Lecture / Ecriture
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L'économie expliquée à ma fille de André Fourçans

André Fourçans
  L'économie expliquée à ma fille

L'économie expliquée à ma fille - André Fourçans

Même si je suis un garçon, je ne voudrais pas être sa fille!
Note :

    Devant ce genre de livre on se trouve toujours face à un dilemme : on cherche une explication claire et précise de la matière dans laquelle on veut s’initier – ce que l’auteur réussit à peu près – mais on est déçu car l’ensemble reste trop en surface et la fameuse «conversation au coin du feu» n’est qu’un monologue un peu moralisateur.
   
    Quant au style… mieux vaut ne pas s’appesantir, on deviendrait méchant. Entre les parenthèses sous forme de clins d’œil aux relents de vieux clichés , de citations apprises et de ringardises dignes de ces hommes d’âge mûr qui croient détenir une certaine partie de la vérité et qui pensent qu’ils seront compris des jeunes avec un humour d’avant-guerre qu’ils supposent du deuxième degré; et les discours qui consistent à édifier en pontifiant mine de rien sur la matière, bref en ayant l’air de dire qu’heureusement que je suis là pour comprendre et faire comprendre, que toutes les théories se valent mais que moi seul ai la clé etc.
   
   C’est un peu le langage des économistes et surtout des libéraux que l’on retrouve là, avec cette constante justification «par le bon sens» ; ou si c’est plus délicat, invoquer «la complexité» qui n’est pas donnée au commun des mortels. La jeune fille à qui il s’adresse doit rougir lors de ces constantes parenthèses nunuches qui parasitent le discours explicatif qui a l’avantage de mettre les choses à plat, de parler des différentes théories économiques (Friedmann, Keynes), d’expliquer clairement le rôle de l’état (et cette deuxième édition de 2006 eût mieux fait d’attendre le début de 2009) – on y reviendrait autrement sur le rôle de l’état en faisant moins la fine bouche! – de démontrer que l’économie (hélas ! tiens, je vais faire comme lui !) se mêle d’à peu près tout y compris de sociologie et de criminologie.
   
    On y parle avec brio (avec qui ?) des taux d’intérêt (celui du lecteur baisse au cours de sa lecture, voyez comme c’est énervant!) et des échanges internationaux, de la mondialisation, comme dans un cours d’économie d’un professeur, il faut le reconnaître, très compétent et même passionné. On regrette cependant que l’auteur évite soigneusement les choses qui fâchent : quid est des rémunérations «bonus», des salaires patronaux, de l’utilité des actionnaires? Alors qu’on parle de baisse de salaires lorsqu’il s’agit de faire face à une crise.
   
    De même l’auteur fait allusion à l’environnement et aux changements d’activités constants lors de mutations technologiques, pourquoi ne pas parler dans ce cas, sans insister outre mesure, de la nouvelle industrie que peut être le recyclage des déchets, les nouvelles méthodes de chauffage etc. ? Tout cela se veut modeste sans l’être tout-à-fait et manque un peu de perspective. Bien sûr il s’agit de s’initier. Néanmoins il semble que l’auteur ait eu un fin nez en ce qui concerne son livre puisqu’il fut et continue d’être un franc succès. Avec tous ces ouvrages «pour les nuls», les livres «expliqués à ma fille, mon fils… », le néophyte est un excellent marché! Peut-être est-ce là le véritable humour de ce livre.
   Ah, oui encore un truc énervant: l’abus des points de suspension…
   J’arrête.

critique par Mouton Noir




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