Lecture / Ecriture
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Neverwhere de Neil Gaiman

Neil Gaiman
  Anansi Boys
  American Gods
  Neverwhere
  Ados: L'étrange vie de Nobody Owens
  Dès 11 ans: Coraline
  Des choses fragiles
  Dès 11 ans: Odd et les Géants de Glace
  Ados: Entremonde
  Ados: Stardust
  L'Océan au bout du chemin
  Dès 10 ans: La Belle et le fuseau

Neil Gaiman est un auteur britannique de romans et de scénarios, vivant aux États-Unis. Il est né en 1960.

Neverwhere - Neil Gaiman

Tout un monde en dessous
Note :

   Dommage que je ne connaisse pas Londres. Les noms des stations de métros ne sonnent pas à mon oreille comme des formules familières, évoquant l’atmosphère d’un quartier. J’ai ainsi perdu une partie du charme de ce "Neverwhere", de Neil Gaiman, qui déploie une belle imagination pour décrire un Londres inversé, dans lequel les noms des quartiers et des stations ne sont pas des métaphores usées mais recouvrent des réalités bien dangereuses… Le métro comporte des rames fantômes où trône un Duc affaibli par l’âge et cachant une vaste bibliothèque de bricoles trouvées dans les wagons; il y a des stations murées pour l’humanité ordinaire, comme celle du «British Museum»; on y croise plein de gens étranges comme une fille capable en se concentrant d’ouvrir n’importe quelle porte ou n’importe quel mur de brique, une guerrière apparemment invincible et toujours séduisante, un marchand d’oiseaux vivant sur les toits qui m’a fait penser au Papageno de la flûte enchantée, des rats particulièrement sentimentaux, ou encore un ange qui a connu l’Atlantide.
   
    Nous pénétrons dans ce monde parallèle en suivant le parfait benêt, nommé Richard Mayhew, qui mène au début du livre ce qui lui semblera plus tard une vie idyllique: emploi de bureau peinard qui lui laisse le temps de collectionner des trolls en plastique, fiancée parfaite quoique pour le moins autoritaire… Parce que la jeune Porte surgit d’un mur, ensanglantée, et qu’elle a besoin d’un sauveur, le voilà entraîné de force dans le monde d’En Bas… J’avoue que je n’ai pas été très emballée par ce héros simplet assez amusant, mais dont la métamorphose au fil du livre ne m’a pas convaincue.
   
   Ce n’était cependant pas pour lui que j’ouvrais le roman, mais pour le marquis de Carabas, dont Fashion m’avait promis la rencontre. Sur ce plan-là, je fus conquise. Personnage assez mystérieux qui s’est choisi ce nom d’arriviste et le costume qui va avec, notre marquis est un personnage cynique, très prévoyant et idéalement courageux. On ne sait jamais exactement ce qu’il doit au père de Porte, mais il montre une grande constance à servir sa cause, jusqu’au sacrifice… Il est le protagoniste des scènes les plus fortes du roman, et celui qui comprend avant les autres le fin mot de la machination tramée contre Porte…
   
   Ses seuls rivaux à mes yeux sont les bourreaux, Mrs Croup et Vandemar, à la fois monstrueusement cruels et répugnants et vraiment drôles, dans un duo pince-sans-rire très réussi. Et pensez donc, ils auraient participé aux bains de sang de la guerre de Troie!
   
   L’intérêt du roman tient donc à ses personnages et à son univers, plus qu’à son intrigue. D’une péripétie à l’autre, on oublie un peu ce que cherchent les héros et les épreuves ne sont pas toujours très convaincantes. Quant à la leçon du livre (mieux vaut une vie palpitante de guerrier qu’une monotone vie de bureau), on ne peut pas dire qu’elle soit révolutionnaire.
   
   Mais Neil Gaiman parvient à créer un univers régulièrement surprenant et à revivifier quelques grandes figures mythologiques ou littéraires, et le revirement final de Richard permet à notre cher marquis de faire une dernière apparition agacée, avant qu’il ne s’enfonce dans les ténèbres…
    ↓

critique par Rose




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Le monde parallèle de Gaiman
Note :

   Résumé
   "Richard Mayhem est un homme ordinaire qui a bon coeur - et une vie ordinaire qui est changée à jamais le jour où il s'arrête pour aider une fille qu'il trouve blessée sur un trottoir de Londres. À partir de ce moment, il est propulsé dans un monde auquel il n'avait jamais osé rêver - une sous-culture sombre à travers les stations de métro abandonnées et les égouts sous la ville - un monde beaucoup plus étrange et dangereux que tout ce qu'il a connu jusqu'ici."

   
   Commentaire
   Je crois que je suis dans une période où tout ce que je lis me plaît!! J'ai en effet passé un très bon moment dans les couloirs et les corridors de London Below avec les personnages de ce roman. Mais bon, j'adore Gaiman (bizarrement, moi qui ne lis jamais de nouvelles, j'ai lu énormément de ses nouvelles sans avoir lu ses romans... il y a des choses, comme ça, qui me surprennent, moi-même!!) et sa façon de nous transporter ailleurs alors c'était pratiquement gagné d'avance!! J'admets aussi que le fait que j'ai passé les 3 dernières semaines à apprendre par coeur un guide touristique de Londres afin de "vendre" une certaine idée a probablement aidé!
   
   Le monde parallèle que Gaiman nous propose semble en effet un reflet de Londres où l'auteur utilise le nom des lieux, en les déformant un peu, pour créer tout un univers sombre, dangereux et exaltant (Knightsbridge devient "Night Bridge", "Earl's Court" est la véritable cour d'un duc, dans un wagon de métro). Ce monde est celui des laissés pour compte, de ceux qui ont glissé entre les mailles du filet... Richard, très "normal" dans son mode de vie, n'est absolument pas préparé à tout ça et lorsque, pour retrouver sa vie, il part à la recherche de Door, la jeune fille qu'il a aidée alors qu'elle était blessée, il est propulsé dans l'inconnu, où on ne peut faire confiance à personne et où rodent de dangereux tueurs particulièrement sanguinaires, Mr. Croup et Vandemar (ils sont horribles mais tellement pittoresque que c'en est drôle!) ainsi que leur mystérieux employeur. Door peut ouvrir des portes... et pas que des portes. Richard la retrouve en compagnie de mon personnage préféré, le Marquis de Carabas, complètement marginal, complètement opportuniste et "tricky" mais qui peut aussi être très loyal. Je l'ai carrément adoré, celui-là, avec sa logique bien à lui. Chacun a une quête différente, qu'il nous est parfois difficile de comprendre en utilisant notre propre logique...
   
   Comme il arrive souvent dans ce genre de roman, je me suis laissée envoûter par ce monde, par cette atmosphère sombre et marginale. J'ai littéralement adoré la fin du roman, même s'il n'y a rien de révolutionnaire. Les aventures se succèdent rapidement, Gaiman ne s'éternise pas et nous emmène joyeusement on ne sait trop où jusqu'au milieu du livre, environ. Comme Richard, j'ai eu besoin d'un moment d'adaptation pour bien comprendre toutes ces nouvelles règles, toute cette nouvelle vie. Et comme je suis vendue au style d'écriture de Gaiman, que je trouve imagé et vivant, ça m'a nécessairement plu! C'est parfois un peu simple (ça pourra entre autres plaire à un public ado, je crois) mais personnellement, je m'en fiche! Un excellent moment de lecture!

critique par Karine




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