Lecture / Ecriture
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L'auteur, l’auteur de David Lodge

David Lodge
  Un tout petit monde
  La Chute du British Museum
  La vie en sourdine
  Changement de décor
  L'auteur, l’auteur
  L'Art de la fiction
  Jeu de société
  Hors de l'abri
  Pensées secrètes
  Un homme de tempérament

David Lodge est un écrivain britannique né en 1935.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

L'auteur, l’auteur - David Lodge

Le train des larmes
Note :

    Etant depuis quelque temps obligée de fréquenter de manière assidue les trains de banlieue, je me suis vue dans l’obligation de modifier mes habitudes de lectures après un incident légèrement embarrassant.
   Tout a commencé le jour où, décidée à me remettre à tout prix de mes récentes désillusions romanesques, j’ai organisé une descente digne de ce nom dans la librairie la plus proche. Prise d’un délicieux sentiment d’exaltation au milieu de tous ces livres qui tendaient vers moi leurs petites pages récemment imprimées, je me jetai sur tous ceux qui me faisaient de l’œil - et ils étaient fort nombreux - quand je tombai en arrêt devant un livre. Impossible de décrire le bonheur que j’ai ressenti à l’instant où j’ai découvert que L’auteur, l’auteur de David Lodge était sorti en édition de poche. David Lodge s’intéressant à la vie d’Henry James, il y a de quoi rendre hystérique. Et je le suis devenue.
   Dès le lendemain, j’embarquais donc Lodge et James, qui n’avaient rien demandé, dans un voyage hors de Paris. A l’aller tout s’est bien passé. Rien à signaler.
   Mais, c’est lors du retour que j’ai eu l’occasion de me ridiculiser devant mes compagnons de transport en commun en pleurant à chaudes larmes.
   
   Et pourtant "L’auteur, l’auteur" m’a enthousiasmée. Lodge s’intéresse de manière à la fois documentée et romanesque à la seconde partie de la vie d’Henry James. Celui-ci est alors un écrivain reconnu après le succès de ses précédents romans, comme "Portrait de femme". Lodge porte son attention sur la personnalité de James et son rapport au succès, le sien et celui des autres, et centre son récit sur deux principaux éléments: l’amitié de James pour Georges du Maurier, illustrateur, écrivain à succès et grand-père de Daphne, et sur les vaines tentatives de James pour devenir un dramaturge reconnu. A ses échecs s’ajoute le manque de succès de la plupart de ses romans, écrits dans un style de plus en plus ardu. Henry James s’enfonce alors dans la dépression et est même incapable d’écrire une ligne pendant de nombreux mois.
   
   Lodge déboulonne la statue du grand écrivain que je pouvais avoir en tête mais nous rend Henry James encore plus cher en nous donnant à lire un auteur plongé dans les affres de la création, luttant contre sa jalousie envers les auteurs à succès de son temps, incapable d’éprouver de l’amour mais digne d'amitié. "L’auteur, l’auteur" est un magnifique hommage à Henry James et les dernières pages décrivant la mort de l’auteur, dans lesquelles Lodge souhaite avoir pu lui glisser à l’oreille sa renommée littéraire à venir, ont été à l’origine de mon débordement lacrymal (même si je le reconnais, j'ai la larme facile).
   
   Et je me joins à Lodge pour scander «l’auteur, l’auteur!».
    ↓

critique par Cécile




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Henry, Trilby et Fenimore
Note :

   Biographie romancée de l’écrivain Henry James. On apprend à connaître les relations de James avec notamment George du Maurier romancier assez oublié, et dont on nous dit qu’il est l’auteur de "Trilby" ( pour moi, Trilby est l’histoire d’un lutin, écrit bien avant Du Maurier, par le Français Charles Nodier, d’où ma surprise de le retrouver sous la forme d’une jeune fille orpheline!!) Miss Woolfson qu’il appelle familièrement "Fenimore" vieille demoiselle, probablement celle qui servit de modèle à la femme dans la Bête de la Jungle. Elle aussi a écrit beaucoup de romans à succès, qu’on ne lit plus. Henry James, meilleur prosateur que ces deux amis, plus doué et exigeant, vendait nettement moins qu’eux. A présent, c’est lui que la postérité a retenu. On comprend qu’il se sentait à l’aise avec des romanciers plus simples que lui, amicaux, à qui il n’avait rien à prouver.
   
   La carrière dramatique ratée de James est longuement contée, (j’ignorais qu’il avait écrit pour le théâtre et s’était obstiné si longuement). C’est intéressant mais un peu longuet. Ses derniers mois de vie à Kensington aussi ; les intrigues entre domestiques, pas mal mais répétitives.
   
   Dans l’ensemble le récit est très narratif, et l’on n’aborde pas tellement les questions littéraires. On suit James en train de fuir quelques femmes (dont Fenimore) entreprenantes, tout en souhaitant continuer à les fréquenter, pour l’agrément de leur conversation. Cela ne nous étonne pas. On avait entendu parler de son homosexualité, sans doute platonique. Rien de neuf là-dessus non plus. Un ensemble parfois bien long, quoique agréable sur la moitié du texte environ.

critique par Jehanne




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