Lecture / Ecriture
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Le Musée Barnum et autres nouvelles de Steven Millhauser

Steven Millhauser
  Le Musée Barnum et autres nouvelles
  La Vie trop brève d’Edwin Mulhouse
  Nuit enchantée
  Le lanceur de couteaux

Steven Millhauser est un romancier et nouvelliste américain né en 1943. Il a remporté le Prix Pulitzer en 1997 avec "Martin Dressler ou le Roman d’un rêveur américain".
Ses livres, et en particulier ses nouvelles, lui ont valu un succès considérable et de nombreux prix.

Le Musée Barnum et autres nouvelles - Steven Millhauser

Jeux de société
Note :

   Le Cluedo: David, quinze ans aujourd’hui, jettera t’il sa gourme? Son frère aîné Jacob écrivain en panne arrivera t’il encore à créer? Marian célibataire esseulée trouvera t’elle une âme frère? Susan peut-elle aimer encore Jacob ? …
   en attendant, ils jouent tristement au cluedo
   les personnages du jeu s’animent pendant la partie: Mlle Rose ne sait si elle veut que le colonel Moutarde la viole ou non, le colonel veut bien mais n’est pas sûr d’éprouver du plaisir, le professeur Olive se demande s’il veut vraiment voir ça, Le docteur Violet se perd dans les passages secrets sous la maison veut revenir en arrière mais poursuit sa route, Mme Pervenche se demande si elle est ou non jalouse de Mme Leblanc qui ne sait pas si elle doit rire ou pleurer! Beaucoup de questions, rien ne se résout, la partie peut-elle s’achever?
   Le ton est ironique, parfois sentimental, avec quelques belles descriptions et les personnages du Cluedo sont plus complexes que les joueurs.
   
   Le Rideau: un petit garçon, autorisé à se rendre seul au cinéma, s’aventure dans les coulisses, contemple et détaille avec excitation et un peu d’effroi des personnages de films archétypaux, les suppose vivants, mais comme Saint Thomas, veut toucher… une jolie fille qui arpente sa loge en répétant des phrases tragiques à moitié dites… et s’enfonce dans une substance épaisse, de la chair peut-être, de la peau, sûrement pas… vue par les yeux d’un enfant l’aventure garde un côté insolite, effrayant proche du fantastique et aussi de ce que Freud nomme «l’inquiétante étrangeté» très présente dans ce texte.
   
   Le Musée Barnum: il consiste en une multitude de salles où sont présentées des scènes de foire et des décors de faux semblant: avaleurs de sabres, dragon cracheurs de feu, aquarium avec rochers où nagent des apparences de sirènes, faux et vrais monstres en tous genre.
   Bien des gens sont fascinés, ou attirés comme par des aimants dans cet ensemble où l’on se perd volontiers mais où un gardien vous reconduit toujours. Des visiteurs en sont las d’autres persistent à l’aimer. Il ressemble à l’Enfer (plusieurs niveaux au-dessus et en dessous, des sous-sol qui descendent toujours plus bas l’on ne sait jusqu’où).
   Phinéas Barnum est l’inventeur des effets spéciaux et des artifices.
   
   C’est peut-être aussi une métaphore du monde comme cirque. L’une des meilleures pages de «La Vie trop brève d’Edwin Mulhouse» est la description d’un champ de foire à peu près vide où deux gamins de 11 ans se rappellent les splendeurs d’antan (de leurs six-huit ans, lorsque la foire battait son plein).
   
   Borges voyait le monde comme une immense bibliothèque…on peut le voir aussi comme une foire bruyante et tapageuse.

critique par Jehanne




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