Lecture / Ecriture
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La vieille anglaise et le continent de Jeanne-A. Debats

Jeanne-A. Debats
  La vieille anglaise et le continent

La vieille anglaise et le continent - Jeanne-A. Debats

Problèmes de société
Note :

   Grand prix de l'imaginaire 2009 - nouvelle francophone
   
   Présentation de l'éditeur:
   "Certaines personnes sont si profondément attachées à la Vie sous toutes se formes, tous ses aspects, qu'elles consacrent leur existence à sa préservation, quitte à sacrifier celle des autres...
   Ann Kelvin, elle, lui consacrera sa mort."

   
   Mon avis:
   En quelques pages l'auteur nous plonge dans des débats de société qui, à mon sens, ne vont aller qu'en s'accentuant dans les années à venir: - le désir de vivre éternellement (celui-là c'est l'arlésienne), - l'abus de la puissance et de l'argent, - l'utilisation personnelle des nations les plus pauvres, - la destruction de notre planète, ici les fonds marins, etc. Rien de bien novateur alors me direz-vous et autant de thèmes en si peu de pages, c'est mission impossible! Et bien pas du tout.
   
   Sans économie de mots, avec beaucoup de savoir faire nous suivons Ann Kelvin qui, à l'aube de sa mort se voit offrir une nouvelle opportunité d'agir, de mieux connaître un monde pour lequel elle "s'est dévouée" (mettant sa fortune à disposition), en servant de cobaye à une expérience qui s'avère double. Le tout lui étant présenté par un de ses anciens élève avec qui, on le devine aisément, les relations furent autres, elle finira par répondre positivement.
   Cette double expérience va entraîner nos personnages principaux bien plus loin qu'ils ne pouvaient l'imaginer.
   
   L'Homme étant de ce qu'il est, l'auteur sait nous rappeler par une pirouette finale que ceux qui possèdent la fortune et le pouvoir vont là où va leur intérêt.
   Vous êtes-vous jamais imaginé ce que pourrait être de passer quelques heures dans la peau d'un animal que vous admirez particulièrement? Si l'élément aquatique vous fascine, vous ressortirez enchanté par la plume de Jeanne-A. Debats.
   
   Une nouvelle, oui mais au contenu riche, enchanteur et réaliste bien que d'anticipation.
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critique par Delphine




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C’est de la SF!
Note :

   On avait beaucoup entendu parler de cette novella il y a quoi... 8 ans, dans mes premières années de blog. Plusieurs copines à moi, qui maintenant ne bloguent plus, pour la plupart, en avaient parlé avec beaucoup d’éloges. Pourtant, pour une raison que je ne comprends pas encore, ce n’est qu’à la vente de fermeture de Griffe d’Encre (tristesse, tristesse) que je l’ai acheté... et j’ai beaucoup aimé! Prévisible, n’est-ce pas!
   
   C’est donc une novella. Plus long qu’une nouvelle, plus court qu’un roman. 70 pages environ. Qui se dévorent. Parce que pour raconter cette histoire, tous les éléments se usionnent à la perfection pour créer un univers très particulier. La plume réussit à garder un côté poétique et fluide, même dans les passages plus techniques. Parce que oups… j’ai oublié de vous le mentionner, mais c’est de la SF!
   
   L’histoire se déroule en deux temps, qui se rattraperont peu à peu. Nous sommes dans un futur pas si proche, mais pas si loin non plus. Ann Kelvin a toujours été une activiste écologiste et une grande amoureuse de la vie sous toutes ses formes. Elle va donc consacrer sa vie – et sa mort – aux grands cétacés en voie de disparition. Elle a plus de 80 ans et est clouée à son lit, en fin de vie en raison d’un cancer quand un ancien étudiant, Marc, qui a travaillé toute sa vie comme chercheur dans la transmnèse, un procédé qui permet, pour une courte période, de transférer l’âme dans un autre corps. Il va lui faire une proposition très particulière.
   
   C’est assez incroyable les thèmes qui sont abordés dans si peu de pages. Abordés juste assez pour nous amener à réfléchir, à faire des liens. On parle d’environnement bien entendu, mais on ne nous martèle rien, on ne tombe pas dans les bons sentiments à l’extrême, loin de là. Les dangers de la science, du mécénat, la manipulation et les excès dans tous les domaines sont explorés. Les passages dans l’océan, la découverte du fameux continent (beautiful), l’évolution de la relation qui se développe petit à petit… c’est juste magnifique. Rien de moins. Un personnage qui s’éloigne de la femme en elle, mais qui ne demeure pas moins profondément…humaine. Je sais, très mauvais choix de vocabulaire… mais je n’en trouve pas d’autre!
   
   Ca se lit à la vitesse de l’éclair… et c’est bon!

critique par Karine




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