Lecture / Ecriture
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Rebecca de Daphné du Maurier

Daphné du Maurier
  Le Monde infernal de Branwel Brontë
  Le Général du Roi
  L'Auberge de la Jamaïque
  Rebecca
  L'Amour dans l'âme
  Le bouc émissaire
  La maison sur le rivage
  La chaîne d'amour
  Le vol du faucon
  Ma cousine Rachel

Ecrivain britannique, née en 1907 et décédée en 1989.

Tatiana de Rosnay lui a consacré un livre : Manderley for ever.

Rebecca - Daphné du Maurier

«Last night I dreamt I went to Manderley again... »
Note :

   # Résumé de l’éditeur #
   
   "En épousant Maxim de Winter, la narratrice a-t-elle pris conscience qu'elle liait désormais son existence à une mystérieuse demeure, Manderley, et à un fantôme, Rebecca, la première épouse de Maxim ? A travers Manderley, par la voix de Mrs. Danvers, la gouvernante, dans les réactions de Maxim, à l'occasion d'événements apparemment futiles, il semble que Rebecca continue d'exercer une influence à la limite du surnaturel et du morbide. Peu à peu l'angoisse se précise. Rebecca est morte noyée et plusieurs indices permettent de supposer qu'il ne s'agit ni d'un suicide ni d'un accident. Avec une puissance d'évocation toute en nuances, Daphné du Maurier fascine le lecteur et l'entraîne à la découverte d'inquiétantes réalités sans quitter le domaine familier de la vie quotidienne. Les moindres détails se chargent de signification, l'atmosphère de sourde hostilité dessine peu à peu les contours d'un drame dont la défunte Rebecca est à la fois la victime et l'inspiratrice. "
   
   # Mon Avis #
   
   J'avais déjà lu ce roman en primaire et j'avais adoré. J'ai voulu le relire, pour retrouver cette ambiance si particulière...
   ...je n'ai pas été déçue.
   
   C'est un roman extrêmement fort, puissant. L'ambiance est palpable, oppressante. Il se dégage de ce livre une véritable atmosphère, inoubliable, chargée de silences, de secrets, et de suspense.
   
   Quant aux personnages, ils sont fouillés. On vit avec l'héroïne, on partage sa souffrance, son angoisse, ses espoirs. C'est aussi un roman très psychologique.
   
   Heureusement, quelques touches d'humour, surtout au début, allégent ce récit empreint de noirceur. Je suis également tombée sous le charme des descriptions de Manderley.
   
   Bref, une sublime lecture, entre le roman d'amour et le policier à la Wilkie Collins. J'adore.
   ↓

critique par Morwenna




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Chef-d'oeuvre du roman gothique
Note :

   "Lorsqu'elle épouse le riche et séduisant Maximilien de Winter, la jeune héroïne de ce roman, jusqu'ici demoiselle de compagnie d'une horrible femme, se met à croire aux contes de fées. Elle découvre avec ravissement sa nouvelle demeure, Manderley, aux allures victoriennes, sur la côte Ouest de l'Angleterre. Désormais, elle doit administrer cet immense manoir, avec sa horde de domestiques, et assumer toutes les tâches mondaines d'une aristocrate anglaise. Mais peu à peu, l'héroïne comprend que, en sus de devoir diriger des domestiques qui refusent de lui obéir eu égard à sa modeste extraction, et de devoir s'imposer au sein de la haute société britannique, elle va avant tout devoir lutter contre le fantôme de Rebecca, l'ex-femme de Maximilien, morte noyée dans d'étranges circonstances, et dont l'ombre continue à planer au-dessus de Manderley et surtout, sur le coeur de Maximilien, sujet à d'étranges accès d'humeur..."
   
    Un chef-d'oeuvre du roman gothique, à mi-chemin entre le roman policier, le fantastique et le drame psychologique et bourgeois. L'histoire d'une lutte perdue d'avance entre une jeune femme timide et un fantôme à l'écrasante présence.
   
   Un roman au suspense omniprésent, qui vous tiendra en haleine jusqu'à la dernière ligne, jusqu'au magnifique dénouement. L'héroïne se révèle peu à peu au cours de ce roman, devenant plus assurée, plus réfléchie, plus sensuelle, en un mot, devenant une vraie femme, à l'image de Rebecca, la défunte qui finit par la hanter elle-même. L'intrigue est très bien construite, laissant subsister bien des zones d'ombres (notamment sur Maximilien, sur la gouvernante encore attachée à Rebecca, sur les circonstances de la disparition de celle-ci...) qui ne seront dévoilées que dans les dernières pages du récit.
   
    Daphné du Maurier se livre ici à une véritable parodie des romans policiers et fantastiques de son époque, avec au passage une satire du puritanisme ambiant. Un style remarquable, surtout en anglais.
   
   Un grand classique dont le succès n'est pas usurpé. Bonne lecture!
    ↓

critique par Elizabeth Bennet




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La maîtresse de Manderley
Note :

   Curieusement, moi qui aime tant l'Angleterre et ses auteurs, je n'avais encore jamais lu un seul Daphné du Maurier, alors que "Rebecca" me tente depuis l'adolescence (hum, j'ai dû repérer ce roman en choisissant un Danielle Steel car il fut un temps où je lisais Danielle Steel - l'adolescence est parfois une période difficile).
   
   J'avais beaucoup d'idées fausses concernant "Rebecca". J'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'une histoire de fantômes, un roman dans lequel l'héroïne était poussée à bout par les souvenirs voire le fantôme même de Rebecca, ou peut-être quelque chose de romantique à la Brontë, avec une Rebecca encore vivante et cachée dans une partie de Manderley. J'imaginais une fin heureuse après moult frayeurs.
   
   "Rebecca" est en réalité un roman davantage psychologique que mystérieux, même si peu à peu l'histoire sombre de Manderley est dévoilée. Mais de quoi parlons-nous en fait? La jeune narratrice est employée comme dame de compagnie et fait avec sa riche patronne un séjour à Monte Carlo. C'est là qu'elle rencontre Mr de Winter, veuf séduisant propriétaire d'une somptueuse demeure anglaise, Manderley. Celui-ci la demande rapidement en mariage et les voilà partis pour l'Italie, puis Manderley. Malheureusement pour la jeune et heureuse mariée, l'ombre de l'ancienne femme de Mr de Winter, plane toujours. La lugubre Mrs Danvers semble n'éprouver que mépris pour la nouvelle Mrs de Winter qui se sent peu à l'aise en tant que nouvelle maîtresse de Manderley, et sans cesse des commentaires glanés ici et là lui font penser que Maxim ne l'a épousée que pour avoir un peu de compagnie, alors que Rebecca était un être bien plus séduisant, intelligent et remarquable qu'elle, si insignifiante. Rapidement des tensions se créent entre elle et Mrs Danvers, tandis que Maxim de Winter redevient morose. Son mariage semble être déjà un échec. C'est alors qu'on retrouve le petit bateau avec lequel Rebecca de Winter avait fait naufrage...
   
   Comme je l'ai dit, "Rebecca" est assez différent du roman plein de mystères auquel je m'attendais (soit un roman hanté par des fantômes, soit des personnages inquiétants faisant sombrer l'héroïne dans la folie). Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un vrai page-turner qui m'a donné envie de découvrir l'adaptation mais aussi de lire d'autres Du Maurier (ce que je m'interdisais jusqu'ici car je voulais commencer par "Rebecca"). On peut parler d'un roman à suspense dans lequel les personnages sont soigneusement dépeints. L'intrigue repose essentiellement sur Rebecca, dont la narratrice sait bien peu au début mais qui finalement semble s'insinuer dans toutes ses relations et la tourmenter au quotidien, mais l'intérêt du récit repose aussi sur l'évolution de la narratrice, à travers ses relations avec son mari et les domestiques (elle-même passe de dame de compagnie à maîtresse de maison, dans une demeure plus habituée à voir des grandes dames que des oiseaux tombés du nid).
   
    Le personnage de Rebecca est lui-même plus complexe que ce à quoi je m'attendais: je pensais qu'il s'agissait de la femme idéale qui ainsi ne peut être oubliée ni remplacée, mais Rebecca est finalement bien différente de cela.
    ↓

critique par Lou




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C'est quoi votre prénom déjà ?
Note :

   Ayant presque tout oublié de l’intrigue de ce roman, célèbre pour l’adaptation qu’Hitchcock en fit, je me suis lancée dans cette lecture, d’une jeune fille seule au monde, sans argent ni famille, demoiselle de compagnie d’une vieille harpie. Première moitié du 20 e siècle, à Monte-Carlo, où sa patronne séjourne pour quelques jours. Elles y font connaissance de Maxim de Winter, riche propriétaire du domaine de Manderley situé à l’ouest de l’Angleterre au bord de la mer.
   
   Il a 42 ans, a perdu sa femme récemment qui s’est noyée son voilier ayant coulé. Il est morose, mais très vite, il se plaît dans la compagnie de??? : On ne saura pas le prénom de l’héroïne ; elle parle à la première personne, et son nom n’est jamais mentionné : tour à tour, c’est " vous ; mademoiselle, Madame, madame de Winter, la nouvelle Madame de Winter, ma chère, ma chère petite, ma chérie, mon enfant…"
   
   On peut dire que le prénom de la sinistre Rebecca, ne lui aura pas permis d’officialiser le sien, même pour le lecteur!
   
   La jeune fille trouve à Maxim de Winter quelque chose de médiéval ; elle en tombe amoureuse : il est riche, gentil avec elle, encore très avenant pour son âge. Le mariage proposé apparaît comme un conte de fée.
   
   Cependant, arrivés à Manderley, le nouvelle Mme de Winter, doit affronter la gouvernante Mme Danvers, qui vit dans le culte de Rebecca disparue, vient se recueillir dans son ancienne chambre gardée en l’état. En effet, Rebecca c’était l’œuvre de Mme Danvers qui l’a élevée, et lui a permis d’être ce qu’elle était. Rebecca, dressée par elle, lui permettait, par procuration, d’assouvir une vengeance personnelle contre les maîtres, spécialement les hommes. Et bien sûr, Mme Danvers adorait Rebecca, sa créature.
   
   Tout cela la nouvelle venue ne le saisit que partiellement. Elle sait devoir se méfier de la domestique, mais n’y parvient pas. Maxim revenu à Manderley, reste triste et préoccupé. Il aime toujours Rebecca et en pense qu’à elle, se dit la jeune épousée. Elle ne comprend pas bien la situation, et nul ne vient l’éclairer. Puis, elle se sent inutile, inférieure à la précédente femme, qu’elle imagine parée de toutes les qualités. N’ayant pas l’habitude d’être servie, elle ne sait quoi dire aux domestiques, et fait semblant de s’occuper. Autrefois, elle dessinait, mais ici on lui dit "c’est un joli petit talent que vous avez là", cependant ce n’est pas le genre de discipline à laquelle s’adonnent les femmes de son rang. Les propriétaires du coin chassent, font de l’équitation, du golf, les femmes ont de belles toilettes. On s’adonne aussi à la voile. Justement en se promenant avec le chien vers la mer, la jeune femme trouve une maisonnette dans laquelle Rebecca avait coutume de séjourner, et de se reposer de ses virées en mer. Pas seule, d’après ce que lui dit Ben, un brave homme retardé mental, mais observateur.
   
   Le roman est assez pénible à suivre, surtout les pensées et imaginations de l’héroïne, ennuyeuses à souhait. Je les ai passées. La description des mœurs de l’aristocratie de province est assez bonne, les descriptions de la nature soignées, mais moins intéressantes que la Cornouaille de "l’Auberge de la Jamaïque". L’intrigue est menée avec beaucoup de lenteur. Pour ce qui est des personnages, Miss Danvers domine la distribution. Le portrait qui est fait de Rebecca est tout de même assez conventionnel, on l’espérait plus développé. Les autres personnages sont aussi très convenus.
   
   L’auteur, c’est dommage, n’a pas décrit l’incendie dont Hitchcock fit un morceau de bravoure… le Maître avait su également nous dispenser des états d’âme de l’héroïne, réduits à quelques phrases mélancoliques d’une voix off au début du film. Il avait su enchaîner rapidement des développements ici trop répétitifs. Bref, le film est très supérieur à ce roman…
    ↓

critique par Jehanne




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Vous n'oublierez jamais Rebecca et Manderley!
Note :

   Après "Le chien des Baskerville", le deuxième roman qui m'a accompagné en Angleterre est l'ouvrage le plus connu de Daphné du Maurier. Et je dois bien avouer que je ne regrette pas une seconde ma promenade en Cornouailles sur les traces de Rebecca!
   
   Dès le premier chapitre, le lecteur est embarqué dans cette histoire. Et même dès la première phrase : "J'ai rêvé l'autre nuit que je retournais à Manderley". Car entre Manderley, ce domaine fastueux et rêvé, et Rebecca, la première femme de Max de Winter tragiquement disparue en mer, le lecteur ne va cesser d'imaginer ce que peuvent évoquer ces noms.
   
   Manderley, le lecteur le verra, par les yeux de la narratrice, seconde épouse de Max de Winter qui vient s'installer sur le domaine. En revanche, Rebecca restera un mystère, un fantôme contre lequel la narratrice viendra buter. Car cette dernière ne cesse de se comparer à celle qui a laissé un souvenir incomparable à tous ceux qui l'ont côtoyée. Au premier rang desquels Mrs Danvers, la gouvernante de Manderley qui ne rate aucune occasion pour rappeler à la nouvelle venue qu'elle n'est pas digne de Rebecca.
   
   Le roman est vraiment haletant. Il débute à Monte-Carlo, où notre héroïne est au service d'une riche femme sans scrupule. C'est là qu'elle rencontre Max de Winter, qui deviendra rapidement son mari. A Manderley, elle tente de faire bonne figure, organise un bal costumé pour perpétuer les traditions mais le passé la rattrape toujours.
   
   Hormis l'action palpitante, Daphné du Maurier parvient à dessiner des personnages mémorables. Que ce soit Mrs Danvers, Mrs Van Hopper ou Frank, l'homme de confiance de Max de Winter, ce sont des figures qui restent en tête. Et il y a Rebecca, dont le nom suffit à rappeler la force du roman. C'est vraiment un ouvrage passionnant, admirablement construit, en terme de narration, de rythme, d'intrigue et de psychologie des personnages. Un grand et bel ouvrage, qui fait que vous n'oublierez jamais Rebecca et Manderley!

critique par Yohan




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