Lecture / Ecriture
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Prières exaucées de Truman Capote

Truman Capote
  Un été indien
  Dès 10 ans: L'invité d'un jour
  De sang froid
  Petit déjeuner chez Tiffany
  Musique pour caméléons
  Prières exaucées
  La traversée de l'été
  Un arbre de nuit et autres nouvelles.
  Des cercueils sur mesure
  Un Noël
  Un plaisir trop bref

Truman Capote est le nom de plume de Truman Streckfus Persons, écrivain américain né en 1924 et décédé en 1984.

Prières exaucées - Truman Capote

Pourquoi lire un roman s'apparente à des retrouvailles
Note :

    Lire "Prières exaucées" de Truman Capote, c'est comme retrouver un ami depuis longtemps perdu de vue. Bon d'accord, un ami un peu décrépi par l'abus de drogues et d'alcool: il n'est pas au mieux de sa forme mais on est quand même content de le voir.
   
   Comme pour en rajouter à son état dépressif, Truman s'est lancé dans un projet titanesque : écrire un roman qui sera à la société huppée américaine de la seconde moitié du XXe s. ce qu'est "A la recherche du temps perdu" à l'aristocratie française du début du XXe s. Projet ambitieux qui mine Truman. Après plus de vingt ans d'écriture, de réécriture, de petits jeux avec son éditeur et de mensonges, seulement trois chapitres de ce projet étaient écrits à la mort de Truman.
   
   Trois chapitres qui esquissent bien le projet de Capote: poursuivre son exploration du "non-fiction" roman en s'attachant au microcosme chic et choc américain composé d'aristocrates exilés, d'artistes, d'éditeurs, d'acteurs, de femmes riches et libérées et des grands noms américains comme les Kennedy. Cette petite société à New York, Paris (avec une description méchante à souhait de Sartre et Beauvoir imbus d'eux-mêmes et défraîchis) ou Tanger est vue à travers les yeux d'un jeune homme, J. B. Jones, gigolo et apprenti écrivain qui tient beaucoup de Truman.
   
   Les trois chapitres ne sont pas tous de qualité égale: le premier, qui présente le personnage de J. B. Jones ainsi que ses débuts d'écrivain, de gigolo et pique-assiette m'a semblé être le meilleur, car drôle, cru et sans concession. Par contre le troisième chapitre, celui par lequel le scandale est arrivé, est plus faible. Le narrateur va dîner dans un restaurant à la mode avec l'une de ses riches amies et celle-ci lui raconte par le menu tous les scandales, les coucheries, les petites horreurs des dîneurs connus présents dans la salle. Truman Capote s'inspire de toutes ses connaissances qui n'ont eu manifestement aucun mal à se reconnaître au moment où le chapitre a été publié dans la presse et ont presque toutes refusé de fréquenter à nouveau l'auteur d'"In Cold Blood". Cette partie du roman, dans laquelle Capote abuse de sa plume acérée, s'apparente un peu trop à un journal à scandale et souligne les limites de la non-fiction.

critique par Cécile




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