Lecture / Ecriture
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Possession de Antonia Susan Byatt

Antonia Susan Byatt
  Possession
  La Vierge dans le jardin
  Nature morte
  La Tour de Babel

Dame Antonia Susan Byatt est une écrivaine britannique née en 1936.

Signe ses livres A.S. Byatt

Possession - Antonia Susan Byatt

La Belle Dame Sans Merci
Note :

   Londres, 1986. Roland Michell est attaché de recherche auprès de James Blackadder qui dirige l'Ashcadémie, un groupe de recherche spécialisé dans l'étude des oeuvres du poète victorien Randolph Henry Ash. Or voilà t-y pas que Roland (qui n'a d'héroïque que le prénom) trouve par le plus grand des hasards deux lettres autographes du grand Ash, lettres adressées à une femme mystérieuse. Intrigué par le ton enflammé de ce début de correspondance (jusque là, la correspondance du poète laissait à penser que c'était un homme pondéré, courtois et ennuyeux au possible), il les vole (oui, c'est mal, je trouve aussi, on peut le huer) et se lance à corps perdu dans une recherche qui va le mener sur les traces du poète, dans le Lincolnshire et même en Bretagne (oui, je sais, tant d'exotisme vous foudroie, chers happy few), à la découverte d'un... secret (non ? si!).
   
   "Possession" est un roman dont j'avais lu le plus grand bien, chers happy few, mais qui m'a donné beaucoup de fil à retordre et pas vraiment plu, voilà c'est dit, point de suspense. Je pense sincèrement qu'une grande partie du roman ne peut être pleinement appréciée que si on est un amateur inconditionnel de poésie victorienne, l'auteur se livrant sur environ un gros tiers du bouquin à un pastiche, certes stylistiquement et symboliquement réussi mais long comme un jour sans krema réglisse (ma nouvelle passion) et, pour dire la vérité vraie et sans fard (oui dévoilons-là, la bougresse), complètement et entièrement indigeste. Cela sent l'exercice de style à plein nez, parce que je ne vois vraiment pas en quoi nous infliger des pages (parfois une dizaine d'un coup) de vers pleins de métaphores très appuyées et de symboles en tous genres répétitifs au possible (je ne peux plus voir Mélusine en peinture), fait avancer ne serait-ce que d'un pouce une intrigue déjà ultra-mince que j'avais pour ma part résolue dès le début (call me extra-lucide) (mais en fait non, c'est juste que l'histoire est téléphonée au possible).
   
   Que reste-t-il de ce pavé une fois ôté tout ceci? Des personnages antipathiques et frustrés (en même temps, ils sont universitaires, une profession pour le moins malmenée en littérature), des discussions oiseuses sur la critique littéraire (en plus je dois bien avouer que je ne supporte pas la façon dont les Britanniques la conçoivent, ils sont très psychologisants et rapportent tout à la sexualité (merci Dr F.), ce qui est pain béni face à ces victoriens puritains et dissimulateurs, ouh les vilains) et tout un chapitre de lettres épouvantablement illisibles (non mais c'est quoi cette ponctuation aléatoire, ces majuscules mises n'importe où et ces phrases syntaxiquement incorrectes?) qui sont censées montrer comment les relations entre Ash et la mystérieuse femme (à ce moment-là de l'histoire elle n'est plus vraiment mystérieuse mais on n'est pas sûr d'y avoir gagné quoi que ce soit) ont évolué et qui a bien failli m'achever, chers happy few. Au final, "Possessio" est un roman qui se prend terriblement au sérieux, sans humour et sans recul. En un mot: plombant comme un pudding raté.
   
   
   PS : Comme je ne suis pas à une contradiction près, je me dis que le film de Neil LaBute, qui a apparemment sabré les longueurs et les lourdeurs toutes victoriennes pour se concentrer sur l'essentiel (la quête de Michell donc) a des chances de me plaire. Quand la longue PAV aura baissé. Dans un an donc.

critique par Fashion




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