Lecture / Ecriture
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Maléfices de Maxime Chattam

Maxime Chattam
  Carnages
  L'âme du Mal
  Maléfices
  In Tenebris
  Le 5e règne
  Les arcanes du chaos
  La théorie Gaïa
  Ados: Autre monde T1: l’Alliance des Trois
  Ados: Autre monde T2: Malronce
  Le requiem des abysses
  Leviatemps

Maxime Chattam est un auteur français de romans policiers né en 1976.

Maléfices - Maxime Chattam

Bien tissé
Note :

   Dernier volet de la trilogie du mal, qui peut se lire dans l’ordre où le désordre, «Maléfices» commence par la découverte d’un corps, au visage figé de peur, dans la forêt d’Oregon. Par la suite, des femmes sont enlevées pendant la nuit et de nombreux cas de victimes de piqûres d’araignées sont répertoriés à Portland. Tout semble pointer vers une épidémie d’araignées dont certaines seraient géantes? Les enquêteurs Brolin et O’donnel se réunissent alors encore une fois pour traquer un tueur en série des plus dérangés.
   
   J’aime bien la manière dont Chattam documente son histoire, il nous en donne un peu plus que le thriller conventionnel. Le prologue du cadavre encore vivant et par la suite, les indices de l’araignée géante qui attaque, nous mettent rapidement en appétit pour un suspense habile. On apprend trop vite de quoi il en ressort, mais malgré les révélations précoces, j’ai dévoré les pages.
   
   Monté comme un scénario de film américain, ce thriller est d’une grande efficacité et confirme le talent du jeune écrivain. La compétition dans le genre accorde peu d’importance à la qualité de l’écriture, celle de Chattam elle, est soignée. Si les personnages sont en cartons, comme c’est souvent le cas avec ce type de livre, au moins l’intrigue est savamment documentée.
   
   Sans rien révolutionner, il s’agit ici d’un roman se démarquant par une bonne dose de morbide et des moments terrifiants. En dépit de la taille de la bête, c’est une lecture aisée qui fournit son lot de frissons et un suspense soutenu, tissé de fils de soie…
   
   
   Trilogie du mal :
   
   1 - L’âme du mal
   2 - In tenebris
   3 - Maléfices
    ↓

critique par Benjamin Aaro




* * *



Pris au piège de la toile tendue par Chattam…
Note :

   Portland, Oregon, au printemps. Dans une clairière au fin fond d’une forêt sauvage est retrouvé le cadavre d’un employé de l’environnement, figé pour l’éternité dans une mimique de terreur. La base de son cou est enflée, comme s’il portait trace d’une morsure d’animal. Peu après, suite à des indications anonymes, c’est un second cadavre que les policiers découvrent en pleine nature, soigneusement emballé dans ce qui ressemble à un cocon de toile d’araignée, le visage recouvert d’une expression d’horreur. Un tueur en série sévirait-il ? Parallèlement, en ville, de nombreuses personnes sont mordues par des araignées venimeuses. Une peur panique déferle alors: quel dangereux psychopathe se cache derrière ces actes monstrueux? Joshua Brolin, détective privé et Annabel O’Donnel, de la police de New York, prennent l’enquête en main.
   
   Ce policier est le troisième opus de la «Trilogie du mal», après «L’âme du mal» et «In tenebris». J’avais déjà lu «In tenebris» que j’avais plutôt bien apprécié. Je trouve que ce troisième volet est assez inégal: le début et le milieu ne m’ont guère captivée; c’est l’aspect morbide et glauque des descriptions de cadavres qui m’a déplu. Maxime Chattam entraîne sans cesse son lecteur dans des salles d’autopsie, aux côtés de médecins légistes. D’ailleurs, le prologue (se déroulant à Portland, en juin 2001) nous place d’emblée dans l’atmosphère délétère du roman: les descriptions sont crues, souvent techniques et nous entraînent vers le domaine de l’horreur et de l’insoutenable. Il m’a semblé que l’intrigue était vraiment très (trop?) sophistiquée et tarabiscotée. Le tueur en série met un soin extrême et pathologique à «faire vivre» (si je puis dire…) sa scène de crime, en emballant par exemple les corps dans du cocon d’araignée et en les plaçant toujours à proximité de l’eau. Tout l’art de Joshua Brolin, notre détective privé, sera de réaliser le profilage du tueur.
   
   Quand l’enquête s’installe, la lectrice que j’étais a déjà été plus intéressée: le mystère, l’énigme m’ont captivée. Qui est ce tueur? Selon quelle logique agit-il? Pourquoi supprimer ces victimes selon ce scénario machiavélique? La fin m’a réellement passionnée et séduite, c’est pourquoi j’attribue au final cette note de 3 étoiles sur 5: les rebondissements sont multiples, l’action au rendez-vous, on doute sans cesse sur l’identité du tueur.
   
   J’ai trouvé que l’écriture de l’auteur présentait parfois des maladresses, que ce roman était tout de même un peu trop long (plus de 500 pages). Pour conclure, je dirai que la fin rattrape bien le début et le milieu. Un scénario à la Jean-Christophe Grangé, autant dans les sophistications de l’intrigue que dans le côté glauque. On pourra apprécier la relation chaste entre Joshua et Annabel, qui sort un peu des clichés.
    ↓

critique par Seraphita




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Le Noir français
Note :

   Il y a quelque chose d'étrange dans les forêts d'Oregon. C'est d'abord le cadavre d'un garde-forestier que l'on retrouve, présentant sur la nuque une étrange marque de morsure, comme celle d'une araignée géante, ce que confirme la concentration de venin d'arachnide dans son sang, suffisante pour tuer un cheval. Au même moment, plusieurs maris signalent successivement la disparition de leur femme pendant la nuit, dans des conditions pour le moins mystérieuses: aucune trace d'effraction, comme si elles étaient parties de leur propre chef, ni de lutte, comme si elles avaient suivi volontairement un éventuel ravisseur, les femmes disparaissent sans emporter le moindre effet personnel, même pas leurs papiers, pendant que leur mari se trouve plongé dans un sommeil un peu trop profond pour être tout à fait naturel. Ces deux affaires semblent n'avoir aucun lien entre elles, jusqu'à ce qu'on retrouve le corps d'une de ces femmes, nue, tondue, entièrement vidée de son sang et de ses organes, emprisonnée dans un cocon à taille humaine fait de soie d'araignée naturelle, et, surtout, présentant une expression de terreur intense sur le visage, exactement la même que celle du garde-forestier retrouvé dans une clairière infestée de veuves noires, qui sont parmi les araignées les plus dangereuses pour l'homme. Alors, qui se cache derrière ce qui semble se profiler comme une série de meurtres, cette mise en scène macabre, effrayante, cette fascination étrange pour les arachnides? Joshua Brolin, ancien inspecteur de police, spécialiste du profilage et s'étant reconverti en détective privé suite à la mort de sa compagne lors d'une de ses enquêtes, et Annabel O'Donnel, inspectrice du NYPD, viennent apporter l'enquête à Lloyd Meats, inspecteur vieillissant mais extrêmement réputé. Tous trois sont fermement résolus à arrêter ce criminel, quel qu'il soit, afin que la macabre série ne s'allonge pas...
    
   
   Encore un Français qui s'essaie au polar américain, pense-t-on dès les premières pages, en découvrant les personnages et le lieu de l'action. Encore un émule d'Harlan Coben et de Patricia Cornwell, qui va nous bassiner avec ses connaissances sur les méthodes d'investigation à l'américaine - entendez ultra sophistiquées - et sur les sciences médico-légales, dont aucun détail morbide ne nous sera épargné (la scène d'ouverture du roman, sur une table d'autopsie, est digne d'un film d'horreur). Pourtant, Maxime Chattam parvient à éviter ces deux écueils, et se concentre sur l'enquête criminelle menée à l'ancienne, avec visite sur les lieux du crime, témoignages, interrogatoire des suspects, recherches d'indices et de recoupements...
   
    Le choix des personnages est plutôt judicieux, si l'on admet qu'un détective privé et qu'une inspectrice du NYPD s'incrustent dans une enquête qui a priori ne les concerne absolument pas. Admettons également, même si cela paraît plus difficile à croire encore, que le propre frère d'une des victimes, inspecteur de police, soit chargé de l'enquête. Admettons enfin que Chattam écrive par moments une langue incorrecte ("des fois", "de suite"...). Une fois tout cela accepté et entériné par le lecteur, reste une intrigue vraiment originale, rigoureusement construite, s'appuyant sur de multiples rebondissements, bien amenés par les nombreuses fausses pistes sur lesquelles l'auteur s'amuse à nous balader, créant un dénouement à tiroirs parfaitement maîtrisé.
   
   Le style est simple et concis, mais pour une fois, il n'y a pas matière à le lui reprocher, tant le roman se révèle finalement agréable à lire, extrêmement prenant, voire palpitant. Il ne reste plus au lecteur qu'à ne pas être arachnophobe (sinon, gare aux sueurs froides, car il est tout de même question de ces charmantes petites bêtes pendant près de six cents pages!) pour se plonger dans la lecture plaisante de ce roman parfois à la limite du gore, mais reposant sur des personnages attachants, présentant chacun une faille personnelle, plus ou moins bien dissimulée, et aux motivations complexes, mais surtout sur de solides connaissances de criminologie et de médecine légale, qui ne sont pourtant distillées qu'avec parcimonie, pour ne pas étouffer le lecteur.
   
   Une dernière précision toutefois : même si ce roman est censé être la conclusion d'une trilogie, il se suffit parfaitement à lui-même, tant il est savamment construit. Enfin une bonne surprise dans le genre policier français, il était temps (et qu'on ne me parle pas de Thilliez ou de Bauwen!).

critique par Elizabeth Bennet




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