Lecture / Ecriture
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La traversée de l'été de Truman Capote

Truman Capote
  Un été indien
  Dès 10 ans: L'invité d'un jour
  De sang froid
  Petit déjeuner chez Tiffany
  Musique pour caméléons
  Prières exaucées
  La traversée de l'été
  Un arbre de nuit et autres nouvelles.
  Des cercueils sur mesure
  Un Noël
  Un plaisir trop bref

Truman Capote est le nom de plume de Truman Streckfus Persons, écrivain américain né en 1924 et décédé en 1984.

La traversée de l'été - Truman Capote

2008 : découverte de NY et de Truman Capote
Note :

   A force d'entendre parler de New-York et par les coïncidences de l'existence j'ai découvert au début de l'été la ville de New-York qui, jusqu'alors ne m'avait jamais attirée. Etrange coïncidence, j'avais bien des fois lu sur Capote mais sans jamais ouvrir un de ses ouvrages. Le film qui lui fut consacré m'attirait, me repoussait et jamais je n'ai pris le temps de me rendre à une séance.
   Je termine cette année 2008 en ayant lu Truman Capote et de manière étrange c'est d'un roman de jeunesse dont il s'agit, roman redécouvert il y a quelques années et se déroulant à New-York.
    La traversée de l'été / Tuman Capote. Traduit de l'anglais par Gabrielle Rolin. Le Livre de Poche, 2008. 142 pages
   Editeur :
   "Grady McNeil a dix-sept ans et l'âme passionnée.
   Alors que ses riches parents vont passer l'été en Europe, elle se retrouve seule dans un New York vibrant sous la canicule. Délaissant le luxe de la Cinquième Avenue, elle tombe amoureuse de Clyde, gardien de parking à Broadway. Ils s'aiment, mais de façon différente. La fierté provocante de Grady et la nonchalance de Clyde vont peu à peu les entraîner vers de dangereux précipices. Cette saison sera toute leur vie."

   
   J'ai été charmée par l'écriture de Capote. C'est une chose d'entendre tout le monde chanter les louanges d'un auteur, découvrir que vous adhérez à cette pensée en est une autre. Réellement le style est d'une aisance telle que comme bien souvent, tout laisse à penser que certains auteurs n'ont qu'à se pencher sur leur feuille blanche (oui je sais l'ordinateur aujourd'hui), bien que nous ayons connaissance de la difficulté et de la crainte suscitée par cette page vierge.
   
   Capote sait rendre une atmosphère, il saura susciter chez vous l'étouffement de la canicule, la chaleur qui monte de la chaussée, le sentiment de malaise, ... Tout dans son écriture contribue à vous plonger dans son roman, si court soit-il comme c'est le cas ici.
   
   Le thème en lui-même n'est pas novateur, mais on se laisse happer sans peine dans cette histoire d'amour que l'on imagine déjà vouée à l'échec, mais sans imaginer la chute telle que l'écrivain a pu l'imaginer.
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critique par Delphine




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L'été à dix-sept ans
Note :

    Ma première crainte à l'issue de la présentation du roman (Charles Dantzig) était de buter sur les maladresses d'un roman de jeunesse, Truman Capote l'aurait écrit dans les vingt ans, préférant le laisser dans l'ombre par la suite. L'autre appréhension était liée à cette réplique de Gore Vidal, donnée par Dantzig, dans la guerre de chats que se livrèrent les deux écrivains gays : "Capote, je ne peux pas le lire car j'ai du diabète" : alors, "La traversée de l'été", un roman confiture?
   
    S'il y a des lourdeurs – Dantzig les nomme "images tapageuses" et donne en exemple "un silence qui circula comme un oiseau blessé" à côté d'étincelles telles "un lit grand comme un nuage" – il s'agit d'un roman dramatique plein de finesse psychologique où se reconnaît l'auteur des réussites à venir : Grady, dix-sept ans, la bonne société, restée seule dans le New York des années quarante alors que ses parents voyagent en Europe, tombe amoureuse d'un gardien de parking et connaît une saison vibrante. Les personnages féminins de Capote sont magnifiques, avec une mention pour la furtive Anne, passionnée de moteurs et clés à molette, quelques pages si vivantes avant de se casser bizarrement la nuque.
   
    Le hasard a voulu qu'on retrouve le manuscrit en 2004, ainsi que le raconte Alan U. Schwartz, ami et avocat de Capote chargé d'administrer ses droits littéraires : "... ce n'était pas une œuvre aboutie, mais elle témoignait de l'émergence d'une voix originale et d'un écrivain au talent aussi étonnant qu'efficace". Cette postface évoque quelques moments émouvants où l'écrivain, au bout du rouleau, supplie Schwartz de le "laisser partir". Il demeure manifeste qu'avec cette détresse, la littérature américaine a manqué des œuvres potentielles majeures, dont nous retrouvons les prémices du style dans "La traversée de l'été".
   
    Nous nous contenterons de ce qu'il nous a laissé : j'espère lire "Prières exaucées" dont l'une des nouvelles, où certains de ses amis furieux se reconnurent, participa de la disgrâce et du déclin de l'artiste.

critique par Christw




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