Lecture / Ecriture
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Gloire, honneur et mauvais temps de Jincy Willet

Jincy Willet
  Gloire, honneur et mauvais temps

Gloire, honneur et mauvais temps - Jincy Willet

"Le mot est venu à mon secours, comme l'ont toujours fait les mots."
Note :

   Abigail et Dorcas sont jumelles mais ne se ressemblent en rien, tant au physique qu'au moral. Dorcas, la plus intello des deux, affirme qu'elles se sont partagé le monde: "Sacré et profane. Spirituel et physique. Esprit et corps." Abigail, la plus charnelle des deux, est accusée d'avoir assassiné son second mari et, tout en se préparant à affronter le cyclone Pandora (!), Dorcas commence la lecture du livre consacré à sa soeur, se chargeant de rectifier au passage ,de manière sarcastique mais lucide, les erreurs qu'il contient...
   
   Dorcas, bibliothécaire de son état, fustige au passage les pratiques du tout petit cercle littéraire dans lequel elle a été amenée à évoluer malgré elle.
   
   Malgré sa raideur apparente, Dorcas, par son humour inflexible, nous devient vite sympathique et le personnage d'Abigail se révèle à l'usage beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Elle n'est en aucun cas la Belle Idiote que l'on pourrait croire: "Ma soeur n'est qu'une je -m'en-foutiste paresseuse, mais one la lui fait pas." Même si au début du texte Dorcas affirme "J'ai une meilleure compréhension des chats, des moteurs à explosion et des Iraniens que d'Abigail, ma soeur jumelle.", remonter le temps, revenir aux origines du drame, va lui permettre de se rendre compte qu'elle est beaucoup plus proche de sa jumelle qu'elle ne le croyait.
   
   Dominé par la figure du cercle, truffé de références mythologiques, "Gloire, honneur et mauvais temps", de Jincy Willett est un petit chef d'oeuvre d'humour souvent noir (le récit en deux phrases de l'assassinat du mari m'a fait hurler de rire!), même si le comportement autodestructeur d’Abigail (heureusement passager!) est assez pénible à supporter, non pas qu'il soit décrit de manière complaisante mais voir une femme s'abaisser ainsi est assez perturbant. Tissant des liens entre fiction et "réalité", Dorcas qui entretient avec les mots, sous toutes leurs formes, y compris les graffitis, des relations étroites ne peut que plaire à toutes les lectrices compulsives!
   
   Quelques longueurs, contrebalancées par l'humour constant.

critique par Cathulu




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