Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La petite cloche au son grêle de Paul Vacca

Paul Vacca
  La petite cloche au son grêle
  Nueva Könisberg
  Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours...
  La société du hold-up

Paul Vacca est un auteur français né en 1961.

La petite cloche au son grêle - Paul Vacca

Du côté de
Note :

   "Chez nous" est un café du Nord de la France où tinte La petite cloche au son grêle, petite enclave de bonheur tranquille où se blottissent Aldo, le père, Paola la mère et leur fils unique, Paolo.
   
   Leur vie douce, pleine de tendresse, va être quelque peu chahutée par la découverte de Proust. La mère est ravie que son fils lise enfin, le père, se sentant mis de côté "-Ce Proust, il commence à me les briser franchement!" découvre en catimini cet auteur intimidant par le biais d'un "Abécédaire "qui lui est consacré, "Hélas, les choses se gâtent le jour où il tombe sur la lettre H, celle qui abrite Homosexualité (voir Inversion) ainsi que sur la lettre O Comme Odette mais surtout comme Onanisme." Cette lecture entraînera d'ailleurs toute la petite famille en pèlerinage à Cabourg, au Grand Hôtel...
   
   Le roman de Proust servira aussi à jouer à l'intello pour plaire aux filles, ou plutôt à celle que Paolo a remarqué depuis longtemps... La dernière "utilisation" de l'auteur de "La recherche du temps perdu" est encore plus émouvante et explique le tutoiement systématique qui m'avait un peu déstabilisée au début de ma lecture.
   
   Premier roman de Paul Vacca, "La petite cloche au son grêle", réussit le pari d'évoquer le monde de l'enfance sans mièvrerie, une enfance à la fois enjouée et tragique. Il nous montre une nouvelle fois le pouvoir de la littérature.
    ↓

critique par Cathulu




* * *



Lénifiant
Note :

   Un premier roman très apprécié dans la blogosphère.
    Je l’ai donc emprunté par curiosité, comme "Sukwann Island". Je savais que c’était l’histoire d’un jeune garçon qui se met à lire Proust, et en voit son existence bouleversée.
   
     Seulement la "Recherche" ne s’intitule pas « la petite madeleine au goût suave » ou quelque chose de ce genre…
   
   Il s’agit d’un petit roman d’apprentissage. Le narrateur a treize ans, il vit dans un petit patelin dans le nord de la France. Son père tient un café-bar sur la Nationale. Sa mère s’ennuie, et le soir elle lit des livres à son fils unique, regrettant qu’il ne lise pas lui-même et qu’il fasse tellement de fautes dans ses rédacs. Elle voudrait que son fils soit un poète ou un écrivain, pas un cafetier.
   Le père sait cela, mais il ne se fâche même pas de ce mépris!
   Ce qui est invraisemblable...
   Tout le monde s’aime dans ce récit… aucun conflit sérieux n'est mis en scène.
   
   Le garçon va bientôt se mettre à lire: Une femme qui lui plaît et qu’il contemple tapi dans un buisson près de son jardin, a oublié son livre dans l’herbe. Il s’en saisit et commence à lire. C’est la Recherche, donc il lira la Recherche…
   Sa mère s’y met, son père aussi. Tout le village va être au courant, et jouer du Proust…
   
   Ce récit n’évoque pas du tout Proust, mais plutôt la "Petite gorgée de bière" de Philippe Delerm.
   
   Ces nouvelles semblables à des rédacs de collège, étaient du même tonneau, avec la même tonalité mièvre, rendait le même son désuet d’une France profonde improbable et dépourvue de connexion d’avec le monde réel. Ce roman ressemble à une image d’Epinal, ou à une image pieuse…
   
   Honnêtement, je ne comprends pas que ce roman ait charmé tant de lecteurs...
   ↓

critique par Jehanne




* * *



A la recherche de Proust
Note :

   "Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d'un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France. Des jeux innocents aux premiers émois de l'amour, de l'insouciance à la tragédie : l'histoire tendre et drôle des dernières lueurs d'une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature". (extrait 4e de couverture).
   
   J'étais tellement sous le charme quand j'ai terminé la lecture de « Nova Koenisberg », le deuxième livre de Paul Vaca, que je n'avais qu'une idée en tête, lire au plus vite "la petite cloche au son grêle".
   
   Dans celui-ci, il est beaucoup question d'amour, l'amour d'un fils pour sa mère, d'un père pour son fils, d'un couple soudé. Il est question aussi des amours naissantes d'un jeune adolescent, entre autres, amour muet pour une cantatrice inaccessible qui le fera tomber dans la lecture de Proust, ce qui ne peut qu'enchanter sa mère, Paola, grande lectrice ..
   
   La découverte de Proust entraînera toute la famille sur des routes inattendues, celle du Grand Hôtel de Cabourg, puis une rencontre improbable avec le talentueux Pierre Arditi et l'organisation d'un spectacle auquel tout le village participera.
   
   Mais tout n'est pas rose dans ce petit monde là, et on comprend assez vite que Paola est gravement malade et que l'issue ne sera pas heureuse. Ce grave sujet est traité avec délicatesse et la scène finale serre la gorge.
   
   Beaucoup de douceur dans la description de cette famille, le père d'abord suspicieux et jaloux devant ce Proust qui est "de la jaquette flottante", puis prêt à tout pour embellir la vie de Paola, la mère en adoration devant son fils dont elle est sûre qu'il deviendra un écrivain de talent... et des personnages secondaires tout aussi attachants.
   
   Il est certain que l'on doit faire une lecture plus subtile de ce roman lorsque l'on a lu Proust, ce qui n'est pas mon cas, mais franchement çà ne m'a pas empêchée de l'apprécier. Et maintenant, il ne me reste plus qu'à me lancer dans la Recherche...
   
   Une lecture qui me confirme que Paul Vaca est un auteur à suivre.
   ↓

critique par Aifelle




* * *



Sous le signe de Marcel Proust
Note :

   Il y a mille façons d'aller vers un livre. Pour celui-ci, "La petite cloche au son grêle" de Paul Vacca, c'est l'image de la couverture qui m'a conduite à lui. Car il s'agit d'une photographie d'Aurélia Frey, ma fille. Une raison comme une autre, et pas des moindres, de le choisir, vous en conviendrez! Et puis il y aussi le titre du livre qui sonne comme une petite musique verlainienne et enfin le thème noté en quatrième de couverture : Un jeune garçon de 13 ans découvre Marcel Proust. Finalement, beaucoup de raisons pour ce choix d'un roman que j'ai beaucoup aimé.
   
   
   La clochette au son grêle, c'est celle de la porte qui tinte chaque fois que le jeune narrateur pénètre dans le café tenu par ses parents au retour de l'école, salué par la voix claire de sa mère. Une mère qui voudrait tant que son fils lise et que "ce garçon si sensible" soit reconnu à sa juste valeur par son professeur de français. Or un jour, le garçon découvre à "La recherche du temps perdu". Je ne vous explique pas comment mais disons que, parfois, l'amour fait bien les choses! Lecture qu'il va partager avec sa mère. Et le "petit Marcel", Swann, Odette, Charlus et tant d'autres personnages de la Recherche vont envahir leur vie comme s'ils étaient vivants et qu'ils s'incarnaient dans les habitants du village.
   "Et on finit par se sentir comme chez nous dans le salon de Verdurin ou les soirées des Guermantes".

    J'aime les livres qui sont à la gloire de la littérature, qui la montrent telle qu'elle est, parfois plus vraie que la vie et nous font toucher du doigt son importance et sa force dans notre quotidien!
   
    Cela ne va pas sans incompréhension de la part du père excédé par ce Proust dont il n'a jamais entendu parler et qui mène son enquête sur l'écrivain d'une manière réjouissante et pleine d'humour.
   
   Mais le ton plaisant, léger et humoristique du roman est peu à peu couvert par un petit son grêle, nostalgique comme la cloche qui sonne à la porte du bar. Un tintement qui introduit une dissonance dans le cours du récit. Peu à peu, l'on découvre la maladie de la mère, sa lutte contre la maladie. Le roman est donc aussi le récit d'une disparition. Il parle du courage, de la force morale de cette femme, de l'amour du mari et du fils pour rendre plus beaux les derniers moments de sa vie, de la solidarité des voisins qui finissent tous par se mettre sous le signe de Proust pour l'aider à mourir.
   Le récit qui s'adresse à elle est donc un émouvant hommage sensible, poétique, à cette femme aimante, imaginative et digne.
   
   Et c'est alors que la photo de la couverture prend son sens. Si je n'avais pas vu au début le rapport existant entre la petite cloche au son grêle et l'image de ce fauteuil à moitié libre, de cette femme dont on ne voit plus que le bras et un pan de la robe, le sens s'impose par la suite. Une silhouette à moitié visible, qui se dérobe, qui s'efface, qui va bientôt laisser le siège vide!
   
   "La petite cloche!
   En poussant la porte, je l'ai réveillée.
   Alors, les visages anonymes disparaissent, la vacarme du bar s'évanouit, les brumes tabagiques se dissipent; et, au bout, du comptoir, tu m'apparais.
   Oui, le tintement de la clochette a redonné vie à ton sourire, celui que tu m'adressais lorsque je revenais du collège."

critique par Claudialucia




* * *