaucoup plu... d'une part pour le style, vif, très porté sur les faits, quelques phrases très "punchline" avec des formules métaphoriques qui claquent, et puis un scénario bien construit autour d'un inspecteur crédible plein d'humanité.

critique par Laugo2




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