Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le Neveu d'Amérique de Luis Sepulveda

Luis Sepulveda
  Le Neveu d'Amérique
  Le vieux qui lisait des romans d’amour
  Journal d'un tueur sentimental
  L'ombre de ce que nous avons été
  La lampe d'Aladino, et autres histoires pour tromper l'oubli
  Dès 10 ans: Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler
  Dès 07 ans: Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur
  L'Ouzbek muet et autres histoires clandestines
  Le Monde du bout du monde

Luis Sepúlveda est né en 1949 au Chili et vit actuellement en Espagne.

Le Neveu d'Amérique - Luis Sepulveda

Retour aux sources.
Note :

   Luis SEPULVEDA en cavale.
    Probablement autobiographique, L. SEPULVEDA nous conte par petites touches l'itinéraire de l'enfant, à Santiago du Chili, qui fait la promesse à son grand-père d'aller un jour dans le village natal de celui-ci, en Espagne, qui traverse les années de prison, de tortures, au Chili, puis son errance, sur le continent sud américain, et enfin l'Europe.
   
   Comme toujours L. SEPULVEDA c'est de la légèreté dans le style mais de la gravité dans le ton. De la gravité teintée d'une pointe d'onirisme, très sud américain, à la façon d'un Garcia Marquez. Pas du déjanté, de l'onirique. Et du tendre, toujours tendre, L. SEPULVEDA ne perd jamais de vue la dimension humaine. Tout est toujours traité à hauteur d'homme.
   « Mon grand père. Un qui partit en Amérique. ?
   -Oui, don Angel. Un qui est parti en Amérique.
   -Tu es mon frère ?
   Au fond de moi, mon grand-père me poussait à répondre : "Dis lui que oui et embrasse le. Tous les hommes sont frères et dans la vulnérabilité de la vieillesse percent d'éternelles et fragiles vérités."
   -Non, don Angel. Votre frère Gerardo était mon grand-père.
   Le visage du vieillard prit un air grave. Il se redressa, posa ses mains nerveuses sur les genoux et m'examina de la tête aux pieds, d'une épaule à l'autre. Va-t-il me demander mes papiers ? Ou que je m'ouvre la poitrine pour lui montrer mon coeur ?
   -Maria, appela-t-il.
   De la maison sortit une vieille femme toute vêtue de noir. Elle portait ses cheveux argentés noués en chignon et elle me regarda d'un air affectueux. Alors, après s'être raclé la gorge, don Angel prononça le plus beau poème que la vie m'ait offert, et je sus que le cercle venait enfin de se refermer, car je me trouvais au point de départ du long voyage entrepris par mon grand-père. Don Angel dit :
   -Femme, apporte du vin, mon neveu d'Amérique vient d'arriver.»

   
   Des petits bouts de vie donc, par petits chapitres, ça donne envie d'aller se perdre en Patagonie.
    ↓

critique par Tistou




* * *



Voyage...
Note :

   Voici donc, la fameuse nouvelle, plus longue que le roman… «Le neveu d’Amérique» nous entraîne dans une sorte de voyage initiatique mais plus pour le lecteur que pour le protagoniste…
   
   Notre jeune héros entreprend un voyage en Amérique du Sud, suite à la requête de son grand-père, qui lui demande d’aller à la rencontre d’éventuels membres de sa famille originaire de Martos…
   
   Le voilà donc parti, à l’aventure…Tout au long de sa traversée, il nous racontera ses rencontres, ses aventures, le paysages, les anecdotes, les coutumes de ces pays… Il passera par la Patagonie, le Chili, l’Argentine et nous fera découvrir le véritable coup de cœur qu’il a eu pour tous ces endroits, dans lesquels il reviendra plus tard… tout simplement parce qu’il en est tombé amoureux…
   
   Cette nouvelle nous entraîne dans la vie des habitants, dans la réalité, elle nous fait rencontrer des personnages aux histoires invraisemblables…elle nous apprend surtout beaucoup de choses sur une façon de vivre qui n’est pas du tout la même qu’en Europe, d’où est originaire le héros (peut-être l’auteur ?)… Je n’ai pas réussi à savoir s’il fallait prendre ce récit tel quel, pour vérité ou si parfois il y avait des exagérations… mais quoi qu’il en soit, je me suis facilement laissée entraîner dans ce voyage, parfois ludique, parfois plus grave…
   Un très beau récit…
    ↓

critique par Mme Patch




* * *



Et rond, et rond, petit Patagon
Note :

    Ça ne fait pas de mal de retourner de temps en temps en Amérique Latine sous la houlette de gens comme Coloane ou Sepulveda car les institutions Garcia Marquez ou Vargas Llosa ne sont pas pour moi. Moi j'aime l'Amérique du Sud des camions, des rafiots et des coucous brinquebalants. Des gargotes avec hamacs effilochés et ventilateurs pourris. Des bières même pas fraîches et de l'agneau des estancias qu'on appelle l'asado. Dans ce récit court de 168 pages on est servi pour ce genre d'aventures. L'auteur chilien, un fameux raconteur, part d'une promesse faite à son grand-père de revoir un jour son village andalou pour un périple agité et parsemé de belles et de mauvaises rencontres.
   
    Parmi les mauvaises, on s'en doute, Le neveu d'Amérique croise quelques geôles de bon aloi à une époque où la valeur dictature se portait encore bien. Temps béni d'un mal identifiable mais ne nous égarons pas car l'intérêt du récit est tout autre. Dans tous ces personnages baroques et somptueux, grandiloquents et grotesques, qu'on croirait parfois sortis d'une bande dessinée. Le concours de mensonges en est un bel exemple, dont le vainqueur semble être un voyageur ayant déposé délicatement un pou pour alléger sa monture lors d'un rude passage dans la Cordillère, quitte à le reprendre au retour. J'sais pas si c'est vrai...
   
    Patagonie, Grand Sud, icebergs et la tombe de Panchito, un gamin infirme, mort de chagrin parce que son ami dauphin joueur, un printemps, n'est plus revenu, probablement victime d'un "bateau-usine russe, un de ces assassins des mers". Portrait de Carlos, aviateur fou de Saint-Ex et du Baron Rouge, amené à transporter le cadavre d'un aristocrate argentin dans son Pipper, sous la menace de ses hommes de main. Longues discussions avinées avec l'Anglais voyageur Bruce Chatwin en particulier sur le souvenir des célèbres Robert LeRoy Parker et Harry Alonzo Longabaugh, tumultueux individus ayant peut-être fini leurs jours dans ces coins perdus du continent sud-américain. De cela on n'est pas sûr, d'autres sources chagrines ramènent Butch Cassidy et le Kid, car c'étaient eux, mourir en Amérique du Nord. Forcément moins bien.
   
    Quel baratineur ce Don Luis Sepulveda, s'il croit que je vais gober tout ça et prendre ses histoires pour cruzeiro ou bolivar comptant... Son militantisme et son anarchie ne sont pas ce que je préfère. Mais qu'est-ce que je m'en fous et qu'est-ce que j'ai aimé ce tissu de vrai faux. De la belle littérature qui donne envie de prendre le Patagonia Express (titre original), puis de monter en selle pour le premier bordel andin et de mettre les voiles aux confins.

critique par Eeguab




* * *