Lecture / Ecriture
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On ne peut compter sur personne de Patricia Highsmith

Patricia Highsmith
  On ne peut compter sur personne
  L'inconnu du Nord Express
  Carol
  L’Empreinte du faux

Patricia Highsmith est le nom de plume de Mary Patricia Plangman, auteure américaine de thrillers policiers. Elle est née dans le Texas en 1921 et est décédée en Suisse en 1995.

On ne peut compter sur personne - Patricia Highsmith

9 nouvelles
Note :

   Ce recueil fût publié une année après la mort de Patricia Highsmith. Il s’agit de nouvelles et donc bénéficiant de possibilités de développement moindres que pour ces romans. Néanmoins ces neuf nouvelles témoignent du bel esprit d’imagination de Patricia Highsmith. Des genres diversifiés, certaines franchement policières, d’autres plus “sociétales”. Leur point commun pourrait être simplement les zones de rupture, de faiblesse de l’âme humaine. Le point où celle-ci perd son formatage, sa cohérence pour basculer dans l’irraisonnable, la perversité, le simple bon sens.
   
   La première, au titre éponyme, est franchement policière, et nous fait assister au dérèglement mental, la perte du bon sens d’un homme qui a cru avoir accompli le crime parfait. Et puis … non, vraiment, on ne peut compter sur personne. C’est vrai que pour un crime, surtout s’il doit être parfait, autant compter d’abord sur ses propres ressources, c’est manifestement plus sûr!
   
   Parmi les plus marquantes, la troisième “La Babby-sitter” et la cinquième “La dérive du Emma C” qui nous narre le repêchage improbable d’une belle naïade perdue en mer par un petit chalutier et son équipage, et le chaos qui va s’ensuivre dû à l’aveuglement des hommes hypnotisés par cette beauté soudain apparue. Pas franchement policier mais il y a du mort, tout de même!
   
   La septième “Photo à l’arrivée” nous fait à nouveau, comme la première, dans le côté “grain de sable” qui fait foirer une belle “combinazione”, dans le cadre d’un meurtre bien sûr, Patricia Highsmith oblige!
   
   La huitième “Le suspect” nous interpelle davantage nous, français, puisqu’elle relate les mésaventures d’un couple anglais venu s’installer dans une chaumière de notre belle campagne française et qui voit le mari désigné comme bouc émissaire d’un meurtre par la vox populi. Au passage on appréciera ce que trahit cette nouvelle de la manière dont nous perçoivent les anglo-saxons; rustiques, limite grossiers, carrément limités, … Ben voyons!
   
   La dernière “La longue marche hors de l’enfer” sort un peu de l’épure, pas celle de l’absurdité mais celle du polar puisqu’elle traite d’un pauvre paysan italien contraint à des actes inimaginés par lui pour se tirer du guêpier créé par son excommunication décrétée par le curé du lieu mécontent de voir ce paysan refuser de lui céder le lopin de terre qu’il revendique pour étendre le cimetière local.
   
   De belles nouvelles, qui ont du sens et de la portée, et qui témoignent d’un certain désabusement de la dame Highsmith.

critique par Tistou




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