Lecture / Ecriture
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Tombe, tombe au fond de l'eau de Mia Couto

Mia Couto
  Un fleuve appelé temps, une maison appelée terre
  Tombe, tombe au fond de l'eau
  La véranda au frangipanier
  L'accordeur de silences
  Terre somnambule
  Poisons de Dieu, remèdes du Diable
  La pluie ébahie

Mia Couto (né à Beira, Mozambique, en 1955) est un écrivain mozambicain blanc de langue portugaise. Sans doute l'un des écrivains les plus célèbres de son pays, son œuvre est traduite dans plusieurs langues. (Wikipedia)


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Tombe, tombe au fond de l'eau - Mia Couto

Saudade
Note :

   Ce récit n'est pas sans rappeler mes années d'études en ethnologie car Mia Couto est un écrivain africain (Mozambique) de la saudade. La saudade est une expression que l'on trouve en Afrique mais aussi au Brésil et au Portugal, la saudade c'est ce sentiment de nostalgie, une mélancolie empreinte d'un sentiment d'espérance. Le titre original "Mar me quer" joue avec le mot "malmequer" qui signifie marguerite et dont l'équivalent français serait "Il m'aime un peu, beaucoup..." Dona Luarmina joue avec des fleurs invisibles et répète ce refrain "mar me quer, bem me quer". Dans ce récit de l'amour, de l'amitié et de la mort, les coeurs sont malmenés car c'est comme ça que je comprends ce fameux mot "malmequer": c'est la mouvance des coeurs qui se rencontrent, se connaissent et se malmènent respectivement.
   
   Le récit est par conséquent merveilleusement poétique, employant des métaphores: de nombreuses descriptions voire expressions qui sont reliées à la mer, aux vagues comme cette phrase magnifique: "Tu m'aimes?/ Oui/ Reste, reste dans mon bateau./ Tu m'aimes?/ Non/ Tombe, tombe au fond de l'eau."
   
   C'est l'histoire d'un pêcheur Zeca Perpétuo, fou amoureux de Dona Luarmina. Au fil de leurs conversations, tour à tour, intimes, déchirantes et parfois un peu osées, ils se racontent leur histoire, leur passé, leurs douleurs. La solitude est forcément présente, ainsi que la vieillesse et le poids des années. Mais avec eux, on voyage. Oui, on voyage et on se délecte de somptueux paysages: la plage, la mer et c'est pourquoi malgré la saudade, il y a cette immense chaleur dans tout le récit. Un soleil invisible qui nous caresse la peau, la saudade qui déroule sa mosaïque de sentiments comme ce vieux proverbe macua qui dit "Le coeur est une plage".
   
   Voici un très beau récit doté d'une excellente traduction qui fait rêver; et voyez-vous c'est tout ce que l'on demande d'un bon livre!!! Qu'il puisse nous faire évader et voyager. Un texte sublime...
   "Nous levons l'ancre, rêvons le voyage: seule la mer voyage toujours."

critique par Laël




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