Lecture / Ecriture
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Rhésus de Héléna Marienské

Héléna Marienské
  Rhésus
  Degré suprême de la tendresse
  Les ennemis de la vie ordinaire

Rhésus - Héléna Marienské

Rhésus, reviens!
Note :

   Shocking! Non seulement les Vieux éprouvent des sentiments mais ils ont aussi une sexualité active!
   L'irruption dans une maison de retraite d'un singe Bonobo érotomane et gérontophile va rendre l'atmosphère plus qu'électrique!
   
   Héléna Marienské s'est visiblement beaucoup amusée à l'écriture de ce roman joyeusement iconoclaste où la diversité des narrateurs permet tour à tour de convoquer différentes formes d'écriture: journal intime, haïkus, poésie... sans oublier des références à Pantagruel, Ulysse, Homère (avec un Hector haut en couleurs!).
   
   La Lectrice (désolée messieurs!) est parfois prise à partie de manière vigoureuse et féroce: "Récapitulons, depuis le début, des vieux et rien que des vieux ou des vieilles, eux aussi dans l'attente. Et l'on t'infligerait maintenant, Lectrice, une description en règle de corps décharnés et concupiscents se livrant à d'inconcevables débauches? des mains tavelées, aux veines turgescentes, aux ongles incarnés, et secouées de hoquets plus ou moins parkinsoniens, vont donc , sous tes yeux horrifiés, s'agiter et précisément dans le sens du plaisir, Où va-t-on?"
   
   On croise aussi un premier ministre et un ministre de l'intérieur qui se haïssent avec ardeur, plus vrais que nature, et l'on se laisse emporter par ces flots agités, où l'on est d'ailleurs soi même souvent secoué de rire.
   
   Petit bémol, le dernier chapitre (dont je ne vous révèlerai pas la teneur) jette une éclairage un peu daté sur ce qui n'a été qu'un feu de paille médiatique et vient gâcher notre plaisir en donnant une dimension un peu trop terre à terre à cette lecture par ailleurs jubilatoire.
   
   Décapant et réjouissant!
    ↓

critique par Cathulu




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Doux Jésus
Note :

   Rhésus, un singe bonobo, est introduit dans une maison de retraite. Et rien n'est plus comme avant.
   
   Avant, c'était une maison bon chic bon genre, l'asile de Vigny réputé Manoir, avec des pensionnaires assortis. Après, ça se transforme en lupanar, en orgie et en champ de bataille, en jeu vidéo, et en téléréalité. Vite le scandale a pris de l'ampleur: les familles et la presse se déchaînent. Les forces de police sont tenues en échec. On sourit alors aux allusions impertinentes à la rivalité entre deux ministres: l'un à l'Intérieur, l'autre à Matignon.
   
   Au fil des chapitres, on voit changer la forme et le style du roman d'Héléna Marienské; il y a du journal intime; de la parodie rabelaisienne des bagarres de frère Jean des Entommeures; de l'humour macabre; du thriller… Le phrasé vulgaire de l'infirmier «C'était fête à l'hospice et spectacle gratuit pour mézigue» va de paire avec le bagout populaire d'Hector le gagnant du loto qui invite ses amis anciens résistants — ce son eux qui sortent Rhésus d'un cirque. Le beau style de l'académicien concurrence l'écriture recherchée de Céleste la romancière oubliée.
   
   Sur un vrai problème de société (l'allongement de la longévité et ses nombreuses conséquences comme l'augmentation des effectifs des maisons de retraite et de leurs pensionnaires dépendants) Héléna Marienské ne ménage pas sa verve en menant à son terme une farce tragi-comique aux innombrables péripéties, sexuelles surtout, quelquefois soulignées par le recours à l'interpellation de la «lectrice délurée» amenée à s'intéresser en particulier au sort de Raphaëlle et Céleste, les deux lesbiennes. En attendant le procès d'une criminelle nommée… Wellbekke qui sera jugée pour parricide. Il va de soi que les allusions littéraires sont légion, et l'auteure donne une liste d'écrivains, mais bon courage à qui veut les élucider!

critique par Mapero




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