Lecture / Ecriture
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La malédiction d'Edgar de Marc Dugain

Marc Dugain
  Une exécution ordinaire
  La malédiction d'Edgar
  La chambre des officiers
  L'insomnie des étoiles
  Heureux comme Dieu en France
  Avenue des géants
  L'emprise
  Ultime partie


Marc Dugain est un écrivain français né en 1957 au Sénégal.

La malédiction d'Edgar - Marc Dugain

Biographie, roman biographique, roman?
Note :

   Et oui c'est à un jeu que se livre l'auteur dans cet ouvrage. Saurez-vous démêler la part de vérité dans cette histoire?
   
   Car le lecteur est la seule personne qui saura répondre à cette question.
   
   "La malédiction d'Edgar" est présenté comme les écrits de Clyde Tolson, n° 2 du FBI. Il raconte le pouvoir vu à travers son regard et celui de John Edgar, le grand patron, celui qui a survécu à tous les présidents qui se sont succédés à la tête des Etats-Unis durant les années 1924 à 1972.
   
   Les 200 premières pages m'ont totalement accaparée, j'étais prise au piège, suivant au plus prêt le pouvoir, les forces en présence. Les 150 suivantes j'ai commencé à me détacher un peu, commençant à trouver le procédé un peu fastidieux. Enfin j'avais hâte de voir la chute arriver... car je me suis lassée des turpitudes diplomatiques, des histoires de coucheries, scandales... propres à retourner comme une crêpe n'importe quelle personne.
   
   En conclusion: j'ai appris des faits historiques (petits et grands), j'ai suivi les plus grands, mais je ne suis pas parvenue à savoir ce que l'auteur avait réellement inventé, si les faits relatés, les ouvrages sur lesquels il s'appuie sont erronés ou pas.
   
   Bref cette biographie est plus vraie que nature même si le rythme lasse quelque peu sur la fin.
   ↓

critique par Delphine




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Edgar le magnifique
Note :

   Faire de ce vieux flibustier de John Edgar Hoover le héros d'un roman passionnant et très éloquent sur la condition humaine est le pari réussi de Marc Dugain (auteur de l'excellente "Chambre des officiers"). Hoover qui fut le patron du FBI pendant des décennies avait de la démocratie une idée très personnelle. Et une idée de sa nécessité dans les coulisses du pouvoir telle qu'il se jugeait au dessus des suffrages, ayant bien trop peu confiance dans ses concitoyens pour leur demander leur avis. Cet homme fut donc l'un des hommes les plus puissants de l’univers sans jamais être élu nulle part.
   
   Et Marc Dugain, par un très intelligent montage alternant des dialogues, des notes, des comptes rendus d'écoute, des fiches de renseignements mais aussi de petites touches intimes comme les querelles d'amoureux de ces deux vieilles badernes que sont Hoover et son adjoint-concubin Clyde Tolson, parvient à faire d'Edgar un personnage presque sympathique, et surtout terriblement humain.
   
    En effet le roman prend l'allure des mémoires de Clyde Tolson, totalement apocryphes, cela va de soi. Et ainsi l'on assiste à 40 ans de politique américaine vue par le petit bout, très petit parfois, de la lorgnette. "La malédiction d'Edgar" nous immerge dans les magouilles de ces figures que l'on a pu croire presque angéliques. Et comme nous avions tort. La famille Kennedy qui fit longtemps figure de galerie princière américaine apparaît pour ce qu'elle a dû être, à savoir une dynastie d'opportunistes allant d'un père fasciste à des rejetons obsédés et addicts à différentes choses. Bref des êtres humains comme vous et moi, quoi. Martin Luther King ce bon apôtre est loin d'être exemplaire et c'est presque mieux comme ça. Ces gens-là nous ressemblaient donc.
   
    Je ne me livre pas à l'apologie d'une crapule. J'ai seulement lu un bon bouquin, documenté, qui reste une fiction. Certes Hoover était une canaille, mais une canaille de qualité. Et j'aime la qualité.
    ↓

critique par Eeguab




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Edgar et Clyde
Note :

    Plus je lis Marc Dugain et plus je l'apprécie c'est un fait. Jamais déçu.
   
   Par sa façon d'aborder des sujets insolites, par son côté didactique et informatif, par son choix des sujets et de ces héros, vitrines de ces romans mi faits divers, mi-historique, cet auteur rend ses livres passionnants.
   
    Le personnage central de ce roman historique est John Edgar Hoover, le 1er directeur du célèbre Fédéral Bureau of Investigation. Nommé en 1924 directeur du B.O.I. (l'ancêtre du F.B.I.) par le président américain Coolidge, il restera à la tête de l'agence de renseignements pendant 48 ans et connaîtra 8 présidents différents et non des moindres Roosevelt... Truman, Kennedy, Nixon. Un personnage un peu dans l'ombre du "très" grand public (dont je fais partie) mais tellement important dans l'Amérique du vingtième siècle.
   
    Pour nous présenter et nous proposer son personnage, Marc Dugain choisit de relater sa vie en se plaçant dans la peau de Clyde Tolson et rend de ce fait un roman apocryphe plutôt convainquant. Mais qui est Clyde Tolson? D'ailleurs, n'est-ce finalement pas lui le héros de ce roman?
   
    Cet homme a été le collaborateur éternel d'Hoover et on soupçonne même qu'il a pu être son amant, il a partagé sa vie, ses repas, vécu les mêmes passions, a été dans le secret des Dieux pendant presque un demi-siècle. Clyde Tolson a donc été le numéro 2 du F.B.I. de 1930 à 1972, puis il en assura un bref intérim histoire de passer les dossiers au patron suivant.
   
    Côtoyant les plus grands responsables du plus grand et plus important pays du monde, se faisant aimer ou se faisant craindre d'eux, voici ce que peut imager la pensée d'Hoover dans un extrait où il s'adresse à son complice Toison : "La bataille du temps, on la gagne par la postérité. En se mettant au service des idées qui ont le plus de chances de triompher. Si par bonheur elles sont en harmonie avec tes propres convictions, alors tant mieux. Tous ceux qui ont de grandes ambitions le savent. [...] Combien de temps ça dure? Une, deux, trois générations peut-être. Pour nous le problème ne se pose pas, nous n'avons aucune descendance. [...] Nous avons surgi des ténèbres de l'Amérique profonde et silencieuse, et personne ne pourra jamais nous contraindre à y retourner. Nous tournons résolument le dos à la résignation des gens ordinaires."
   

    Voici la destinée de ces deux hommes parfaitement explicites: ils seront parmi les plus grands du monde, armés des renseignements sur les plus hauts placés, les plus puissants. Durant 50 ans, Edgar Hoover va donc œuvrer ou manœuvrer pour être au courant de tout; il va établir ou faire établir des dossiers sur tous, sur ses propres collaborateurs, sur chaque homme politique, jusqu'à même connaître les moindres détails ou travers des différents présidents qui successivement le nommeront à la tête du renseignement des USA. Craint et respecté, il valait mieux avoir Hoover avec soi que contre...
   
    Et c'est un personnage complètement dévoué à sa cause -la défense de son pays contre la menace communiste- et habité d'une morale presque sans faille que Marc Dugain nous propose dans ce roman plongé au cœur des grands hommes et des grands événements de l'histoire des Etats-Unis. Traversant le siècle et notamment la guerre froide, Marc Dugain évoque alors longuement l'emblématique famille Kennedy avec ses frasques, ses trames et ses drames, l'influence et le pouvoir de la Mafia, le MacCarthysme, l'assassinat de Martin Luther King, la baie des Cochons ou l'affaire du Watergate...
   
    Un roman à lire pour ceux qui aiment l'Histoire contemporaine et les États unis.

critique par Laugo2




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