Lecture / Ecriture
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L'affaire de Road Hill House de Kate Summerscale

Kate Summerscale
  L'affaire de Road Hill House
  La déchéance de Mrs Robinson
  Un singulier garçon

Kate Summerscale est une écrivaine britannique née en 1965.

L'affaire de Road Hill House - Kate Summerscale

Un récit passionnant
Note :

   Titre original : The Suspicions of Mr Whicher or The Murder at Road Hill House
   
   La disparition et le meurtre d'un enfant de trois ans au cours d'une nuit paisible dans une propriété bourgeoise anglaise laisse perplexe toute une population. Retour sur cette affaire qui a défrayé la chronique dans les années 1860.
   
   Passionnant! Voilà le premier mot qui me vient à l'esprit, à peine refermée la dernière page de ce livre, lu d'une traite, tant la romancière revient sur cet épisode dramatique de façon magistrale. Ce récit se lit tout d'abord comme un roman policier. Le suspens est ménagé durant les trois quart du livre et les investigations policières sont menées avec brio. Difficile de ne pas se mettre dans la peau du détective de Scotland Yard, dépêché sur place, en envisageant tous les scénarios possibles, afin de remonter jusqu'au coupable.
   
   Mais la romancière n'en reste pas là et donne à son livre une dimension plus universelle, en revenant sur le rôle de la presse dans l'analyse de ce fait divers. Réflexion aussi sur la place du détective, avec en parallèle l'émergence de grands auteurs de polars anglais. Ainsi, ce livre est bien plus que la simple reconstitution d'un fait divers sordide. L'auteure nous plonge dans le huis clos et les secrets d'une demeure familiale. Nous nous retrouvons immergés pour notre plus grand plaisir dans l'Angleterre victorienne, au cœur d'une histoire familiale faite de rivalités, de jalousies et de faux semblants.
   
   Pourtant ce livre, et je pense que là est aussi sa force, interroge également sur les grandes affaires contemporaines -l'affaire Grégory et ses dérives n'est pas loin- et fait de ce récit une histoire très actuelle, qui montre les insuffisances de la justice, de la police, et la façon dont on se retrouve pris dans la tourmente. Kate Summerscale parvient même à nous faire oublier la victime de ce crime sordide, pour brosser un portrait incisif de la nature humaine. Bref, j'ai été bluffée par ce livre, soigneusement documenté, dont l'enquête minutieuse et magnifiquement restituée, m'a transportée.
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critique par Clochette




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Une enquête trop approfondie
Note :

   Ah que je me réjouissais de la sortie en poche de "L'affaire Road Hill House", une affaire qui avait bouleversé toute l'Angleterre victorienne et qui avait aussi, je cite la quatrième de couv' "déclench[é]une hystérie médiatique sans précédent."
   
   C'est avec délice que j'avais commencé cette lecture, cornant allègrement des pages, notant au passage le caractère jusque là inviolable du Home sweet home grand-breton, apprenant aussi -et vous connaissez mon amour des mots- que «Le mot "détecter" vient du latin detegere (découvrir le toit d'une maison) et [que]l'archétype du détective est le boiteux Asmodée, "prince des démons", qui enlevait le toit des maisons pour épier les vies qu'elles abritaient.» Tout le pays s'était enflammé pour cette affaire y compris le grand Charles Dickens lui-même et chacun y allait de son hypothèse pour trouver l'assassin du petit Saville , trois ans, dernier né d'une famille bourgeoise de la tranquille campagne anglaise.
   
   La famille toute entière et la domesticité étaient soupçonnées car très vite la vie intime de ces gens apparemment si respectables se révéla nettement moins lisse qu'il y paraissait. Et la presse de se déchaîner. Avec le recul évidemment, on fronce aussi les sourcils quand on voit que la pudibonderie amène la police à faire disparaître ce qui allait s'avérer être une preuve irréfutable de culpabilité. Tout cet aspect est vraiment passionnant.
   
   Kate Summerscale a visiblement mené une enquête des plus approfondies, n'écartant aucun aspect de cette affaire sans précédent qui donna naissance au roman policier anglais mais, à trop vouloir épuiser son sujet, l'auteur épuise aussi son lecteur qui n'en peut mais de tant de digressions et de précisions qui m'ont fait bâiller à partir de la page 314 (sur 523) et définitivement abandonner la lecture de ce reportage historique. Non sans avoir auparavant feuilleté les dernières pages pour trouver le coupable!)

critique par Cathulu




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