Lecture / Ecriture
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La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt

Frédérique Deghelt
  La grand-mère de Jade
  La vie d'une autre
  La nonne et le brigand
  Libertango

La grand-mère de Jade - Frédérique Deghelt

Un endroit où aller
Note :

   Une très belle histoire de complicité, sur la relation grand mère/ petite fille. Malgré une fin qui m'a beaucoup déçue, ce fut un bon compagnon pour passer mon week end de Pâques. L'histoire est plus ou moins classique: Jeanne dite Mamoune, quatre vingts ans fait un malaise dans sa maison où elle vit seule depuis la mort de son mari, il y a trois ans. Classique aussi sont les réactions de sa famille: ses filles bien aimées qu'elle a élevées et épaulées pendant de longues années veulent la placer dans une "maison de repos", afin de ne pas avoir à s'en occuper. Seulement, dès que Jade, sa petite fille de trente ans apprend cela, elle vient courageusement la chercher et l'emmène vivre avec elle dans son joli appartement de Paris. Jade découvre alors que sa grand mère s'est cachée pendant toutes ces années: " J’ai beaucoup lu, depuis très longtemps. Je suis une lectrice assidue, une amoureuse des livres. On pourrait le dire ainsi. Les livres furent mes amants et avec eux j’ai trompé ton grand-père qui n’en n’a jamais rien su pendant toute notre vie commune. " avoue-elle un soir.
   
   S'en suit une jolie narration qui nous fait voyager entre le temps de Mamoune où il était très mal vu de lire, quand on était une fille du village et l'époque actuelle où l'on suit avec avidité les aventures de Jade. Frédérique Deghelt nous fait ici beaucoup voyager, malgré quelques anecdotes un peu "radoteuses" et certains paragraphes totalement inutiles (si bien qu'on a parfois envie de sauter une page ou deux).
   
   Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal à m'accrocher au début, le milieu m'a tellement séduite que je l'ai lu en une seule fois et la fin m'a vraiment laissée perplexe. Un roman est en général, une fiction pure, mais on ne s'en rend pas forcément compte. Ici, on apprend finalement que le roman est une "double fiction". Ce que l’ on découvre dans l'épilogue et que je ne veux pas dévoiler, a été pour moi une totale déception: j'en veux un peu à Madame Deghelt de nous faire rêver, voyager, de nous faire accrocher à ce roman, puis de nous faire complètement sortir de cet univers coloré, épicé et en plein coeur de Paris. C'est un peu comme le conte de fées qui finit mal, en bref. Malgré cela, j'ai été totalement absorbée par l'histoire et la complicité des deux personnages principaux, c'est la raison de ce 2,5/5.
   
   Bonne lecture,
    ↓

critique par Marouflette




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Doudou littéraire
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   « Quand Jade, une jeune femme moderne, "enlève" sa grand-mère pour lui éviter la maison de retraite et fait habiter Paris à celle qui n'a jamais quitté la campagne, beaucoup de choses en sont bouleversées. À commencer par l'image que Jade avait de sa Mamoune, si bonne, si discrète... »
   

     
   Commentaire :
   
   Je sens que je vais avoir un peu de mal à expliquer mon ressenti à propos ce roman parce que si j'ai aimé ma lecture, je lui reproche quand même certaines choses, qui m’ont parfois gênée sans pour autant gâcher ma lecture. Ça vous arrive, vous, des fois, de décider consciemment de ne pas vous laisser déranger par certaines choses pour apprécier quand même un roman? Ben c’est ce que j’ai choisi de faire avec "La grand-mère de Jade". Apprécier le côté doudou, l’amour de la lecture, certaines phrases piochées au hasard qui m’ont vraiment rejointe, apprécier de voir ressurgir ma grand-mère et mes grands-tantes, tout en ignorant la facilité, la guimauve, les invraisemblances et les répétitions. Oui, oui, ça m’arrive de pouvoir faire tout ça!
   
   Nous avons donc Jade, début trentaine, qui vient de rompre avec son chum des 5 dernières années pour cause d’ennui et qui a écrit un premier roman, non publié. Quand elle apprend que l’on s’apprête à mettre sa grand-mère en maison de retraite, elle décide, sur un coup de tête, de la kidnapper et de l’amener avec elle à Paris. Et là, si elle connaissait sa Mamoune, bonne et douce mamie de la campagne, elle découvre Jeanne, la femme, celle qui a toujours lu en secret et qui l’a toujours caché parce que dans son monde, c’était du temps perdu. C’est donc en passant par les livres et la lecture que Jade et sa grand-mère se découvrent.
   
   J’ai apprécié le réel amour de la lecture que l’on ressent dans ce roman. Plusieurs phrases à ce sujet ont attiré mon attention, m’ont fait sourire, m’ont émue. J’ai aussi beaucoup aimé ce portrait de femme qu’est celui de Jeanne à la fois amoureuse de la nature et des livres, ayant gardé son secret depuis toujours. On s’attache à elle et cette histoire rappelle que chacun a déjà été jeune, qu’il a vécu, a été passionné, a eu des grands rêves. Ce temps qui passe, ces différentes époques qui habitent chacun de nous dès que l’on commence à se sentir un peu vieux, ça me touche toujours beaucoup. Ce genre d’histoire vient me chercher à chaque fois. J’ai aussi aimé l’évolution de la relation entre les deux femmes qui se respectent comme telles. J’ai aimé voir l’équilibre se faire tout doucement.
   
   J’ai toutefois été moins touchée par Jade, qui m’est apparue un peu transparente dans l’histoire. Il y a un côté idyllique à la relation, à la vision de la vieillesse ainsi qu’une facilité d’adaptation qui rend perplexe. Je n’ai pas bien ressenti ici un quelconque choc des générations, même si j’ai repéré les tentatives en ce sens. Peut-être qu’il n’avait pas lieu d’être non plus, je ne sais pas. Mais il y a quand même des répétitions et un côté assez lisse à cette histoire. Bon, ok, finalement, pas tant que ça. Mais je pense que j’aurais davantage apprécié un certain retournement de situation si je n’avais pas lu il y a peu un autre roman. Certains comprendront…
   
   Bizarrement, le personnage avec qui j’ai eu le plus de mal a été le père de Jade, que j’avais le goût de secouer, même s’il est dépeint très favorablement par l’auteure. Non mais il est à l’autre bout de la planète… il peut bien parler, lui!
   
   Pour terminer sur mes petites lubies personnelles, je dirai que si je lis encore une fois le mot "Mamoune", je fais un drame. Bon, c’est super perso, mais je n’aime pas les mots qui se terminent en "oune" (je sais, c’est d’une importance capitale, cette information… mais je dis ce que je veux hein, je suis chez moi!). Et entendons-nous, il est dit très, très souvent. Assez pour que j’aie vraiment du mal au début, jusqu’à ce que je fasse un effort pour cesser de me hérisser à chaque fois. Et ça a fonctionné, pour une fois.
   
   Je me relis et je semble bien négative, même si j’ai aimé ce roman, que j’ai lu en une soirée, sans m’arrêter. Sans doute parce que le thème me rejoint, parce qu’on a tous besoin d’une lecture doudou de temps en temps.
   
   "J’ai tout vécu, j’ai mille ans et je le dois aux livres."
   
   "Tu as de la chance ne pas les avoir encore lus, m'a lancé Jade avec cette envie impossible qu'a toute lectrice de redécouvrir pour la première fois ce qu'elle a aimé."

    ↓

critique par Karine




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Un roman qui peut plaire à des ados
Note :

   A plus de 80 ans et après un malaise qui l’a laissée inerte sur le sol de sa cuisine, Jeanne n’est plus capable de vivre seule dans sa grande maison. C’est en tout cas ce que pensent ses filles qui lui ont trouvé une couchette toute chaude dans une maison de retraite. Heureusement, sa petite-fille Jade vient à la rescousse et dans un grand élan de tendresse, "kidnappe" cette grand-mère qu’elle adore. Elle lui fait une place dans son quotidien parisien où la vie est si différente de ce que Jeanne a connu dans ses montagnes de Haute Savoie. Elles apprennent à vivre ensemble et se dévoilent au fil des pages. Jade découvre ainsi la double vie de sa grand-mère qui a "trompé" son grand-père avec les livres auxquels elle porte un amour démesuré ; mais il est difficile de "perdre" son temps dans les romans quand on est une femme de la montagne… alors, cette passion qu’elle a dissimulé toute sa vie reprend la première place dans sa vie au contact de Jade qui tente de pondre son premier roman. Et Jeanne va devenir sa première lectrice…
   
   Un livre tendre qui gagne en intensité au fil des pages après un démarrage un peu lent. Le témoignage pudique d’une jolie relation entre deux femmes séparées par une double génération qui apprennent à se connaître et à se comprendre. Quelques passages un peu clichés comme la relation avec le bel indien mystérieux mais l’ensemble est plutôt agréable à lire et touchant.

critique par La Dame




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