Lecture / Ecriture
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Croco-deal de Carl Hiaasen

Carl Hiaasen
  Cousu main
  Queue de poisson
  Croco-deal
  Dès 10 ans: Comme un poison dans l'eau
  Pêche en eau trouble
  Mauvais coucheur

Carl Hiaasen est un journaliste et romancier américain (enfants et adultes) né en 1953 en Floride.

Croco-deal - Carl Hiaasen

C’est moi ou c’est lui …?
Note :

   C’est-y moi ou c’est lui? Quasi inconditionnel de Carl Hiaasen, j’ai trouvé ce «croco-deal» … mou du genou. Mais l’est-il ou serait-ce moi qui me lasse? Ce n’est pas à exclure car les préoccupations et la manière de les exprimer de Carl Hiaasen sont très … récurrentes!
   
   On le sait, Carl Hiaasen est journaliste en Floride. Son cheval de bataille est la dénonciation des diverses dérives dont souffre cette même Floride et d’ailleurs les USA plus globalement. On le sait, il le fait par le biais d’un humour débridé, d’un côté absurde et excessif qu’il revendique. Mais le modus operandi est toujours un peu le même: la canaille désignée plutôt bête et caricaturale, les chevaliers-blancs généralement de «basse extraction», plutôt pauvres, un peu marginaux, et des personnages secondaires ou accessoires carrément loufoques, limite sortie H.P.. Et, chose étonnante, la dégradation physique de la canaille est un passage quasi obligé, comme si le paiement de ses fautes se faisaient aussi au détriment de son corps?
   On n’y coupe pas ici non plus mais la répétition se fait un peu lassante et prévisible.
   
   « Dans la pénombre, Piejack, prostré et haletant, repèra sur ses habits sentant le poisson et sa peau rougie par le soleil un semis hérissé de fines épines. Une sensation urticante continue lui permit de dresser mentalement le plan d’un schéma de perforations, se déployant de son front à ses tibias. Etaient miraculeusement épargnées les extrémités sensibles qui dépassaient de la gaze crasseuse de sa main gauche. Malheureusement, suite à la bourde chirurgicale, son index et son pouce étaient à présent si éloignés l’un de l’autre et adoptaient des angles si fâcheux qu’ils rendaient impossible le mouvement de pince le plus simple. Par conséquent, Piejack dut se fier à sa main droite plus faible et moins habile pour retirer les minuscules épines de cactus dont le nombre, d’après ses calculs, dépassait la centaine.»
   
   Là c’est tout en vrac le harcèlement des télémarketeurs et la sensibilité écologique (bien mise à mal en Floride apparemment) qui sont les moteurs du roman.
   Honey, séparée de son ex, Perry, (mais qui tiennent toujours l’un à l’autre), a un comportement un peu … perturbé. Entre autres, dans certaines circonstances de stress elle entend deux musiques différentes qui se combattent dans sa tête et la rendent un peu … folle. Elle devient justement folle du harcèlement de Boyd Shreave, abruti classique de chez Hiaasen, télémarketeur de son état. Elle n’a de cesse de retrouver le personnage et lui donner une leçon. Sa conception de la leçon étant ce qu’elle est, on dérape vite dans la folie furieuse et il y a mélange des genres avec pas moins d’une dizaine de personnages à l’importance quasi égale. C’est lourd et nuit à la crédibilité.
   Dommage!
   ↓

critique par Tistou




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Vive la nature!
Note :

   Et bien je ne peux pas dire que ce livre m'a convaincue. Une semaine pour le terminer! Même avec les meilleures excuses du monde – eh oui j'ai parfois une vie très occupée -, on ne peut pas dire que j'ai eu une envie irrépressible de me précipiter pour lire plusieurs chapitres même en étant totalement hors service.
   
   Je dirais, à la limite, que le titre en français donne une idée de l'humour parfois limite de l'auteur. NB, le titre en anglais traduit davantage une des idées de l'ouvrage: "Nature girl". Et oui, encore une fois le passage en français démontre une imagination fertile.
   
   Il est certain que "Nature girl" donne une excellente image de l'amour de Carl Hiaasen pour la Floride, qu'il sait parfaitement retranscrire dans cet ouvrage (car oui il existe des points positifs à cette lecture). Une nature omniprésente dans le quotidien des personnages, dans le corps de l'histoire car ils vont tous se retrouver sur une île au milieu de centaines d'autres, un huis clos où tout peut arriver, où tout va arriver. Mais avant cela, la moitié du bouquin sera passée avant que tous nos acteurs se trouvent réunis et, même si l'auteur nous plante le décor, nous explique habilement ce qui va les "rassembler", j'ai trouvé cela long, trop long.
   
   La présentation de l'éditeur nous dit que Carl Hiaansen est 'le maître incontesté du polar déjanté". Pffft je veux bien que certains de ces personnages soient plus dingues les uns que les autres, que les extrêmes de la nature humaine soient clairement représentés mais là j'ai trouvé cela vraiment un peu trop pour un polar. Bref, mon humour ne doit pas vraiment correspondre au sien ou alors je n'attendais vraiment pas la même chose que lui dans cette histoire.
   
   Tout avait pourtant pas mal commencé via le banal accident d'un touriste qui entraîne son décès;  son guide étant un métis séminole, la peur gagne rapidement ce personnage qui planque ce cadavre et décide de se faire oublier. Pouf! nous passons au personnage d'Honey, LA "Nature girl" qui, comme nous le verrons plus tard croit en une certaine forme de rédemption grâce à la nature. Un peu déjantée mais avant tout une mère qui aime son fils et ne supporte pas la bêtise humaine ou la grossièreté. Sa rencontre téléphonique avec un démarcheur la lance dans une des crises dont elle a le secret et que rien ne peut arrêter! De l'autre côté du téléphone un homme flasque, imbu de lui-même, la caricature extrême du beauf. Nous allons découvrir sa vie, son œuvre avant de le retrouver en Floride grâce aux bons soins de Honey.
   
   Quand je vous disais que la mise en place était un peu longue à mon goût car il manque encore bon nombre de personnages, mais je m'arrête là et vous laisse libre de découvrir la flopée de fous, ou profiteurs qui pullulent dans ce bouquin. Si vous vouliez une raison de plus pour le lire, je vous dirais que l'auteur tape avec allégresse sur les touristes sous toutes leurs formes et ce sont réellement des déjantés!!!

critique par Delphine




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