Lecture / Ecriture
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Du vent dans mes mollets de Raphaële Moussafir

Raphaële Moussafir
  Du vent dans mes mollets
  Et pendant ce temps-là...

Du vent dans mes mollets - Raphaële Moussafir

Des sourires qui ne peuvent pas faire de mal
Note :

    Une jeune fille de 9 ans, Rachel, expose son enfance, et notamment les rencontres qu'elle fait avec la psychologue qui s'occupe d'elle. On suit donc la petite Rachel dans ses aventures enfantines, entre blagues potaches avec les copines et conflits avec certaines personnes qui lui sont proches. Et découverte de la vie des plus grands…
   
   J'ai lu ce livre un peu par défaut : j'avais une heure à combler et avait oublié mon livre en cours. Qu'à cela ne tienne, comme je me trouvais dans une bibliothèque, j'ai donc choisi un court roman, ce qui m'a permis de le lire en une fois (ouf! Un que je ne ramènerai pas à la maison !).
   
   Au départ, cette histoire n'était pas un roman, mais une pièce de théâtre. L'auteur, qui est également l'actrice qui a joué cette pièce a ensuite décidé de la porter sur le papier sous forme de roman.
   
   Les premières scènes chez la psychologue m'ont fait penser aux scènes de "Kiffe kiffe demain" de Faïza Guène, à la différence près que L'héroïne de Faïza Guène a rendez-vous avec son assistante sociale. Mais ce regard des plus jeunes sur les adultes sensés les aider est intéressant dans les deux cas.
   
   Ce livre se lit vite, avec un rythme assez enlevé. On suit avec le sourire les aventures de la petite Rachel. Deux passages m'ont notamment plu : celui où Rachel et sa copine font des blagues à Madame Courtecuisses, et plus encore celui où Rachel ment à sa mère pour s'inscrire au Club des amies de Barbie. Ce passage est très bien écrit, on y ressent l'impatience de la petite fille qui cherche à ressembler à ses copines en s'inscrivant à ce club,... Les remarques de sa mère lorsqu'elle apprend cela et les réponses de Barbie lorsque celle-ci découvre que Rachel n'envoie plus d'argent montrent bien les pressions psychologiques qui peuvent peser sur une enfant de 9 ans.
   
   Mais ce roman n'est pas qu'une grande farce: les visites chez la psychologue sont moins légères, le décès de Madame Courtecuisses apporte une pointe de tendresse à ce texte.
   
   Même si ce texte n'est pas un grand texte, il apporte un peu de légèreté et des sourires qui ne peuvent pas faire de mal.
    ↓

critique par Yohan




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Rachel dans le métro
Note :

    "Madame Trebla m'a regardée droit dans les yeux comme si elle était Madame Trebla, la psychologue, et que j'étais Rachel, et qu'il faudrait bien que je lui explique ce qui va pas avec Madame Danielle. Le problème, comme dit papa, c'est que si on tient à la vie, il y a des valeurs sûres auxquelles on touche pas : le pape, même si on est juif, et l'inventeur du hachis parmentier, même si y'en a marre des patates. Et ben pour Madame Danielle c'est pareil, on en mange même si c'est dégueulasse, parce qu'il paraît que c'est bon, et on la boucle"
   
   Rachel est une petite fille de 9 ans, que sa maman expédie chez le psy parce que depuis peu, elle dort tout habillée, avec son cartable et ses affaires de gym. Au rythme des séances, la lectrice pourra se faire une idée de sa famille, un peu déboussolante, de sa maîtresse d'école qui dégoûterait n'importe qui d'apprendre et de ses petites camarades de classe peu accueillantes.
   
   Heureusement, il y a Hortense qui devient sa grande copine et avec qui elle va bien s'amuser à jouer des tours pendables.
   
   C'est un petit roman tonique et emporté, dont je parierais qu'il repose sur des souvenirs personnels. On sourit souvent, on est triste aussi parce que Rachel, on sent bien qu'elle peine à trouver sa place et puis la vie réserve des surprises cruelles, un peu trop grosses pour les petites filles de 9 ans.
   
   Une bouffée d'air frais, doublée d'une belle insolence.
   
   Un mot sur le film que j'ai vu la semaine dernière et que j'oublie déjà. Si l'esprit du roman est là, il y a des différences sensibles dans le scénario. Des prénoms ont changé, Hortense est devenue Valérie. Des personnages ont été étoffés, par exemple la maman de Valérie-Hortense, très attirée par le papa de Rachel. Madame Danielle, l'institutrice hérite d'une histoire un peu poussée avec le prof de gym et la mamie apporte son grain de sel à l'histoire plus que dans le livre.
   
   Et puis, les petites filles étaient si délurées que çà dans les années 80?
   
   Comme souvent dans les comédies françaises, le film vaut surtout par ses interprètes, ici Agnès Jaoui, excellente en mère envahissante, pourvoyeuse de boulettes et nourritures en tout genre ; Denis Podalydès père et mari rêveur et Isabelle Carré, qui représente la liberté à venir des femmes. Isabella Rossellini campe une psy que l'on aimerait connaître et Judith Magre une mamie pleine d'autorité. Et bien sûr, la petite Juliette Gombert (Rachel) et ses grands yeux étonnés.
   
   A vous de voir...

critique par Aifelle




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