Lecture / Ecriture
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Impardonnables de Philippe Djian

Philippe Djian
  Maudit Manège
  Ça c'est un baiser
  Vers chez les blancs
  Doggy Bag- Saison 1
  Doggy Bag- Saison 2
  Doggy Bag- Saison 3
  Doggy Bag- Saison 4
  Sainte-Bob
  Frictions
  Impuretés
  Doggy bag- saison 5
  Bleu comme l’enfer
  Impardonnables
  Incidences
  Lorsque Lou
  Marlène

Philippe Djian est un écrivain français né en 1949.

Impardonnables - Philippe Djian

Père et fille(s)
Note :

    Francis, écrivain sexagénaire qui a perdu sa femme et une de ses filles dans un terrible accident douze ans auparavant coule des jours pas vraiment tranquilles au pays basque. Un jour, sa fille, Alice, disparaît. Commence alors pour lui une lente désintégration de la vie telle qu'il la mène cahin-caha.
   
   Je vais vous faire un aveu chers happy few: je n'avais jamais lu de romans de Philippe Djian. Je ne peux donc pas le juger en fonction des ses opus précédents: il paraît si j'en crois les critiques lues ici ou là que c'est le retour du grand Djian, celui de ses fans. De mon côté, avec mon oeil "vierge de Djian", j'ai trouvé qu'"Impardonnables" n'était pas sans qualités: une narration un peu bousculée, avec des ruptures de chronologie (bon, elles ne sont pas toujours bienvenues, surtout à la fin, que j'ai trouvé globalement bâclée), le sens de la formule (j'ai beaucoup aimé l'idée selon laquelle les écrivains ressembleraient physiquement à leur prose et quelques remarques sur l'écriture et sur le deuil) et un style relativement enlevé même s'il est parfois répétitif.
   
   Malgré de multiples rebondissements (disparition d'Alice, réglée au quart du bouquin, éloignement et infidélité de Judith, mystère sur l'identité de l'amant (en réalité un secret de polichinelle pour un lecteur attentif), séparations et retrouvailles multiples, tentative de suicide, tentative de meurtre, mort d'un des personnages et j'en passe), l'histoire est banale mais elle n'est finalement pas le noeud de ce roman: c'est un roman sur un écrivain sur le retour, qui s'interroge sur sa capacité créatrice, fortement malmenée par la vie et sur ses relations avec les femmes de sa vie. C'est pas mal, mais franchement pas bouleversant, au point qu'en bonne rabat-joie, j'ai un peu de mal à comprendre l'engouement que cet auteur suscite.
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critique par Fashion Victim




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On vieillit …
Note :

   Dévoré en une nuit. Et pourtant pas vraiment convaincu. C’est Djian, dans toute sa splendeur, reconnaissable entre mille. Un Djian qui a vieilli – comme nous d’ailleurs – et dont les préoccupations ou habitudes de vie de ses héros subissent des changements. Il y est question de Viagra, l’écrivain est fatigué, …
   «A soixante ans, je ne voulais plus entendre parler de certaines choses. J’aspirais à la paix. Je voulais lire des livres, écouter de la musique, me promener dans la montagne ou sur la plage de bon matin. M’occuper d’enfants, bien qu’ils fussent la chair de ma chair ainsi que Judith n’hésitait pas à me le rappeler, ne m’intéressait pratiquement plus du tout. Je m’étais occupé d’Alice et de sa sœur en leur temps et il me semblait avoir épuisé toute la gamme des expériences possibles et susceptibles d’exciter le jeune vieillard que j’étais devenu aujourd’hui – mon temps était précieux, même si je n’écrivais pratiquement plus rien.»
   
   Philippe Djian, lui, continue à écrire. Et donc cet «Impardonnables». Notre écrivain, le héros d’ «impardonnables», arrive au soir de sa vie et commence à accuser le coup. Il faut dire qu’il n’a pas été ménagé au cours de sa vie. Il a vu brûler sous ses yeux sa femme et une de ses filles. Celle qu’il lui reste a assisté aussi au spectacle, en reste perturbée, et voilà-t-y pas que là, lorsque le roman commence, alors qu’elle est devenue actrice reconnue –euh, c’est un roman, reprécisons le – elle disparait sans plus laisser de traces. Et donc laisse un mari désemparé et deux petites filles dont il faut s’occuper et on aura lu plus haut l’avis de l’écrivain sur la question. Mais les choses vont continuer à se compliquer, notre ami se laissant un peu aller et perdant peu à peu le contact d’avec sa nouvelle femme qui restait pourtant son seul soutien … Très djianesque.
   
   Il va se passer beaucoup de choses. Beaucoup de choses désenchantées surtout. Des choses pardonnables, des impardonnables … La musique de Djian est là. Le souffle peut-être pas. Mais à soixante ans, que notre ami écrivain perde du souffle, c’est dans la logique des choses, foi de coureur à pied!
    ↓

critique par Tistou




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Le roman du désenchantement
Note :

   Chez Djian, je ne sais pas pourquoi ce sont toujours des personnages un peu désenchantés, un peu cabossés mais néanmoins sympathiques. Toujours aux prises avec leurs amours, leur vie sexuelle et sentimentale, une certaine forme de solitude dont ils souffrent mais qui ne leur déplait pas, des relations parfois abruptes mais en même temps pleines de tendresse.
   
   Ce roman ne faillit pas à sa réputation. Le héros du jour est contrarié par le fait que sa fille Alice n’est pas à la descente du vol lorsqu’il vient la récupérer. En même temps il n’est guère étonné. Seul Roger son mari est là avec leurs deux filles jumelles de 8 ans. Car Alice, actrice de son état, a une fois de plus fugué. Ceci dit, cette fois ci c’est un peu plus inquiétant car cela dure. Le héros, qui n’a guère envie de s’occuper de ses petites filles, même s’ils les adore, mais qui a plutôt le désir de couler enfin des jours tranquilles tout en écrivant, embauche sa voisine et ancienne amie d’enfance, et de surcroit détective privé de son état, pour faire des recherches et tenter de remettre la main sur sa fille.
   
   eParallèlement, il se pose beaucoup de questions sur sa femme, agent immobilier, qu’il a d’ailleurs connue alors qu’il cherchait une demeure après la mort tragique de sa première femme et de leur autre fille brulée dans un accident de voiture, et qu’il soupçonne de le tromper. Sa voisine refusant de la pister, il met sur l’affaire le fils de cette dernière Jérémie qui vient de sortir de prison…
   
   Mais tout cela n’est-il pas en fait le prétexte pour nous faire le portrait de lui-même écrivain désenchanté, doutant de lui-même et de ses proches?...
   
   Un agréable moment. Cela se lit bien, sans prise de tête même si ce n’est pas un chef d’œuvre. J’y ai retrouvé, la patte de Djian et l’ai lu après en avoir raté l’adaptation ciné!

critique par Éléonore W.




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