Lecture / Ecriture
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La fille de l’Irlandais de Susan Fletcher

Susan Fletcher
  La fille de l’Irlandais
  Un bûcher sous la neige
  Avis de tempête
  Les reflets d'argent

Susan Fletcher est une romancière britannique née à Birmingham en 1979.

La fille de l’Irlandais - Susan Fletcher

À la recherche de ses origines
Note :

   "Mon grand-père m'avait dit un jour, après son veuvage, qu'il n'y avait plus de joie. Le bonheur revient, m'avait-il dit, on retrouve le rire, on apprécie les bonnes choses que le monde vous offre et on sourit de nouveau. Mais la vraie joie a disparu. On a un sentiment de manque permanent."
   
   Eve a 7 ans lorsque sa mère meurt brutalement. Élevée par ses grands parents au pays de Galles, elle est à la recherche de ses origines. Elle ne sait en effet pas qui est son père, cet "Irlandais" dont sa grand mère lui interdit de parler.
   
   Elle est aujourd'hui âgée de 29 ans, et enceinte de Daniel, de 16 ans son aîné, qu'elle a rencontré lorsqu'elle était encore cette enfant solitaire à la recherche de ses origines. Elle retrouve dans la boîte à chaussures de sa mère les lettres et mots que cette dernière a laissés et par ce biais des traces de son père.
   
   J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman et je n'ai pas été déçue. A peine ouvert, je n'ai plus pu le lâcher. Tout m'a subjuguée: la description de sa mère, femme mystérieuse que l'héroïne apprend à connaître après sa mort, ses relations pleines de tendresse avec ses grands parents, la vie dans ce village dont les habitants cultivent les mystères, l'enquête policière. Ce récit initiatique m'a littéralement tenue en haleine. C’est aussi un très beau roman d'amour, à plus d'un titre. C'est un livre sur le deuil enfin. Bref, une belle surprise et la découverte d'une talentueuse romancière.
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critique par Clochette




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Appartenance
Note :

   "Brandis le passé face au vent, ouvre la main, et laisse-le partir".
   
   J'ai été tellement séduite par "un bûcher sous la neige" que je n'ai pas tardé à me procurer le premier roman de Susan Fletcher. Bon, je dis tout de suite qu'il est un cran en-dessous, mais que c'est quand même une bonne lecture.
   
   Les ingrédients sont déjà là. Eve, une fille sauvage et rebelle, qui perd sa mère à huit ans et se retrouve chez ses grands-parents, dans le pays de Galles. Un homme, Daniel, aimé avec constance et obstination. La nature, les éléments, le poids des origines, la violence collective.
   
   Eve n'a jamais connu son père et en arrivant dans la ferme de ses grands-parents, elle saisit très vite qu'il n'était pas apprécié cet Irlandais aux cheveux roux, comme elle. Il s'est d'ailleurs envolé dès que l'enfant a été conçu.
   
   Malgré tout, Eve essaiera patiemment de recueillir tous les renseignements qu'elle pourra sur cet homme, en se liant avec l'étrange Billy, qui vit à l'écart des autres. Dans le même temps, la vie du village va être troublée par la disparition d'une petite fille, jamais retrouvée, évènement qui va en déclencher d'autres, presque aussi dramatiques.
   
   L'histoire fait un va-et-vient entre le passé et le présent, Eve enfant, et Eve adulte, enceinte à son tour, décryptant le passé amoureux de sa mère, l'attitude de ses grands-parents, son amour à elle pour Daniel, ce qui a été, ce qui peut vivre à l'avenir dans ce lieu battu par les vents.
   
   On sent très fort l'attachement d'Eve à sa famille, à son environnement, à la nature, au Pays de Galles. Les personnages sont fort bien campés, les grands-parents tendres et attachants, au final un roman hautement recommandable. Je l'ai juste lu un peu trop vite après avoir laissé la petite Corrag, inoubliable...
   
   "Pour la première fois, je faisais partie d'un ensemble. Tout d'un coup, je ne croyais plus aux étoiles, ce n'était plus la peine. Je venais du Pays de Galles, pas du ciel nocturne. Je venais de gens qui avaient les ongles sales et qui parlaient une tout autre langue. C'était une pensée puissante, étrange. Je me sentais comme une perle enfilée sur un collier, une feuille sur un arbre. D'immenses mains invisibles m'emportaient dans une chambre secrète où se trouvaient d'autres personnes qui me connaissaient, et ma mère était parmi eux. Le même sang, les mêmes os. M'attendaient-ils depuis toujours? Mes ancêtres. J'ai prononcé le nom, il me plaisait".

critique par Aifelle




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