Lecture / Ecriture
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Jules César de William Shakespeare

William Shakespeare
  Le marchand de Venise
  Beaucoup de bruit pour rien
  Cymbeline
  Le songe d'une nuit d'été
  Titus Andronicus
  Jules César
  Hamlet
  Antoine et Cléopâtre
  Le roi Lear
  Macbeth
  Othello
  Coriolan
  Tout est bien qui finit bien

William Shakespeare est né à Stratford upon Avon, probablement en 1564.

Il écrivit trente-sept œuvres dramatiques entre les années 1580 et 1613. Son oeuvre est constituée de pièces, romances et poèmes.

William Shakespeare est mort à Stratford upon Avon en 1616.



* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Jules César - William Shakespeare

Pouvoir, meurtre et solitude
Note :

   Jules César appartient aux pièces romaines de Shakespeare qui incluent aussi "Titus Andronicus" dont j’ai récemment parlé sur ce même site. Elle fait partie des premières pièces du Barde, recensée en 1599. L’intrigue est assez simple: le pouvoir grandissant de César présente un danger pour la république, il est donc assassiné par une conspiration menée par Brutus son meilleur ami. A partir de la mort de César – qui ne vit en fait que dans l’acte 1 – son fantôme pose un problème sérieux de partage du pouvoir entre ses deux plus proches amis: il y a le camp de Brutus avec Cassius et celui du triumvirat formé par Marc-Antoine, Octave et Lépide. Shakespeare s’est librement inspiré de "la vie des hommes illustres" de Plutarque.
   
   Cependant, Shakespeare tisse une toile plus subtile lorsqu’il inclut les réflexions et méditations des protagonistes. Il s’agit surtout de celles de Brutus qui s’interroge sur la finalité de l’attentat partagé entre son amitié profonde pour César et le devoir envers Rome:
   
   
   "I would not, Cassius, yet I love him well (I,1, 80)
   (Je ne le veux pas,Cassius, et pourtant je l’aime.)
   
   Set honour in and death I’th’ other
   And I will on both indifferently ;
   For let the gods so speed me, as I love
   The name of honour more than I fear death.(I,1,84-87)
   (Placez l’honneur dans un œil, et la mort dans l’autre,
   Je les fixerai tous les deux indifféremment ;
   Et que les dieux me protègent tant que j’aime
   Le nom de l’honneur plus que je ne crains la mort. )

   
   La pièce est en fait composée en parallèle avec effets de miroir plus au moins déformant. Ainsi les réflexions intimes de Brutus se font-elles l’écho de ses agissements pour le bien commun, cette république au peuple si versatile à tel point que c’est le dernier qui leur parle qui a raison. On sent tout ce que cette pièce peut avoir d’universel et d’intemporel, notamment en politique où la disparition d’un seul tribun solide qui sait rassembler implique une lutte de pouvoir sur fond d’intérêts personnels.
   
   La fameuse bataille de Philippe oppose certes Brutus à Antoine mais la mort de Cassius dérègle tout l’équilibre puisqu’à priori il n’y a pas de vainqueur. Le meurtre de Brutus a probablement une légitimité aux yeux de la collectivité mais son remords d’homme de bien n’en est pas moins touchant. Cette prise de conscience qui se déchire entre deux choix annonce déjà les affres de Hamlet, fantôme inclus. Mais ici il semble que le seul personnage qu’est devenu Hamlet ait éclaté en plusieurs ici, dont certains ont choisi la mort plutôt qu’une défaite autant collective qu’individuelle. Mais laissons parler Cassius, un des conjurés victime de la Roue de la Fortune :
   
   "The fault, dear Brutus, is not in our stars
   But in ourselves, that we are underlings. (I,2,137-138)
   (La faute, cher Brutus, n’est pas dans nos étoiles
   Mais en nous-mêmes, si nous sommes des sous-fifres.)"

   
   
   * Pour les citations, traduction de Jérôme Hankins pour la Bibliothèque de la Pléiade.

critique par Mouton Noir




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