Lecture / Ecriture
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La Reine des lectrices de Alan Bennett

Alan Bennett
  La Reine des lectrices
  La Mise à nu des époux Ransome
  So Shocking !
  La Dame à la Camionnette

Alan Bennett est un écrivain et acteur britannique né en 1934.

La Reine des lectrices - Alan Bennett

Une petite gourmandise tout en légèreté
Note :

   Entre un mal de dent et un rhume qui n’en finissait pas d’en finir, une irrépressible envie de légéreté s’est emparée de moi le week end dernier. Et ce petit livre d’Alan Bennett était pile-poil ce qu’il me fallait.
   
   On n’y croit pas tout à fait, au fond, à cette histoire où Sa Majesté la Reine d’Angleterre se prend d’une passion soudaine pour la lecture, au grand dam de son entourage. Tout ça parce qu’un hasard improbable, ou plutôt le fichu caractère de ses royaux clébards, l’avait entraînée vers le bibliobus garé près de la porte de service donnant sur les cuisines du palais de Buckingham. Et parce que son incurable politesse l’avait alors amenée à y emprunter un livre.
   
   On n’y croit pas, mais on se reconnaît, un peu, beaucoup, passionnément… dans le parcours de cette lectrice qui commence par dévorer tout et n’importe quoi. S’ennuie en compagnie d’Henry James. Avant que ses goûts ne se fassent plus pointus et ne s’affirment pas à pas tandis qu’elle découvre "que chaque livre l’entraînait vers d’autres livres, que les portes ne cessaient de s’ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n’étaient pas assez longues pour lire autant qu’elle l’aurait voulu" (p. 33). Avant qu’elle ne se laisse ravir par les charmes de "La recherche du temps perdu" ou du journal de Samuel Pepys. Et on craque, tout simplement, pour cette balade-plaisir au fil de la littérature anglaise surtout, mais aussi universelle.
   
   C’est gentiment irrévérencieux, drôle, bien rythmé et enlevé. Ça se lit tout seul, en deux coups de cuillère à pot. C’est une gourmandise sans prétention, délicieusement légère. Et c’est la prescription-miracle pour soigner les petits coups de fatigue et de morosité de cette fin d’hiver!
   
   Extrait :
   "Elle n’avait pas réellement eu l’intention d’emprunter un autre livre mais songea que c’était sans doute préférable, étant donné qu’elle se trouvait là. Pourtant, en regardant les étagères, elle se sentait aussi démunie que la semaine précédente et ne savait pas lequel choisir. La vérité, c’est qu’elle n’avait pas vraiment envie d’un livre – et surtout pas d’un autre Ivy Compton-Burnett, dont la lecture était décidément trop fastidieuse. Mais elle eut de la chance, cette fois-ci, et son regard tomba sur La poursuite de l’amour de Nancy Mitford. Elle s’empara du volume.
   - Tiens donc… Ne s’agit-il pas de la femme dont la sœur a épousé ce Horsley ?
   Mr Hutchings lui confirma ce point.
   - La belle-mère de son autre sœur était ma dame d’honneur, en charge de ma garde-robe.
   - J’ignorais ce détail, Madame.
   - Une autre de ses sœurs a eu cette pitoyable histoire avec Hitler. Sans parler de celle qui est devenue communiste. Je crois qu’il y en avait encore une autre… Mais c’est bien Nancy qui a écrit ce livre ?
   - Oui, Madame.
   - Bien.
   Il était rare qu’un roman présente un tel réseau de relations et cela eut le don de rassurer la reine. Ce fut donc avec une certaine confiance qu’elle tendit l’ouvrage à Mr Hutchings, afin qu’il le tamponne. " (pp. 20-22)

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critique par Fée Carabine




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God Bless the Queen
Note :

   Lorsque j’ai repéré ce livre, j’ai immédiatement su qu’il fallait que je le lise... après un petit saut rue de Rivoli (librairie sympa, vendeuse– libraire? ce jour-ci très souriante, mais qu’est-ce que c’est cher!), j’ai dû attendre jusqu’au lendemain pour lire, non, pour dévorer ce court roman en un rien de temps.
   
   Vous aimez lire? Vous aimez l’Angleterre? Sa Majesté vous amuse avec ses sublimes tenues rose fushia et ses chapeaux ultra glamour? N’hésitez plus, mes amis, jetez-vous à votre tour sur "The Uncommon Reader" d’Alan Bennett, débranchez le téléphone, dites à vos amis que vous êtes malades, préparez-vous un bon thé… and enjoy!
   
   Un peu par hasard, la Reine découvre une librairie ambulante aux portes de son palais (ou devrais-je dire, de ses cuisines). Se sentant obligée d’emprunter un livre, elle fait une première tentative… ratée, avant de découvrir Nancy Mitford. C’est la révélation, le début de la fin, sa Majesté aime lire et comme toute Lectrice Compulsive Anonyme qui se respecte, la reine n’a bientôt plus qu’une idée en tête: lire! Et que dire de l’âge avancé auquel elle se met enfin à découvrir les joies de la lecture? Tant de retard à rattraper! Tant d’auteurs rencontrés par le passé sans avoir un mot à leur dire!
   
   « E.M. Forster figured in the book, with whom she remembered spending an awkward half-hour when she invested him with the CH. Mouse-like and shy, he had said little and in such a small voice she had found him almost impossible to communicate with. Still, he was a bit of a dark horse. Sitting there with his hands pressed together like something out of Alice in Wonderland, he gave no hint of what he was thinking, and so she was pleasantly surprised to find on reading his biography that he had said afterwards that had she been a boy he would have fallen in love with her. »(p20-21)
   
   Guidée par Norman, un ex-plongeur propulsé des cuisines au staff rapproché de la Couronne, Elisabeth II découvre pêle-mêle (et là j’ai fait une liste à peu près exhaustive):
   Ivy Crampton-Burnett, Ackerley (My Dog Tulip), E.M. Forster, Masefield, Walter de la Mare, Rose Tremain, Ishiguro, Beckett, Nabokov, Philip Roth, Mary Renault, Denton Welch, Isherwood, Balzac, Tourgueniev, Fielding, Conrad, Jane Austen, Dostoievski, TS Eliot, Priestley, Philip Larkin, Ted Hughes, Robert Frost, James Tait Black, Ian McEwan, A.S. Byatt, Dylan Thomas, John Cowper Powys, Jan Morris, Kilvert, Vikram Seth, Salman Rushdie, Sylvia Plath, Lauren Bacall (Memoirs), Winifred Holtby, Henry James, Dr Johnson, Genet, Pepys, Alice Munro, Dickens, Virginia Woolf, Thackeray, George Eliot, The Brontës et Proust, sa nouvelle marotte.
   
   Ah! Tous ces auteurs, ça fait rêver n’est-ce pas? Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’une lectrice pas comme les autres, et que ses lectures sont loin d’enchanter un premier ministre et un secrétaire qui n’ont plus l’attention de la reine, sans parler du manque d’enthousiasme évident de notre héroïne lorsqu’il s’agit d’inaugurer une cantine ou de baptiser un bateau. Ainsi, durant ses tournées, la Reine ne demande plus à ses sujets s’ils ont fait bonne route et autres lieux communs. Elle s’interroge plutôt sur leurs lectures! Après un vent de panique, les assistants prennent l’habitude de briefer en amont les personnes qui rencontreront la Reine:
   "At this most people looked blank (and sometimes panic-stricken) but, nothing daunted, the equerries came up with a list of suggestions. Though this meant that the Queen came away with a disproportionate notion of the popularity of Andy McNab and the near universal affection for Joanna Trollope, no matter ; at least embarrassment had been avoided. And once the answers had been supplied the audiences were back on track and finished on the dot as they used to do, the only hold-ups when, as seldom, one of her subjects confessed a fondness for Virginia Woolf or Dickens, both of which provoked a lively (and lengthy) discussion. There were many who hoped for a similar meeting of minds by saying they were reading Harry Potter, but to this the Queen (...) invariably said briskly, “Yes. One is saving that for a rainy day” and passed swiftly on. (p42-43)"
   
   Parmi les changements de comportement qu’a entraînés la découverte des joies de la lecture, notons simplement qu’Elisabeth II applique une nouvelle technique depuis son carrosse:
    “She’d got quite good at reading and waving, the trick being to keep the book below the level of the window and to keep focused on it and not on the crowds. (...) the Duke waving viciously from his side." (p32-33)
   
   Au final, les conséquences sont désastreuses:
   "The equerry, with whom she’d never shared such confidences before and who ought to have been flattered, simply felt awkward and embarrassed. (...) And whereas the Queen herself thought that such feelings probably arose out of her reading books, the young man felt it might be that she was beginning to show her age. Thus it was that the dawn of sensibility was mistaken for the onset of senility."(p 80-81)
   
   Ce livre est un vrai rayon de soleil. Ce n’est certainement pas un chef-d’œuvre mais bien un pur moment de bonne humeur, à lire et à relire le sourire aux lèvres. Entre l’amanuensis (assistant littéraire) gay, le secrétaire «kiwi» qui n’aime pas qu’on le lui rappelle, l’ancien secrétaire qui s’endort pendant les entretiens au sommet, les responsables de la garde-robe traumatisés par la soudaine désinvolture de la reine, le Duc surpris d’entendre son épouse rire à voix haute alors qu’il passe devant sa chambre une bouillotte à la main, difficile de ne pas s’amuser! Légèrement irrévérencieux, parfaitement British, ce livre parlant de lecture et de lecteurs devrait séduire beaucoup de LCA!
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critique par Lou




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Si la reine lisait…
Note :

   Sa Gracieuse Majesté Elizabeth d’Angleterre tombe un jour fortuitement sur un bibliobus dans la cour de Buckingham et finit par choisir un livre. Au même moment dans ce bibliobus, elle rencontre Norman, aide aux cuisines, gay et féru de littérature de ce type.
   
   Voilà pour les éléments déclencheurs de cette fiction à la fois humoristique et un brin philosophique. Car la reine va se mettre à lire, à plonger «dans le monde merveilleux des livres et de la littérature» conseillée en cela par Norman qui bien sûr prendra du galon. Mais son entourage – et notamment son secrétaire particulier – voit dans ce nouvel engouement de sa Majesté une source d’ennuis car la reine ne met plus l’enthousiasme qu’il faudrait dans ses obligations que ce soit des visites d’usines, des inaugurations d’hôpitaux ou les réceptions mondaines dans lesquelles elle embarrasse ses invités tous plus ou moins incultes (comme au début du roman le Président français qui ne sait que répondre sur l’œuvre de Jean Genet, perfide Albion!). Alan Bennett en profite pour égratigner les grands de ce monde, les gens de pouvoir qui manquent de culture –il est vrai qu’on en a un bel exemple chez nous… non! Laissez-moi je ne veux pas aller en garde-à-vue arrgh ! –
   
   Et la reine de prendre de plus en plus conscience de ce pouvoir à la fois fascinant de la lecture qui si, comme on le lui reproche, coupe du monde, n’en est pas moins la vie même puisqu’elle l’explique en partie. Hormis Norman, tous les personnages qui gravitent autour de la reine deviennent des fantoches incultes, le chauffeur lit the Sun, les ministres ne connaissent pas grand’ chose à la littérature de leur propre pays – ce qui me semble parfois un peu réducteur – de même qu’on a l’impression que l’auteur présente sa propre vision de la littérature à travers Norman, qui, bien que dit avec humour, s’apparente à un militantisme gay à peine voilé (non je ne suis pas homophobe!)
   
   Reste un ouvrage agréable à lire, qui détend l’esprit tout en faisant passer des vérités bien senties malgré tout :
   "-Qui peut se prétendre au-dessus de la littérature, dit la reine. Ce serait aussi ridicule que de se croire au-dessus de l’humanité." (168)
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critique par Mouton Noir




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Un plaisir de roi
Note :

   Ah quel plaisir de découvrir une LCA qui s'ignore! Eh oui, la Reine découvre à près de 80 ans, une passion subite pour la lecture. Elle prend conscience que l'esprit et la timidité qu'elle inspire (le respect) lui ont fait passer à côté d'auteurs dont la plume est plus brillante que l'élocution. Que ses impressions passées sont à l'opposé de ce que E. M. Forster rapporte de leur "rencontre".
   
   Brillant et imaginatif telles furent mes premières impressions de lecture. A l'égard du style et de la plume d'Alan Bennet L'amusement pointe son nez alors que la Reine brise le protocole par petites touches incongrues, que ses chiens éprouvent de la jalousie à l'égard de ses nouveaux compagnons - imaginez un peu la Reine prendre son téléphone pour s'excuser car l'ouvrage emprunté a été déchiqueté par ses compagnons à quatre pattes, et que bien entendu elle va le faire remplacer (certains lecteurs devraient en prendre de la graine) -. Que dire de ses salutations à la foule dans son carosse alors qu'elle poursuit sa lecture, la tête bien droite puisqu'on lui tient son ouvrage. En voici enfin une digne de comprendre les affres de tous les lecteurs prêts à oublier leur nuit de sommeil pour finir le roman entamé, oubliant leur arrêt de bus (ça c'est moi!) ou de métro (que ceux à qui cela n'est jamais arrivé se dénoncent).
   
   Mais vous trouverez bien plus dans ce petit roman que les affres qui pertubent la vie des lecteurs acharnés que nous sommes! En effet, si la Reine vient à la lecture, c'est grâce à un bibliobus ainsi qu'à l'intérêt d'un lecteur issu des cuisines qui bien vite va voir l'inimitié gagner les autres membres du personnel à son égard. Car ce jeune homme échange, s'intéresse à la lecture et aux lectures de sa Reine sans chercher pour autant à gagner ses faveurs. Il est là pour discuter lectures, pour l'aider à appréhender certains écrivains ou des ouvrages plus difficiles dans la bibliographie des uns et des autres. Sa culture littéraire il l'a acquise seul, de manière empirique et est tout disposé à la faire partager. La Reine rapidement souhaite elle-aussi partager ses bonheurs de lecture ou discuter simplement; mais les échanges restent infructueux, quelque soit les personnes à qui elle s'adresse. Le Roi ne la comprend pas, ses conseillers, entourage proche dénigrent cette passion, et cela jusqu'à la faire passer pour une victime d'Alzheimer lorsqu'elle décide de prendre des notes relatives à ses lectures. (Si elle écrit c'est parce qu'elle oublie cqfd).
   
   Les échanges avec son Premier ministre sont de premier ordre: à se demander comment il s'informe. Mais j'oubliais, comme à la Reine lors de rencontres, des synthèses doivent lui être communiquées. C'est bien joli un résumé, mais comme nous le savons tous lire un texte c'est le vivre d'une certaine manière et l'écriture, la plume nous touche plus ou moins selon nos sensibilités, les termes choisis ou l'instant de la lecture (temps présent, âge, ... ) mais aussi en fonction de l'expérience personnelle comme sait bien le montrer Alan Bennett.
   
   Le départ de Norman Seakings a provoqué une coupure dans le roman qui fait que si les passages suivants sont toujours inspirés et souvent ironique et drôle, cette partie a trouvé moins de grâce à mes yeux, tout en restant d'une grande originalité et d'un bel esprit critique.
   
   Vu la taille de l'ouvrage et son contenu, tout lecteur devrait prendre quelques minutes pour lire cet opuscule.
   
   
   2 courts extraits de la page 49 sortis de leur contexte mais compréhensibles; échanges entre la Reine et son secrétaire particulier:
   
   " - (...) Pourquoi le public s'intéresserait-il à mes lectures? La reine lit. Les gens n'ont pas besoin d'en savoir plus. J'imagine leur réaction dans leur grande majorité: "Et alors? La belle affaire."
   
   - Lire, c'est se retirer, dit sir Kevin. Se rendre indisponible. La chose serait peut-être moins préoccupante si cette recherche relevait d'une démarche moins... égoïste. (...)
   
   - On lit pour son plaisir, dit la reine. Il ne s'agit pas d'un devoir public.
   
   - Peut-être cela serait-il plus préférable, rétorqua sir Kevin. (...)"

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critique par Delphine




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The uncommun reader
Note :

   Quelques heures à perdre dans un trajet en train ou en avion? Embarquez donc avec vous ce petit joyau de la couronne… Il nous a été concocté par Alan Bennett, joyeux drille émérite qui ne se sert de son immense culture que pour mieux amuser son public.
   
   Habitué des scénarii télévisés, Alan Bennett sait comment faire mouche en écrivant de manière très directe et en émaillant le récit de remarques et de dialogues légèrement décalés. Sous ce titre plus juste en anglais qu’en français, n’attendez pas une satire acide du régime ou de la souveraine britannique, à la façon du film "The Queen" de Stephen Frears. Alan Bennett n’est pas en quête de crédibilité, il s’amuse juste à détourner l’image immuable et sérieuse que la monarchie présente avec une constance remarquable depuis l’avènement d’Élisabeth II.
   
   Le ton est donné dès le début de l’ouvrage. Alan Bennett imagine un dialogue entre la souveraine anglaise et le président de la république française. Personne n’est expressément cité, cependant la scène imaginée vaut son pesant de sourires connivents:
   « - Maintenant que nous sommes en tête à tête, dit la reine en adressant des sourires de droite à gauche à l’imposante assemblée, je vais pouvoir vous poser les questions qui me tracassent au sujet de Jean Genet.
   (…)
   Sa Majesté se tourna vers le président et reprit:
   - Il était homosexuel et il a fait de la prison, mais était-ce vraiment un mauvais garçon? Ne pensez-vous pas qu’il avait bon fond, au contraire? ajouta-t-elle en soulevant sa cuillère.
   N’ayant pas été briefé au sujet du dramaturge chauve, le président chercha désespérément des yeux sa ministre de la Culture, mais celle-ci était en grande conversation avec l’archevêque de Canterbury.
   - Jean Genet, répéta la reine pour lui venir en aide. Vous le connaissez?
   - Bien sûr, répondit le président.
   - Il m’intéresse, dit la reine.
   - Vraiment?
    Le président reposa sa cuillère. La soirée promettait d’être longue.»

   
   Nous allons découvrir sans tarder où se niche le hasard qui a permis à la souveraine de développer son goût irraisonné pour la lecture, et son corollaire la Culture. La reine, en véritable autodidacte, gravit tous les échelons de la pratique, du simple roman populaire aux essais philosophiques et scientifiques de toutes les époques. C’est dire que sa passion, pour être récente, n’en est pas moins dévorante. De sorte que, toute entière adonnée à son emprise et à celle de son étrange mentor, elle en vient à négliger les fonctions qu’elle a jusqu’alors exercées avec tant de professionnalisme. Une occasion en or pour l’auteur de dresser à l’envi l’opposition entre le protocole rigide et la fantaisie liée au cheminement des découvertes royales. Alan Bennett en profite pour égratigner les rivalités de cour, la tendance obstinée du régime à refuser les changements, la difficulté à exister quand on n’est pas issu du moule.
   
   Je vous le disais en préambule, rien de bien sérieux ni de novateur dans ce petit ouvrage, mais comme il n’est pas bien lourd (122 pages), glissez-le dans votre sac à main ou dans la poche de votre veste, il peut être souverain lors d’un voyage pour lutter contre un voisin importun.

critique par Gouttesdo




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