Lecture / Ecriture
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Les fantômes d'Ombria de Patricia McKillip

Patricia McKillip
  Les fantômes d'Ombria

Les fantômes d'Ombria - Patricia McKillip

Pas besoin de 600 pages
Note :

   Le prince d'Ombria se meurt, son fils Kyel n'est qu'un enfant et son cousin, Duncan Greve un bâtard qui préfère courir les rues de la cité et peindre que de subir le mépris de la cour. La voie est libre pour la Perle Noire, étrange vieille femme desséchée présente à la cour de mémoire de courtisan. Elle s'empare de la régence et laisse libre court à sa cruauté et à sa soif de pouvoir. Mais au-dessous des rues d'Ombria s'étend la cité enfouie, l'Ombria des temps anciens, peuplée de spectres et de la sorcière Faey et de sa poupée de cire, Mag.
   
   Une bonne surprise que ce court roman de fantasy: bien loin de la saga fleuve à laquelle les amateurs du genre sont habitués, Patricia McKillip offre un univers fouillé mais centré autour de quelques personnages seulement et d'une cité brossée dans tous ses mystères. L'ambiance qu'elle installe en quelques pages, faite d'ombres, de secrets, de passages et de pièces oubliées instille tout doucement son charme. Un brin vénéneux le charme, à l'image de la cité d'Ombria d'ailleurs, personnage à part entière du récit avec ses bâtiments qui s'enfoncent dans le sol, la cité fantôme sous la cité de lumière, les portes vers d'autres mondes.
   
   Jouant sur le présent et le passé qui se mêlent de manière parfois inextricable, l'auteur maintient un sentiment d'attente et de secret qui contribue grandement à la bonne tenue du roman. Sans faire preuve d'une originalité débordante, Patricia McKillip utilise à bon escient et avec talent les thèmes du renouvellement, de la mémoire, de l'importance et de la signification des contes. J'ai aimé cette idée que les hommes transforment en contes et en comptines leur histoire, et que le souvenir de ce qui a été se transmet ainsi de génération en génération. Rien de neuf, bien évidemment, mais la manière de le dire dans "Les fantômes d'Ombria" est poétique et intelligente.
   
   On en ressort avec l'impression d'avoir passé un moment entre rêve et réalité, de s'être perdu un temps dans les ombres. Heureux de retrouver la lumière, mais enchanté du voyage!

critique par Chiffonnette




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