Lecture / Ecriture
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Meurtres en bleu marine de C. J. Box

C. J. Box
  Winterkill
  Meurtres en bleu marine
  Ciels de foudre
  Détonations rapprochées
  Zone de tir libre
  Below Zero - L'Empreinte des Morts
  Au bout de la route, l'enfer
  Le convoyeur du IIIe Reich
  Vent froid

Charles James Box est un écrivain américain de romans policiers, vivant dans le Wyoming et né en 1967.

Meurtres en bleu marine - C. J. Box

De facture classique mais efficace!
Note :

   Un frère et sa sœur, partis à la pêche, assistent à une scène qu'ils n'auraient jamais dû voir: trois hommes en abattent froidement un quatrième. Pris de panique quand ils s'aperçoivent que les assassins ont vu qu'ils ont été témoins de ce meurtre, ils s'enfuient et trouvent refuge dans le ranch d'un homme, miné par la faillite de son activité. Pendant ce temps, leur mère, folle d'inquiétude lorsqu'elle s'aperçoit que ses enfants ne rentrent pas, appelle le shérif. Des avis de recherche sont placardés sur tous les murs de ce village de l'Idaho et il confie l'enquête à des hommes qu'il pense de confiance.
   
   On rentre de plain pied, dès les premières pages, dans ce polar haletant où d'anciens flics à la retraite tentent de régler leurs comptes en toute impunité et sans aucun scrupule, prêts à se débarrasser des témoins gênants, fussent ils des enfants. Ajoutez à cela un banquier non exempt de tout soupçon, une préposée aux postes à la recherche de l'âme sœur et plutôt du style à s'occuper de ce qui ne la regarde pas, une mère célibataire collectionnant les aventures, jusqu'à ces deux gamins qui fuient hors d'haleine, conscients qu'ils viennent d'assister à une scène qui risque de leur coûter la vie. Les personnages ne manquent pas dans ce polar rythmé, où bons et méchants se côtoient pour notre plus grand plaisir.
   
   C'est efficace et la description des paysages ajoute encore au charme de ce roman policier très captivant. On imagine d'ailleurs sans mal l'adaptation cinématographique qui pourrait être faite de ce polar réussi et qui fait passer un très bon moment. Même s'il est de facture assez classique, il n'en reste pas moins qu'on tourne les pages, captivé par un récit qui fonctionne à merveille.
   
   
   PS: Ce roman n'appartient pas à la série "Joe Pickett"
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critique par Clochette




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La simplification par le flingue
Note :

   De C. J Box, j’avais bien aimé "Détonations rapprochées", qui racontait la première enquête de Joe Pickett, un héros récurrent, sympathique garde-chasse dans le Wyoming. Mais "Meurtres en bleu marine" ne fait pas partie de la série.
   
   Ce thriller se déroule dans le Nord de l’Idaho, région qui attire, semble-t-il, irrésistiblement les policiers de Los Angeles qui viennent s’y installer pour vivre paisiblement une retraite bien méritée. Oui, mais, parmi eux, tous ne sont pas là pour couler des jours paisibles! Le titre "Meurtres en bleu marine" (référence à la couleur de l’uniforme) est là pour en témoigner. C’est ce que va découvrir Annie Taylor (12 ans) quand, en colère contre sa mère Monica qui a encore fait venir un de ses  amants chez elle, elle amène son petit frère William à la pêche. Au bord de la rivière, les deux enfants assistent au meurtre d’un homme abattu à coups de pistolet et sont repérés par les meurtriers. Une chasse à l'enfant commence et nous réserve de nombreux moments de suspense. Pour leur venir en aide, Jess Rawlins, un rancher qui a tout raté dans sa vie, Jim Hearne, un banquier qui a bien des choses à se reprocher, et Villatoro, un latino, policier à la retraite, intègre, qui  n’arrive pas à décrocher, forment un trio dévoué.
   
   Sauf à quelques moments où je me suis sentie peu concernée, le livre se lit avec plaisir. L’histoire n’est pas sans rappeler "La nuit du chasseur", toutes proportions gardées avec l’immense chef d'œuvre de Laughton: une mère coupable, la poursuite d’enfants innocents mais matures, l’adulte salvateur qui les prend sous sa protection. Mais, si le roman ne se situe pas au même niveau que le film, il est bien écrit et C.J Box a une maîtrise incontestable dans l’art du suspense.
   
   Ce qui m’a choquée, cependant, dans ce livre, c’est la justification de l’auto-défense, le recours normalisé à la violence, aux armes à feu. Quoi de plus naturel, en effet, que de tuer soi-même les meurtriers! Le poor lonesome cow boy, Jess Rawlins, au demeurant très sympathique, a une armoire pleine d’armes à feu et n’hésite pas à s’en servir. Le seul pacifiste, Villatoro, se sent honteux et lâche de ne pas s’être battu. Heureusement, il va pouvoir se “rattraper” selon le mot de Rawlins en prenant une arme pour abattre les bandits. Que cela soit pour la bonne cause ne me dérange pas moins! On pense à Michael Moore et son "Bowling for Columbine".
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critique par Claudialucia




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Bleu marine, comme l’uniforme de la police
Note :

   Je sais maintenant à quel auteur me fait penser C.J. Box! C’était moins flagrant avec "Winterkill", le premier que j’aie lu. C’est marquant ici, avec "Meurtres en bleu marine". J’ai irrésistiblement pensé à Patricia McDonald, avec cette capacité à monter le niveau d’angoisse avec un sentiment d’irréversibilité jusqu’à du peu soutenable, puis de laisser l’action dégonfler progressivement l’angoisse jusqu’à résolution de l’énigme. Un peu comme un qui monterait une grosse quantité d’eau en altitude, avec tous les efforts et la difficulté que cela sous-entend et qui la laisserait alors s’écouler du haut, lentement, par simple effet de la gravitation.
   
   Personnellement je prends pas mal de plaisir à la lecture de tels ouvrages même si je conçois que ça puisse paraître vain à d’autres. Quand c’est bien fait...
   
   Annie Taylor, douze ans, et son petit frère vivent avec leur mère, Monica, dans une petite ville, un "trou", de l’Idaho. Monica, un peu paumée, cherche l’âme sœur et c’est ainsi que les deux enfants croisent au lever le matin, dans leur maison, un homme ramené par leur mère la veille au soir, un homme qui n’aurait pas dû se trouver là. L’homme de trop pour les enfants qui, en plein désarroi et en colère, décident de sortir un peu du chemin tracé :
   
   "Si Annie Taylor, douze ans, n'avait pas emmené son petit frère William à la pêche ce vendredi après-midi d'un mois d'avril humide du nord de l'Idaho, elle n'aurait jamais assisté à l'exécution, ni croisé le regard des assassins. Mais elle était en colère contre sa mère.
   Avant d'être témoins du meurtre, les deux enfants, vêtus de grands sacs-poubelle qui devaient les garder au sec, s'étaient frayé un chemin entre les saules encore chargés de pluie qui longeaient Sand Creek. À la suite d'une averse matinale, l'eau s'était accumulée au creux des feuilles d'aulnes et les toiles d'araignée perlées de gouttelettes ployaient entre les branches. Lorsque le soleil avait disparu derrière les gros nuages noirs qui encombraient le ciel, le jour s'était soudain obscurci, effaçant le contour net des ombres et plongeant la forêt dans une pénombre désolante. Noire et spongieuse sous les arbres, la terre était glissante le long du sentier. Les semelles des chaussures des enfants faisaient des bruits de succion tandis qu'ils remontaient péniblement les berges de la rivière.
   Après avoir quitté leur maison située à l'extérieur de la ville, Annie et William avaient été pris en stop par Fiona, la préposée au courrier. Elle les avait déposés quelques kilomètres plus loin et ils avaient marché deux bonnes heures, cherchant en vain un endroit où la rivière serait plus calme."
   

   Et voilà que dans leur incartade les deux enfants assistent à une exécution et sont repérés par les tueurs. S’ensuit une chasse à l’enfant, aux enfants qui ne savent plus à qui se fier et qui vont tomber sur Jess Rawlings, un propriétaire de ranch qui n’a pas encore abdiqué les valeurs fondamentales au profit... du profit justement!
   
   Le roman sera donc ce cache-cache entre les assassins à leur recherche et les enfants accompagnés de Jess Rawlings.
   
   C.J. Box s’y entend en matière de nature américaine, celle de l’Idaho ici, de valeurs fondamentales de l’Ouest. Il sait aussi présenter les méfaits de la civilisation américaine comme elle va, plaçant profits et superficialité au-dessus des relations humaines.
   
   Mixez tout ceci, confiez le à un C.J. Box qui écrit honorablement et vous avez un thriller qui vous tient jusqu’au bout en haleine.

critique par Tistou




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