Lecture / Ecriture
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Le bout du rouleau de Richard Ford

Richard Ford
  Une mort secrète
  Le bout du rouleau
  Un week-end dans le Michigan (Frank Bascombe, I)
  Rock Springs
  Une saison ardente
  Indépendance (Frank Bascombe, II)
  Une situation difficile
  Péchés innombrables
  L'état des lieux (Frank Bascombe, III)
  Canada

AUTEUR DES MOIS DE FEVRIER & MARS 2009

Richard Ford est un écrivain américain né en 1944 dans le Mississippi.

Il suit des études à la Michigan State University puis à l'Université de Californie à Irvine

Il est marié et n’a pas d’enfant (par décision conjointe avec son épouse).

Il a été journaliste et a enseigné.

Il a longtemps vécu à la Nouvelle Orleans, avant de s'installer dans le Maine.

Il a reçu le prix Pulitzer et le PEN/Faulkner Award en 1996 pour son roman le plus connu "Indépendance".


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le bout du rouleau - Richard Ford

Gringos en danger
Note :

   Richard Ford fait aujourd'hui partie des auteurs américains à succès. À juste titre si l'on en croit les magazines et les critiques littéraires saluant la publication de son dernier roman. Pourquoi donc suis-je allé dénicher celui-ci paru en 1986 sous le titre "The Ultimate Good-Luck" ?
   
   Harry Quinn a servi au Vietnam et il a eu la chance d'en revenir entier. En sera-t-il de même de cette expédition au Mexique? Le jeune vétéran s'est fourré dans un piège pour les beaux yeux de Rae : tout le monde dit qu'elle est très belle.
   
   Le guêpier est simple en fait. Le frère de Rae, Sonny, aussi peu futé que sa soeur est jolie, a été arrêté au Mexique pour un trafic de cocaïne. Sans trop savoir de ce qui s'est passé, Rae a envoyé son petit ami pour organiser la libération du frangin. Avant même qu'elle ne débarque des Etats-Unis avec une forte somme pour financer la libération, les choses se compliquent, et prennent une vilaine tournure. À qui peut-on faire confiance dans cette province mexicaine gangrenée par la corruption, le trafic de stupéfiants, et la guérilla?
   
   L'action se déroule à Oaxaca, en pays zapotèque. Sur le zocalo, on rencontre des touristes en short, des américains et des allemands. On consomme du mezcal et de la téquila. Des glaces aussi, car il fait chaud au Mexique. Il faut se méfier des scorpions comme des avocats, des tueurs comme des militaires. De plus, Harry Quinn a des douleurs d'estomac. Mais c'est un gentil garçon qui offre un bijou et des fleurs à Rae. Entre autres qualités, il sait aussi se servir d'un revolver.
   
   Avec des dialogues qui se traînent, et une action par laquelle on a du mal à se sentir concerné, ce deuxième roman de Richard Ford est, vous l'avez compris, une lecture dispensable.
   
   Titre original: The Ultimate Good Luck
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critique par Mapero




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Au sud de la frontière
Note :

   Un roman particulièrement glauque de Ford, où l’on suit Quinn - un vétéran amoché de la guerre du Vietnam - dans sa quête impossible. Il s’est donné le mandat d’aider sa copine Rae dont le frère Sonny est derrière les barreaux dans une prison Mexicaine. Les accusations de trafic de drogues qui pèsent sur Sonny sont tout à fait légitimes. Avec le support d’un ami avocat, Quinn descend dans la région d’Oaxaca afin de faire bouger les choses. Ses démarches l’entraînent dans les bas-fonds et il se bute aux indiens locaux, touristes louches et membres de guérillas. Sa chance s’effrite et l’étau se resserre sur lui.
   
   L’intrigue comporte son lot de violence et bombes qui explosent. Mais, le style de Ford ne se prête pas au roman d’action. En fait, il s’agit d’une succession confuse de séquences dont le but est de nous présenter des personnages dont la principale préoccupation est de survivre. Retours-arrières, études de caractère et maintes conversations vaines éteignent le suspense.
   
   Je me suis ennuyé. La galerie de personnages antipathiques n’a pas su faire naître en moi la moindre étincelle de compassion. Encore moins, cette idée de sauver un criminel.
   ↓

critique par Benjamin Aaro




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La poisse à Oaxaca
Note :

   «Le bout du rouleau» est le second roman de Richard Ford. Difficile de trancher entre la qualification de roman ou de polar. Allez! On dira roman noir …?
   
   Oaxaca est une petite ville mexicaine où Harry Quinn, américain, vient d’arriver. Genre bled pourri de chez pourri, mais il a un but pour cela, et une bonne raison derrière le but…
   
   Le but, c’est de faire en sorte que son copain, ou plutôt le frère de sa copine, Sonny, soit libéré de la prison – mexicaine, et bonjour l’ambiance – où il est incarcéré au motif de trafic de drogue.
   
   La bonne raison, c’est que Sonny est le frère de Rae, sa copine un peu perdue de vue ces derniers temps, et que répondre au SOS de cette dernière pour libérer le frérot semble à Quinn un acte à même de contribuer à la réconquête de ladite Rae.
   Il ne s’agit pas de le faire évader, ou autre plan style série B. Non. Il s’agit de mener les tractations, via un avocat mexicain, avec l’argent nécessaire amené par Rae, pour obtenir sa libération. Mais voilà. On est au Mexique. Et à Oaxaca, ce qui commence à ressembler au pays profond. Et entre les relations opaques avec l’avocat, la corruption des autorités et de la police, les terroristes et leurs homologues; soldats des forces spéciales, les trafiquants de drogue avec qui fricotait Sonny, ça fait du monde et pas que du beau. Plutôt le genre panier de crabes.
   
   Et Richard Ford traite le sujet à hauteur de Harry Quinn, c’est à dire à hauteur de quelqu’un qui est balloté par les évènements, qui ne maîtrise rien. On est donc balloté avec lui, on subit avec lui, et cette ambiance d’incompréhension glacée qui nous étreint est furieusement en décalage avec la nature de soleil et de lumière du Mexique, et d’Oaxaca en particulier. Très étonnant comme sensation que ce décalage.
   
   Quelque part j’ai irrésistiblement pensé à Jean-Patrick Manchette, et notamment son «La princesse du sang», pour la similitude de lieu certainement, mais aussi cette impression de lecture sur «papier glacé» dûe à ces décalages. Et des dialogues déconcertants de ce tonneau par exemple :
   
   «Il entendit des pas sur les dalles du couloir. Rae se retourna et leva les yeux vers le globe du plafond.
   - Est-ce que je te plais simplement parce que je suis plus jolie que les autres ? demanda-t-elle. Escuse-moi de te poser cette question, mais c’est plus fort que moi.
   Il écoutait les bruits de pas qui approchaient.
   - Oui, il y a de ça, fit-il.
   - Alors ça me va, dit Rae. Je n’aimerais vraiment pas que tu me largues pour quelqu’un qui te plairait moins que moi.
   - Personne ne pourrait me plaire moins que toi, dit-il, et personne ne pourrait me plaire davantage. J’ai appris ça quand j’étais gosse.
   Elle se tourna vers Quinn pour lui demander :
   - Tu as cru pouvoir vivre sans moi, n’est-ce pas?
   - Je l’ai cru un moment, dit-il.
   - Mais tu ne peux pas ?
   - Non. Je ne peux pas.
   Elle se rallongea sur le dos et réfléchit.
   - Sais-tu quel jour nous sommes ? dit-elle doucement.»

   
   Au bilan une lecture très agréable, un peu plus consistante qu’un pur polar, une lecture sur papier glacé.

critique par Tistou




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