Lecture / Ecriture
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La Harpe irlandaise de Germaine Beaumont

Germaine Beaumont
  La Harpe irlandaise
  Les Clefs
  Agnès de rien

Germaine Beaumont est le nom de plume de Germaine Battendier. C'est une journaliste et une romancière française née en 1890 et décédée en 1983. Elle a produit une émission radiophonique intitulée "Les Maîtres du mystère" et consacrée aux romans policiers. Elle a également dirigé une collection de romans policiers chez Plon.

La Harpe irlandaise - Germaine Beaumont

Le crime à l'eau de rose
Note :

   La première fois que j'ai entendu parler de Germaine Beaumont, c'était à la Bibliothèque des Littératures Policières, par l'intermédiaire de Pierre Billard, avec qui elle produisit pendant un moment "Les Maîtres du mystère" pour la radio. Interrogé sur le rôle joué par Germaine Beaumont à ses côtés, Billard avait eu des mots très durs, affirmant qu'elle n'avait été placée à la radio que par copinage et qu'elle n'y avait jamais rien fait.
   
    En regardant quelques notices biographiques à son sujet, on s'aperçoit que Germaine Beaumont a en fait réussi à se fâcher avec à peu près toutes les personnes qu'elle eut à côtoyer au cours de sa vie (1890 - 1983) : la rédaction du Matin qu'elle quitta en claquant la porte, le jury du Prix Femina où elle refusa de siéger de 1945 à 1952, les producteurs de la radio, sans oublier ses maris successifs, toutes ces brouilles étant compensées par l'amitié solide qu'elle entretenait avec Colette, dont elle fut la secrétaire et qui l'appelait "ma fille choisie".
   
   Germaine Beaumont avait ramené d'Angleterre, où elle avait passé ses années de jeunesse, un goût certain pour le roman policier bien élevé dont on trouve la marque dans cette "Harpe irlandaise", une histoire de maison abandonnée dans laquelle sont entreposés de lourds secrets. Une femme désoeuvrée va y retrouver les traces de son mari défunt et reprendre goût à la vie en fouillant le passé des morts.
   
   L'histoire se laisse suivre malgré la lenteur avec laquelle elle est menée mais ce qui stupéfie, c'est le style de Geneviève Beaumont, en totale opposition avec le caractère qu'on lui devine à la lecture de sa biographie: chez elle, les rencontres sentimentales se font sur des bancs moussus, l'héroïne est en proie à une "cruelle souffrance, fièrement et courageusement dissimulée, sous le feint détachement qui est l'apanage des êtres pour lesquels la vie occupe un autre plan que celui des satisfactions terrestres" (!) avant que "la pointe vive des séparations" ne s'enfonce "dans un coeur sensible" et un certain Philippe taquine "ces filles brillantes et bruyantes qui riaient en renversant la tête, montraient leurs dents voraces, et dont la gorge bougeait, libre, sous les chandails coûteux".
   
   On pense, sans les avoir lues, aux Louise de Vilmorin, Marceline Desbordes-Valmore et autres, à des noms qui meublent le Carnet du Figaro. Ce n'est pas désagréable, c'est juste gentiment poussiéreux, presque ridicule.

critique par P.Didion




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