Lecture / Ecriture
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Le petit héros de Fedor Michaïlovich Dostoievski

Fedor Michaïlovich Dostoievski
  Un cœur faible
  Monsieur Prokhartchine
  Crime et Châtiment
  Le joueur
  Les nuits blanches
  Le petit héros
  Le rêve d'un homme ridicule
  Le Double
  L'idiot
  Les Pauvres Gens
  Le sous-sol ou Les Carnets du sous-sol
  Souvenirs de la maison des morts
  Le Moujik Mareï - Le Garçon à la menotte
  Le Crocodile

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski (Фёдор Михайлович Достоевский) est un écrivain russe, né à Moscou en 1821 et mort à Saint-Pétersbourg en 1881.


Ils ont écrit sur lui:

Joseph Frank
George Steiner

Le petit héros - Fedor Michaïlovich Dostoievski

D’une émotivité exacerbé
Note :

   Un jeune garçon, presque un adolescent, passe le mois de juillet à la campagne chez des parents éloignés. Ses hôtes mènent grand train, recevant dans leur propriété des environs de Moscou une société aussi brillante que variée, superficielle aussi, que l’enfant n’a pas encore pris l’habitude de fréquenter. Et pour le jeune héros de Dostoïevski, ces quelques semaines estivales au milieu de tous ces inconnus se muent en une véritable éducation sentimentale: découverte des premiers émois amoureux, mais aussi de l’hypocrisie, du poids des apparences, de la bêtise et l’absurde cruauté des hommes…
   
   Tout, dans ce bref récit, est exacerbé: émotions, sensations. A tel point que l’intensité à laquelle Dostoïevski atteint dans l’expression des sentiments en vient presque à occulter le déroulement du récit. A tel point aussi qu’il est bien difficile de faire abstraction des circonstances dans lesquelles "Le petit héros" a vu le jour, et que nous dévoile la quatrième de couverture: au printemps 1849, alors que l’auteur emprisonné pour complot politique, attend le procès dont nous savons aujourd’hui qu’il se clôtura par sa condamnation à mort (qui fut ensuite commuée en une peine de déportation). Dostoïevski ne pouvait sans doute pas repousser davantage les murs de sa cellule, et l’angoisse de ces jours d’attente, qu’avec ce bref récit imprégné de toutes les senteurs d’un été baigné de soleil et de toutes les émotions inédites et incontrôlables de la fin de l’enfance, récit tendre à sa façon et pourtant tracé d’une plume trempée dans le vitriol le plus pur. C’est incontestablement émouvant, quoique pour d’obscures raisons qui ne tiennent pas toutes aux qualités du texte…
   
   Extrait:
   "On le disait un homme intelligent. C’est ainsi que, dans certains cercles, on appelle une race particulière de l’humanité, engraissée sur le compte d’autrui, qui ne fait absolument rien, qui ne veut absolument rien faire et qui, suite à sa paresse éternelle, à force de ne rien faire, a un morceau de gras à la place du cœur. Ces gens vous racontent qu’ils n’ont rien à faire suite à je ne sais quelles circonstances hostiles et embrouillées, qui "épuisent leur génie" et que c’est pour cela qu’ils "font peine à voir". C’est une phrase, agréable et pompeuse, qu’ils se répètent, c’est leur mot d’ordre*, leur mot de passe et leur slogan, une phrase que ces bedaines gavées répandent partout à chaque instant, et qui, depuis longtemps, commence à vous lasser, comme une tartufferie patente ou une platitude." (pp. 24-25)
   
   * En Français dans le texte.

critique par Fée Carabine




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