Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les falsificateurs de Antoine Bello

Antoine Bello
  Éloge de la pièce manquante
  Les falsificateurs
  Les éclaireurs
  Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet
  Ada

Antoine Bello est un écrivain et entrepreneur français né en 1970 à Boston.

Les falsificateurs - Antoine Bello

Faux et usage de faux
Note :

   Fraîchement émoulu de l'Université de Reykjavík, un diplôme de géographie en poche, Sliv Darthunguver se trouve confronté à un problème d'importance majeure: trouver un emploi.
   La situation du marché du travail en ce début des années 90 n'est pas plus prometteuse en Islande que partout ailleurs dans le monde.
   
   Alors qu'il s'apprête, sans grand enthousiasme, à accepter un poste d'adjoint du directeur export d'une conserverie située dans le nord du pays, son attention est attirée par une annonce d'offre d'emploi correspondant à sa formation.
   Le cabinet d'études environnementales Baldur, Furuset & Thorberg recherche en effet un chef de projet.
   Sans perdre une minute, Sliv se rend à l'adresse indiquée afin d'y déposer son Curriculum Vitæ dans l'espoir d'obtenir très rapidement un entretien.
   Sa démarche va s'avérer payante car il va être immédiatement reçu par le responsable du recrutement et directeur des Opérations, Gunnar Eriksson. Celui-ci lui explique les activités du cabinet, activités consistant à monter des dossiers sur l'impact environnemental occasionné par la construction d'autoroutes, de barrages hydro-électriques et autres constructions nécessaires au développement économique.
   
   Quelques jours plus tard, Sliv est engagé et se voit confier son premier dossier. Il s'agit de se rendre au Groenland afin de réaliser une étude sur la construction d'une station d'épuration dans la petite ville de Sisimiut, construction commanditée par le Parlement de l'État autonome.
   
   Après deux mois passés dans les solitudes glacées du Groenland, Sliv revient à Reykjavík. Sa mission a remporté un franc succès mais un léger détail dans son rapport final ne cesse de le troubler: il semblerait qu'une erreur ait été glissée dans celui-ci. Cette erreur – Sliv va l'apprendre très rapidement – a été insérée volontairement dans le dossier par Gunnar Eriksson lui-même.
   
   Mais au final, quelle est la véritable motivation du C.F.R ? Pourquoi dépenser tant d'argent et d'énergie pour falsifier la réalité? Quels sont les buts et les motivations ultimes des dirigeants invisibles qui président cette organisation? C'est ce que Sliv et ses amis vont tenter de découvrir au cours de leur cursus au sein de l'organisation. Trouveront-ils une réponse?
   
   De l'élaboration de fausses archives de la STASI en passant par les raisons de la disgrâce d'Hernan Cortés par Charles-Quint après la conquête du Mexique, en passant par l'invention d'un poisson de la famille des scombridés susceptible d'extinction suite aux derniers essais nucléaires français dans le Pacifique-Sud lors du mandat de Jacques Chirac en 1995, jusqu'à la preuve de l'inexistence de la célèbre chienne Laïka lancée en orbite par l'U.R.S.S en 1957, Antoine Bello revisite dans «Les falsificateurs» de nombreuses pages de notre Histoire.
   
   Il nous donne ainsi matière à réflexion sur notre appréciation du réel et sur les différentes manières dont il est possible d'altérer celui-ci.
   
   Parabole sur le pouvoir de l'écriture (les écrivains n'ont-ils pas été de tous temps les plus talentueux falsificateurs de la réalité?) le roman d'Antoine Bello nous exhorte à ne pas oublier non plus que – plus que jamais – les médias contemporains manipulent les consciences en travestissant les faits, servant ainsi les peu louables intérêts des puissances économiques, politiques et idéologiques qui régissent la planète.
   
   Aussi addictif que la désormais célèbre trilogie «Millenium» de Stieg Larsson (Actes Sud), «Les falsificateurs» d'Antoine Bello nous entraîne dans un récit passionnant, jalonné de rebondissements et de révélations extraordinaires (mais à prendre pour ce qu'elles sont, c'est à dire une œuvre de fiction) dans lequel il arrive que les manipulateurs se trouvent parfois eux aussi manipulés.
   
   Quant aux motivations secrètes du C.F.R, j'espère en apprendre un peu plus en lisant la suite de ce récit: «Les éclaireurs», parue également chez Gallimard qui a obtenu le Prix France-Culture –Télérama en février 2009.
    ↓

critique par Le Bibliomane




* * *



Falsifions, falsifions, il en restera toujours quelque chose
Note :

   Sliv, un jeune homme tout juste diplômé, trouve un emploi dans un cabinet d’études environnementales, qui s’avère, dès la première mission, être une vaste fumisterie. Mais ce cabinet cache en fait un autre organisme, le CFR, qui s’emploie à des activités tout aussi fumeuses: falsifier la réalité afin d’avoir un impact sur elle, justement, afin de la modifier vraiment et de gagner du temps sur la marche de l’Histoire.
   
   L’idée d’Antoine Bello est séduisante et mise en scène dans "Les Falsificateurs" avec une certaine verve; l’employeur de Sliv, Gunnar Eriksson, débraillé et un peu illuminé, est un personnage amusant. On nous explique très pédagogiquement comment falsifier, quelles falsifications sont vaines, et on peut lire dans ce travail un miroir de la création romanesque, patiemment élaborée, concurrente du monde réel et pouvant s’y substituer (pour les esprits les plus fébrilement littéraires). Mais l’enjeu n’est pas gratuit, puisque c’est à une relecture de notre Histoire, des années 90 à aujourd’hui que nous invite le romancier.
   
   J’ai été surprise: la plupart des billets évoquant le roman le décrivait comme haletant; or je me suis retrouvée noyée dans les détails de la méthode de falsification, engluée dedans même, sans que rien ne me dise d’où vient cette nécessité de la falsification… et j’ai manqué de patience. Je me suis arrêtée et la concurrence de "Bel-Ami" a été fatale à ces joailliers de l’ombre.
   
   Je pense reprendre le roman un jour, mais voilà, je l’ai trouvé un peu indigeste.

critique par Rose




* * *