Lecture / Ecriture
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Le parfum de la dame en noir de Gaston Leroux

Gaston Leroux
  Le mystère de la chambre jaune
  Le fauteuil hanté
  Le parfum de la dame en noir
  La poupée sanglante
  La machine à assassiner
  L comme: Le fantôme de l'opéra - T1

Gaston Leroux est un romancier français, né en 1868 et décédé en 1927.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le parfum de la dame en noir - Gaston Leroux

Avec un plan pour ne pas se perdre
Note :

   "Le parfum de la dame en noir" est une seconde aventure, qui fait suite au "Mystère de la chambre jaune". Entendons nous, Ce n’est pas une suite, dans la mesure où l’affaire de la chambre jaune ne serait pas bel et bien expliquée et réglée à la fin des premières aventures de Rouletabille; mais c’en est cependant une dans la mesure où l’on reprend les mêmes personnages, peu de temps après et que, sur les bases de la situation précédemment crée, Gaston Leroux donne vie à un second mystère.
   
   Avant toute chose, il faut que j’avertisse le lecteur potentiel qu’il ne doit surtout pas lire ce second volume avant d’avoir lu le premier car l’auteur consacre toute une première partie à rappeler les faits précédents et surtout leur explication. On se gâcherait donc bêtement un grand plaisir, d’autant qu’à mon avis, La chambre jaune est bien supérieure au Parfum.
   
   C’est que ces secondes aventures démarrent lentement et de façon bien encombrée. Déjà, comme je viens de le dire, Leroux se croit obligé de raconter à nouveau en résumé la première histoire, mais cela n’est pas tout, peut-être pour flatter le goût de son public, le voilà qui se lance dans des considérations sociaux-philosophiques (si je puis dire) et voilà notre "Parfum" tout encombré par les fadaises de la belle société d’alors. C’est une surenchère de "bon goût", de lieux communs d’époque –qui n’étant plus ceux d’aujourd’hui nous agressent les neurones- Leroux tient beaucoup à ce qu’on ne puisse pas faire plus "comme il faut" que ses personnages. Que ce soit pour les domestiques, les adjoints, les bourgeois, les vieux professeurs, les dames, le «jeune génie farouche» etc. l’auteur en fait des tonnes (je me suis même demandé à un moment si le narrateur n’était pas amoureux fou de Rouletabille et où on n’allait pas glisser…). Idem pour le vernis de sciences. Et on n’a même pas le charme de la naïveté naturelle d’un Verne. Leroux tient absolument à faire passer les pires conventions pour de la grandeur d’âme. C’est juste verbeux, misogyne, bref, stupide quoi.
   
   Mais ne désespérez pas totalement toutefois! Les vilains défauts que je viens de souligner encombrent surtout la première partie du roman. Ensuite, en gros, une fois sur les lieux, l’intrigue se met en place et les choses deviennent nettement plus intéressantes. Nous avons à nouveau un mystère de chambre close, et même deux, plus quelques petits mystères annexes qui sont tout à fait intéressants. Et une fois encore, la grosse qualité de ce roman, c’est que le lecteur qui le souhaite peut parfaitement tenter de deviner la solution avant Rouletabille car il dispose des mêmes éléments que lui. Tous les Hercule Poirot et toutes les Miss Marple qui sommeillent en vous vont encore pouvoir se déchaîner. Et puis j’ai retrouvé mon âme d’enfant en constatant que, pour mieux nous donner nos chances, l’auteur nous accordait l’usage d’un plan des lieux. Ca, c’est kitsch !
   
   En précurseur du marketing moderne, Gaston Leroux termine en évoquant plusieurs fois l’insistance du Tsar qui, bien loin de là, réclame Rouletabille à grands cris pour un nouveau mystère. Le lecteur sait ce qu’il lui reste à faire et en ce début de 20ème siècle, il le fit sur plusieurs volumes encore et vous, lirez-vous «Rouletabille chez le Tsar»?
   Moi non. Adieu Rouletabille. C’était bien, mais plus ce serait trop, surtout si la qualité des romans va en diminuant comme la série a commencé. Je suis contente de t’avoir connu mais sur ce coup-là, tu m’as lassée avec cette mièvrerie si sotte.

critique par Sibylline




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