Lecture / Ecriture
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Indépendance (Frank Bascombe, II) de Richard Ford

Richard Ford
  Une mort secrète
  Le bout du rouleau
  Un week-end dans le Michigan (Frank Bascombe, I)
  Rock Springs
  Une saison ardente
  Indépendance (Frank Bascombe, II)
  Une situation difficile
  Péchés innombrables
  L'état des lieux (Frank Bascombe, III)
  Canada
  Entre eux

AUTEUR DES MOIS DE FEVRIER & MARS 2009

Richard Ford est un écrivain américain né en 1944 dans le Mississippi.

Il suit des études à la Michigan State University puis à l'Université de Californie à Irvine

Il est marié et n’a pas d’enfant (par décision conjointe avec son épouse).

Il a été journaliste et a enseigné.

Il a longtemps vécu à la Nouvelle Orleans, avant de s'installer dans le Maine.

Il a reçu le prix Pulitzer et le PEN/Faulkner Award en 1996 pour son roman le plus connu "Indépendance".


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Indépendance (Frank Bascombe, II) - Richard Ford

Ecran de fumée
Note :

    Prix Pulitzer et Pen/Faulkner Award 1996.
   
   Trois années se sont écoulées depuis les événements relatés dans "Un week-end dans le Michigan". Frank Bascombe a quitté son emploi de journaliste sportif et est devenu agent immobilier. Son ex-épouse s’est remariée avec un architecte du nom de Charley O’Dell et est partie s’installer dans le Connecticut en emmenant leurs deux enfants, Paul et Clarissa. Et Paul, justement, s’est mis depuis quelque temps à filer du mauvais coton. En ce week-end (encore!) de la fête de l’Indépendance, Frank s’apprête donc à entraîner son fils dans un petit voyage qui leur fournira, croit-il, l’occasion d’une bonne conversation entre hommes. Mais bien sûr, les choses ne se passeront pas comme prévu…
   
   Autant je me suis sentie d’emblée "embarquée" par "Un week-end dans le Michigan", que je n’ai littéralement pas pu lâcher avant d’en tourner la dernière page, autant "Indépendance" m’a laissée partagée, oscillant tout au long de ma lecture entre un ennui poli et un intérêt somme toute fort modéré. Non que la qualité de l’ouvrage de Richard Ford laisse ici à désirer, car j’ai bien retrouvé l’acuité d’observation qui faisait merveille dans le premier épisode des aventures de Frank Bascombe, et la belle épaisseur dont l’auteur parvient à doter le petit monde de Haddam. Mais rien à faire: Frank Bascombe devenu agent immobilier affiche une tendance à la monomanie nettement plus marquée que le journaliste sportif, obsédé qu’il est à présent par des interrogations qui sont en tout état de cause fort éloignées de mes préoccupations, et par une théorie de l’engagement et de l’indépendance qui suppose que l’on n’engage en fait pas grand-chose, à part peut-être un peu d’argent. Pire encore, je n’ai pas pu me défendre de l’impression que toutes ces réflexions passablement fumeuses, toute cette philosophie à deux sous et ces histoires de "Phase d’Existence", n’étaient que le reflet des piètres tentatives de Frank pour occulter le fait qu’il ne digérait pas le remariage de son ex-épouse et surtout le départ de ses enfants pour le Connecticut…
   
   Bref, ce nouvel avatar de Frank Bascombe s’est révélé à mes yeux comme un assez beau spécimen de casse-pieds, et j’ai épuisé mon capital de sympathie à son endroit assez tôt dans ma lecture d’"Indépendance". Alors, fort heureusement, il reste le "régal de dialogues à couper le souffle, de vacheries ciselées au scalpel, de digressions succulentes" annoncé – sans trop d’exagération - par la quatrième de couverture. Il reste le plaisir que j’ai éprouvé à la lecture de quelques portraits-charges d’une ironie mordante, tel celui du nouveau mari de l’ex-madame Bascombe, républicain bon teint, ou celui du vigile qui veille à la tranquillité du quartier résidentiel luxueux où le nouveau couple s’est installé. Et il reste un beau tableau teinté d’amertume d’une Amérique confrontée à "la sensation nouvelle d’un monde féroce embusqué tout autour de [son] territoire, une appréhension à laquelle (…) les habitants ne pourront jamais s’accoutumer, qui demeurera inconciliable jusqu’à l’heure de leur mort." (p. 12), et qui sombre petit à petit dans la morosité et une inquiétude sournoise. En ce mois de juillet 1988, alors que la campagne électorale – George Bush Sr vs Michael Dukakis – bat son plein, on peut reconnaître là quelques signes avant-coureurs d’une paranoïa qui prendra de tout autres proportions sous la présidence de George Bush Jr. Et c’est là largement de quoi maintenir l’intérêt peu ou prou en éveil, à défaut malheureusement de retrouver la magie d’"Un week-end dans le Michigan"…
   
   Extrait:
   "(…) je lance mon premier «sujet intéressant»: combien il est difficile, ici, à une quinzaine de kilomètres au sud de Hartford, d’imaginer que, le 2 juillet 1776, toutes les colonies de la côte se méfiaient les unes des autres comme de la peste, se comportaient comme autant de nations séparées, farouchement guerrières, qui redoutaient plus que tout la perte de valeur de la propriété et la religion pratiquée par les voisins (comme aujourd’hui), et qui savaient pourtant qu’il leur fallait trouver moyen d’accroître leur prospérité et leur sécurité. (Au cas où cela paraîtrait complètement barjo, c’est sérieux, c’est au programme sous l’intitulé: «Les liens entre le passé et le présent: de la fragmentation à l’unité et à l’indépendance.» A mon sens, c’est un thème de réflexion totalement approprié à la difficulté qu’éprouve Paul à intégrer son passé disloqué dans son présent tumultueux, de façon à ce que les deux s’associent raisonnablement pour lui procurer liberté et indépendance, plutôt que de rester dissociés au point de le rendre cinglé. Les cours d’Histoire sont des leçons subtiles qui nous incitent à avoir la mémoire et l’oubli sélectifs, et valent donc beaucoup mieux que la psychiatrie, qui vous force à tout vous rappeler.)" (pp. 343-344)
   
   Titre original: Independence Day
   
   
   Série Frank Bascombe :
   
   1.Un week-end dans le Michigan - The Sportswriter, 1986
   2.Indépendance - Independence Day, 1995

   3.L'État des lieux - The Lay of the Land, 2006
    ↓

critique par Fée Carabine




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Paternité difficile
Note :

   Frank Bascombe est entré dans la quarantaine, divorcé depuis sept ans, sa femme Ann s’est remariée avec Charley. Frank a une nouvelle amie Sally.
   
   Frank n'est plus chroniqueur sportif mais agent immobilier et en cette veille du 4 juillet, il est assez inquiet.. Il emmène son fils de quinze ans pour le week end. Ce dernier présente des comportements assez étranges malgré qu'il soit suivi par un psy. Frank est prêt à tenter de comprendre ce qui ne tourne pas rond chez son fils.
   
   Mais rien ne va se passer comme il l'imaginait et il va mettre la vie de son fils en danger.
   
   En fait le problème de Bascombe c'est qu'il n'arrive jamais a exprimer ses sentiments, il fuit mais l'accident qui va arriver à son fils risque de tout changer.
   
    Ce qui est génial dans les romans de Richard Ford c'est qu'on vogue calmement à travers ses pensées. On a parfois envie de le secouer mais je pense que cela ne servirait à rien.
   
   D'autres lectures et ensuite en route vers le troisième épisode de la vie de Frank Bascombe.
   ↓

critique par Winnie




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Un portrait de l'Amérique
Note :

   Franck Bascombe a 44 ans et est agent immobilier, ses revenus lui assurent un bon train de vie. Divorcé, père de trois enfants, il mène une apparente paisible vie dans la petite ville d'Haddam dans le New Jersey. Paisible, nonchalante, en apparence seulement...
   
    Car à l'intérieur, son divorce l'a énormément marqué et parfois ça bouillonne, ça fulmine ou ça se délite. Franck Bascombe est un être paradoxal, en proie aux doutes existentiels, énormément marqué par cette séparation. 7 ans de divorce déjà, et rien n'est solutionné, rien ne peut être reconstruit pour une nouvelle "période d'Existence", impuissant à couper les ponts avec sa précédente vie (il a racheté et habite l'ex-maison de son ex-femme), toujours partagé entre la sincérité personnelle (vivre sa vie, égoïstement) et le devoir moral qui l'amène à la composition avec les autres et sa juste place dans la société. Les questionnements sont multiples: sa femme qu'il aime encore et pense avoir mal aimée, (elle s'est remariée à un vieux riche qu'il exècre ) ; ses rapports trop interrogateurs quant à l'avenir avec son amante (est-ce de l'Amour entre eux ou le rapprochement de deux vies parallèles ?) et du côté de son fils, Paul, atteint de graves troubles psychologiques, il s'interroge sur son rôle de père. Pétri de bonne volonté et d'a priori positifs pour le monde qui l'entoure, son existence est comme en suspens, en dérive. Franck Bascombe a une quête... vivre l'Independance Day, ce symbolique 4 juillet avec son fils comme pour donner un sens à sa vie, parvenir à la continuité.
   
    Richard Ford nous donne le récit de ce personnage attachant, solitaire. On est loin d'un roman d'actions mais la narration n'est jamais ennuyeuse, faite des réflexions de F. Bascombe sur son comportement social, sur ses rapports aux autres, particulièrement dans ses rapports professionnels, le domaine de l'immobilier est souvent abordé. De larges passages traitent de l'habitat aux USA, des quartiers de résidence de ces petites villes américaines, des rapports entre voisins aux couleurs de peau différentes. Nous sommes aussi à quelques jours des élections et au-delà de l'histoire de Franck Bascombe, c'est cette Amérique contemporaine que Richard Ford nous dépeint talentueusement.

critique par Laugo2




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