Lecture / Ecriture
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Les Bostoniennes de Henry James

Henry James
  La Bête dans la jungle
  Le tour d’écrou
  Du roman considéré comme un des beaux-arts
  Le Banc de la désolation
  Washington Square
  Les Dépouilles de Poynton
  Le menteur
  Une Vie à Londres
  Les Bostoniennes
  L'élève
  Les Secrets de Jeffrey Aspern
  La Coupe d'or
  Les Européens
  Les Ambassadeurs
  Portrait de femme
  Daisy Miller
  Voyage en France
  Le Fantôme locataire
  L’autre maison
  Roderick Hudson

Ecrivain né à New York en 1843 dans une famille aisée.
Il a beaucoup voyagé et séjourné en Europe, spécialement en Grande Bretagne. Il demanda la nationalité britannique un an avant sa mort en 1916.
Il se lança très jeune dans une carrière littéraire (critiques, nouvelles, puis romans, récits de voyages et, bien plus tard, théâtre mais avec beaucoup moins de succès).
Il fut un écrivain très prolifique.

* Vous trouverez sur ce site la fiche de "Le Maître" de Colm Toibin, qui est une biographie romancée de Henry James, ainsi que celle de "L'auteur! L'auteur" de David Lodge.

Les Bostoniennes - Henry James

La confusion des sentiments
Note :

   Ma main innocente qui se tend vers ma PAL et qui prend un livre au hasard qui, sadique, la guide vers "Les Bostoniennes" d'Henry James.
   J'entends déjà tes cris, lecteur qui chérit James. Ne t'inquiète pas car je m'explique: Henry James a un don, celui de nous faire aimer les personnages que l'on déteste et de nous faire haïr les personnages auxquels on est attaché, et moi je déteste être transformée en girouette.
   
    Monde cruel : 2, Cécile : 0
   
   "Les Bostoniennes", qui se situent à Boston (et oui, James est trop fou pour trouver ses titres), nous plongent directement dans les réunions féministes dans les années 1880. Olive Chancellor, jeune vieille fille de trente ans (ça, c'est pour me rassurer sur mon âge) est une féministe plus que convaincue, pour ne pas dire fanatique, mais que sa timidité maladive empêche de parler lors des réunions publiques et d'avoir la place dont elle rêve dans le mouvement féministe. Olive s'entiche de la jeune Verena Tarrant, fille d'un guérisseur charlatan, dotée d'un exceptionnel talent rhétorique. Olive s'approprie ce talent brut et éduque, forme et instruit Verena pour la mission à laquelle elle la destine: être la porte-parole des féministes. Mais voilà, tel le loup rôdant autour de l'agneau, un lointain cousin d'Olive, Basil Ransom, sudiste et conservateur, a jeté son dévolu sur Verena. Et celle-ci nourrie depuis sa plus tendre enfance au lait des idées nouvelles se sent irrésistiblement attirée par l'inconnu, le parangon de l'homme paternaliste qui aime que la femme soit à sa place, à la maison auprès de ses enfants. Tiraillée entre ses devoirs et ses sentiments, Verena doit faire un choix.
   
   Mes convictions personnelles, et vraiment pas originales, me poussent naturellement à la sympathie vers les mouvements féministes et mon antipathie va aux machos nostalgiques du sud esclavagiste. Mais Henry James, qui lui-même défend la cause féminine, est là pour semer la pagaille dans mon esprit: les féministes sont affreusement ridicules, appelant de leurs voeux la venue d'un monde nouveau dans lequel la gente masculine aurait disparu. Et les armes de leur cause? Des thés entre femmes de la bonne société, des discours qui enfilent les clichés et les phrases creuses, des vieilles dames fatiguées qui ont épousé toutes les causes, des femmes au foyer qui cherchent à s'occuper et des filous qui s'accrochent à un bon filon à exploiter. Et de l'autre côté, un sympathique rétrograde mais que l'on ne voudrait fréquenter sous aucun prétexte.
   
   Et puis, au fil des pages, les caractères s'enrichissent, se dévoilent, les sympathies évoluent, Henry James s'amuse et ironise et, jusqu'aux dernières pages, le lecteur se laisse séduire par son art de dépeindre les caractères et les faiblesses humaines.

critique par Cécile




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