Lecture / Ecriture
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Le manoir des immortelles de Thierry Jonquet

Thierry Jonquet
  Mon vieux
  Le manoir des immortelles
  J comme: La vie de ma mère
  La bête et la belle
  Mygale
  Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte
  Le bal des débris
  400 coups de ciseaux
  Rouge c’est la vie

Thierry Jonquet est un écrivain français de romans policiers, né à Paris en 1954 et mort en 2009.

Le manoir des immortelles - Thierry Jonquet

Hadès, le Royaume des Morts, …
Note :

   La mort en fin de compte, la mort en fil rouge. Thierry Jonquet a concocté un roman intriguant, qui ne livre ses secrets qu’au fil des pages et qui entretient un beau suspense en même temps qu’une certaine poésie.
   
   Le départ est symptomatique d’une histoire où il faut accepter de se laisser porter, berner un peu. On n’y comprend goutte et pourtant l’intérêt s’éveille très vite. C’est qu’il écrit plaisamment le sieur Jonquet, si bien que ces histoires de numéro (le tueur numérote de potentielles victimes en vertu d’un modus operandi qu’on ne comprend qu’à la fin …) ne sont pas indigestes mais stimulent la curiosité.
   
   Les personnages ; celui du tueur, passablement dérangé, celui de Lola, évanescent jusqu’au bout, comme celui du commissaire Salarnier qui piste le tueur et que perturbe la fin imminente de sa femme, sont justes psychologiquement et ont une épaisseur certaine. Les numéros, qui interviennent comme des flashs, au rythme de la sinistre comptabilité du tueur, rythment l’avancée du scénario. Scénario, oui, ce pourrait en être un. L’écriture de Thierry Jonquet est visuelle, moderne et, me semble-t-il, adaptée à une mise en scène.
   
   Raconter l’histoire serait dommage tant elle est sciemment mélangée au départ et son démêlement un des charmes de sa lecture. Mais disons qu’on retrouve du cadavre à Paris, à la tête tranchée - tranchée à la faux, ce qui n’est pas banal - et que l’enquête mettra en évidence des coïncidences qui ne peuvent en être et qui évoquent des références curieuses à la mythologie grecque ; Hadès, le Royaume des Morts, ou de la mort …
   
   A côté de cela, l’enquêteur, le commissaire Salarnier, vit un véritable drame personnel puisqu’il est en train de perdre sa femme en phase terminale d’une longue maladie, comme on la nomme pudiquement. Thierry Jonquet n’a pas cherché à aller au plus simple. Il prend le risque de la complexité ; le prix à payer certainement pour coller au plus près à la «vraie vie des vrais gens» ?

critique par Tistou




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