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La traversée du Mozambique par temps calme de Patrice Pluyette

Patrice Pluyette
  La traversée du Mozambique par temps calme
  La fourmi assassine

Patrice Pluyette est un écrivain français né dans la région parisienne en 1977.

La traversée du Mozambique par temps calme - Patrice Pluyette

"Il jouit de sa fantaisie"
Note :

   Rentrée littéraire 2008
   
   Prix Amerigo Vespucci
   
   Allez, comme je l’ai déjà dit, des liens imprévus s’établissent entre les lectures que nous faisons et je reprends comme titre de ce commentaire une phrase clé du dernier roman de J.C Somoza, que j’avais lu juste avant celui-ci. Car si j’ai jamais lu un livre "plein de fantaisie", c’est bien cette «Traversée du Mozambique».
   
   Tout comme «L’automne à Pékin» de Vian qui ne se passait ni en automne, ni à Pékin, on ne traversera pas ici le Mozambique (ou alors, sans le savoir) et le temps ne sera pas très souvent calme. Il n’empêche que tout lecteur un tant soit peu sensible à la poésie des mots ne peut éviter la force d’attraction de ce titre envoûtant et que l’auteur a su tendre là un filet qui en capturera beaucoup. Sans qu’ils aient à le regretter d’ailleurs, les pages intérieures étant à la hauteur du titre.
   
   Et c’est ainsi que je me suis trouvée avec un texte aux allures de récit de voyage scientifico-aventureux dans la plus grande tradition -du 19è siècle à Indiana Jones- mais truffé de détails loufoques, se rattachant à l’onirisme, au farfelu ou/et à la poésie. Cela attaque dès les premières pages."… nos deux types embarquent clandestinement à bord d’un cargo pour l’Europe, couchés sur le flanc dans une cage de la dernière soute, déguisés en barzoïs." ! Je saluai cette déclaration de mon premier éclat de rire et m’embarquai avec eux, nantie d’un sourire qui n’allait plus me lâcher jusqu’à la dernière page.
   
   C’est ainsi que j’ai découvert les fabuleuses aventures de Belalcazar, capitaine et archéologue, qui bien avant d’être tout cela, avait senti au plus profond de lui l’appel de la cité de l’or et s’était lancé dans sa première expédition.
   "Il part pour les Andes quelques semaines plus tard, seul et sur un coup de tête, en barque. Il ne connaît rien aux grandes expéditions, ni à la navigation. La traversée en barque dure neuf semaines. Il échoue à quelques kilomètres de son lieu de départ, inanimé, père adoptif d’un baleineau tournant autour de la barque et le poussant par à-coups de la queue vers la côte."
   
   Cette première tentative sera suivie de plusieurs autres jusqu’à celle que nous suivons aujourd’hui. Cette fois, Belalcazar s’embarque avec un équipage composé de deux indiens du nord de l’Alaska, une cuisinière et une assistante (Florence Malebosse) étrange et quasi invisible ayant d’ailleurs une grande facilité à paraître et disparaître selon que l’auteur a besoin d’elle ou non pour son histoire. Il en sera de même d’une seconde assistante (Sophie). Patrice Pluyette, ne s’embarrasse d’ailleurs pas trop de ses personnages, qui peuvent apparaître (comme Jean Philippe), en pleine mer et disparaître idem sans que l’on se soucie trop de savoir d’où ils viennent ou s’ils sont morts ou vivants, pour de bon ou non et si on les reverra ou pas.
   
   Mais le lecteur fait volontiers avec ces circonstances improbables, pas plus improbables d’ailleurs que le voyage lui-même vu que, parti du sud de l’Europe pour le Pérou, notre Belalcazar va se retrouver pris dans les glaces de la banquise, où il rencontrera d’ailleurs un autre voyageur de son acabit: un aérostier qui lui, cherchait à remonter la source du Nil.
   
   Il arrive même que notre auteur semble parfois quelque peu démuni face à une péripétie inattendue "… il est probable que notre histoire s’arrête dans trois pages sans plus de personnages à notre charge que cette bête(ce qui semble être un fauve menaçant) dont nous ne saurions à elle seule tirer une histoire en rapport avec le sujet de la nôtre sans ennuyer le lecteur." Mais heureusement, égalant en persévérance ses personnages, l’auteur ne se décourage pas et poursuit."Nous dirons donc que les hommes et femmes composant ce récit, nonobstant le danger rôdeur, ne perdent pas leur courage, continuent chaque matin à démonter le camp pour mener à bien leur progression lente et difficile, tous les soirs à planter la tente dans un endroit différent, toutes les nuits à trembler dans leur lit en s’obligeant à prier, à invoquer l’aide d’un dieu tout puissant à défaut d’un car de CRS armés."
   
   Ce qui donne au lecteur l’heureuse occasion de lâcher un peu son rationalisme habituel et de s’offrir un beau voyage au pays de l’Or denrée commune –mais alors, a-t-il toujours une si grande valeur? - par l’entremise d’un beau récit où la denrée la plus commune est la haute fantaisie.
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critique par Sibylline




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À la poursuite de l'or inca
Note :

   Cet ouvrage n'est pas un roman réaliste et en vérité on ne mettra pas les pieds au Mozambique. Pauvre Afrique, encore négligée ! Cependant en octobre 2008, le 19e Festival international de géographie de Saint-Dié a décerné à ce roman le Prix Amerigo Vespucci. Géographe, cartographe ou simple quidam, puisse le lecteur ne pas se noyer, surtout "…par temps calme."
   
   "La traversée du Mozambique…" est de toute évidence périlleuse. C'est un roman parodique où l'on pratique le détournement et l'infidélité aux codes. Le capitaine Belalcazar, qui n'en est pas à sa première tentative le bougre, quitte l'Angleterre pour le Pérou à la recherche de Païtiti, la cité de l'or des Incas «plus grande encore que Cuzco.» Pour faire naviguer sa goëlette paimpolaise de deux cents tonneaux lancée aux chantiers de la Clyde — telle est la "Catherine" — Belalcazar a enrôlé les frères Negook et Hug-Gluk, chasseurs d'ours — blancs, bruns ? — en Alaska, la cuisinière Fontaine, secrètement amoureuse de lui, et Malebosse, magicienne et navigatrice chevronnée. En route donc pour une parodie de roman d'aventures, de vacances adolescentes ou de camp scout ! Inspirées, on l'imagine, par celles que subit l'auteur dans son jeune âge, une série d'épreuves terribles attend nos anti-héros de pacotille ! On s'en tirera par des bouts de ficelles, on dressera les tentes, on allumera un feu de camp, on bricolera dans les branches pour éviter la boue et les caïmans.
   
   Parodie dérisoire du récit de voyage en mer, d'aventures polaires, d'exploration de l'Amazonie. On n'est pas chez Conrad et le typhon n'arrive pas. Le navire est diaboliquement pris par les glaces et l'équipage sauvé par Inyoudgito, un esquimau d'adoption dérouté de son voyage en ballon aux sources du Nil. Jules Verne n'est jamais très loin, mais un Jules Verne pour rire. La traversée de la jungle — « Nul ne sait si de la bonne jungle il s'agit » — tient aussi d'"Aguirre ou la colère de Dieu" le film de Werner Herzog, même si un membre rapporté de l'équipage ressuscite pour devenir chef de tribu chez les chasseurs de têtes. L'arrivée de l'expédition à la cité de l'or paraît sortir des récits sur la découverte des ruines de Macchu Picchu et d'articles de la revue Géo sur Païtiti, cité perdue des Incas. Le guide qui accompagne le capitaine Belalcazar ne s'appelle-t-il pas… Géo ? Parodie encore du voyage organisé et de l'économie touristique en général avec ce G.O. — gentil organisateur — avec ces «achats de dernière minute : boîte de Toblerone, pendentif en souvenir, magazine people» qui introduisent le retour à la réalité. «La fin des vacances, c'est toujours un peu dur.» Effectivement, on est attendu par 365 romans — dont celui-ci n'est pas le moindre...
   
   Dans un roman "ordinaire", le lecteur éprouve de la sympathie pour un certain personnage auquel il s'identifie, héros ou anti-héros peu importe. Mais ici c'est différent. Le lecteur se prend vite de sympathie pour l'auteur dont il voit les difficultés et les doutes formulés — de manière faussement naïve — au fil des chapitres. «L'expédition arrive — comment nos héros peuvent-ils le savoir ? — en fin de première partie.» Une analogie vous vient à l'esprit, celle des vêtements déstructurés où l'absence de doublure avoue la technique du bâti ? La déconstruction derridienne se trouve prolongée par une métaphore de "la mort du roman" : « En vérité (sic), la situation n'offre pas d'échappatoire (…) il est probable que notre histoire s'arrête dans trois pages sans plus de personnages à notre charge que cette bête dont nous ne saurions à elle seule tirer une histoire avec le sujet de la nôtre sans ennuyer le lecteur...» Sur la route vertigineuse qui conduit à Païtiti, Sophie surgira pour libérer des prisonniers et montrer le chemin pour finir le roman, sans se soucier des pétroglyphes que Belalcazar se faisait fort de déchiffrer, tandis que des citations trafiquées et des détails cocasses ou inutiles tenteront de… dérider le lecteur.
   
   Maintenant que l'expédition est arrivée jusqu'à l'or et à son terme, et si Sibylline m'y autorise, je voudrais pour finir poser une question. Est-ce que le capitaine Belalcazar va revenir au pays avec Fontaine et cultiver candidement son jardin ?
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critique par Mapero




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Une surprise!
Note :

   Quelle lecture, cette traversée du Mozambique par temps calme!
   
   Un véritable roman d’aventures aussi improbable que surprenant. Tout est parti du titre. Pourquoi ce titre? Pour deux raisons: d’une part, j’ai cru comprendre que l’auteur aurait aimé avoir écrit un livre qui s’appelle comme cela; d’autre part, moi lecteur, j’avais toujours eu envie de lire un livre qui s’appelle comme cela. Même si le sujet du livre n’a rien à voir avec son titre...
   
   L’histoire, enfin… les aventures
   La Traversée du Mozambique par temps calme est une quête menée par le capitaine Belalcazar à la recherche du fameux trésor de Païtiti dans la forêt tropicale du Pérou. Un navire est affrété, l’équipage trié sur le volet (Hug-Gluq et Negook, les deux frères d’une tribu indienne d’Alaska, Florence Malebosse une mystérieuse navigatrice, Fontaine la cuisinière du bord amoureuse du capitaine). Les aventures se succèdent sur les mers, sur la glace lorsque le navire se prend dans la banquise, dans la forêt tropicale. Patrice Pluyette entraîne le lecteur tour à tour dans un univers de pirates ou d’aventures maritime à la Poe (Les aventures d’Arthur Gordon Pym), de chasseurs de phoques ou d’ours à la Gretel Ehrlich (Ce paradis de glace) ou Jean Malaurie (Les derniers rois de Thulé), d’amazonien réducteurs de têtes à la Lévi-Strauss (Tristes tropiques).
   
   L’ensemble est décrit avec un humour ravageur, une ironie omniprésente. Inévitablement, le roman me fait penser à Don Quichotte, avec cette vanité dans la recherche d’un trésor - le bonheur -, en dépit des obstacles et autres embûches que l’auteur s’amuse à mettre dans les pattes de ses personnages.
   
   La raison d’être du roman
   Il me semble que le passage essentiel de ce livre réside dans ce court passage, qui me fait penser au meilleur de Buzzati dans Le désert des Tartares :
   
   «Nous courons tous pour rien, pense-t-il. L’homme est comme cette flamme, toujours à vouloir monter plus haut, grandir, et à la fin s’épuise, s’éteint. La lumière du jour devrait nous suffire. La vie commence au saut du lit. Il faudrait partir en expédition autour de sa chambre, oublier le reste du monde. Les richesses amassées sont toujours plus nombreuses quand on va les chercher en nous-mêmes, tout près. Plût au ciel que je ne susse rien de l’existence de Païtiti. Ma curiosité me tuera. Je suis déjà vieux. Le temps est peut-être venu pour moi d’abandonner la partie. »
   
   Ce chapitre 27 est certainement un tournant dans l’ouvrage.
   
   Comme les personnages, le lecteur subit les aventures proposées par Pluyette et se laisse porter par ces flots continus de péripéties, de jeux de mots, de références, de parenthèses comiques, d’allusions freudo-sexuelles (les apparitions de Sophie dans la deuxième moitié du roman), de clins d’œil.
   
   Et que dire de la structure de l’ouvrage, découpée en parties («Où nous découvrons les personnages et l’existence de Païtiti», «Le voyage en mer», «Le grand froid», «Dans la jungle» et «Païtiti»), elles-mêmes composées de courts chapitres dont le nom dévoile ce qui va arriver. Exception faite pour la dernière partie à Païtiti, où le suspens bat son plein.
   L’auteur aime dévoiler par avance les prochaines aventures (il annonce par exemple les réapparitions de Sophie, la disparition de Hug-Gluq, etc…) pour tenir le lecteur en haleine, et aussi pour s’amuser avec lui. Les personnages n’étant que des pantins (et cet aspect me fait penser à l’excellent film de Spike Jonze «Dans la peau de John Malkovitch»), après tout, pourquoi s’embarrasser de ces pantins et les traîner un peu partout dans l’histoire alors qu’on peut les faire apparaître et disparaître à son grès!
   
   Au final !
   Le livre est d’une grande richesse. Patrice Pluyette a mis tout son talent pour concocter un objet littéraire agréable à lire, le sourire au coin des lèvres. Je pense sincèrement que l’auteur est passé très près, très très près d’un chef-d’œuvre. Pourquoi très très près? Pour moi, et la définition de chef-d’œuvre est définitivement subjective – personne ne pourra me faire croire qu’"Exercices de styles" est un chef-d’œuvre quand bien même je reconnaîtrais une grande quantité de virtuosité et que les commentaires sur cette œuvre sont très justement élogieux -, le chef-d’œuvre n’était pas loin car Patrice Pluyette a su mettre tous les ingrédients attendus dans un roman, une histoire avec des péripéties (nombreuses), des personnages avec une psychologie suffisamment détaillée pour qu’on s’y attache (même si les personnages sont mis en lumière les uns après les autres, certains plus que d’autres, au détriment des autres qui disparaissent parfois du récit), de la tension dramatique dont je ne saurais trop m’expliquer d’où elle vient (j’ai encore des progrès à faire dans ma compréhension des œuvres), des allusions subtiles, un style si particulier qu’il en devient original, une histoire elle-même plutôt classique car c’est son traitement qui la rend singulière.
   Les points négatifs, non, ne parlons pas de points négatifs, mais d’axes d’amélioration, sont probablement donc au nombre de deux :
   
   1. la gestion des personnages assez inégale dans le récit, mais à chaque fois qu’ils sont détaillés, ils viennent immédiatement à l’esprit comme s’ils existaient depuis toujours au fond de nous-mêmes ;
   2. le patchwork d’aventures / péripéties, qui s’interrompent parfois subitement au grès de l’amusement de l’auteur: je sens très bien qu’une fois que l’auteur en a eu assez d’une situation, ne sachant pas trop comment s’en sortir, il utilise un joker, une sorte de deus ex machina pour dénouer une situation inextricable (merci Sophie), et parfois, l’auteur s’en amuse même, en montrant qu’il peut le faire, mais se reprend, et n’utilise pas son joker finalement (passage de la glace à la forêt tropicale par un tunnel sous terre).
   
   De là à recommander le livre, je ne sais pas trop. A mon avis, il ne laisse pas indifférent et il est tout aussi facile d'adorer que de détester. Si vous êtes curieux, n'hésitez pas à le lire, c'est un régal.
   
   Quelques notes éparses
   Ci-dessous quelques notes relevées pendant la lecture du roman et qui témoigne de la richesse de l’ouvrage.
   
   Le navire se prénomme Catherine comme l’amour impossible de Belalcazar envers une femme qui n’aime que les femmes.
   Les références aux Aventure d’Arthur Gordon Pym sont nombreuses :
    «Son pied se prend dans un cordage et il reste suspendu jusqu’au matin, le menton effleurant les ailerons des requins prêts à charger, mais il est sauvé à temps par l’équipage hilare d’un bateau de commerce qui fait route vers Nantucket. »
   «[…] nous savons la réputation des voiliers sortis des rives de la Clyde […] »
   «Kycash, désigné à la courte paille pour découper Jean-Philippe en six parties égales, va user de ses ongles à défaut d’un autre outil sous la main pour charcuter la viande.»

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critique par Julien




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Une bien plaisante curiosité
Note :

   Voilà un titre qui interpelle, qui sent bon l’aventure et le dépaysement. La collection Fiction & Cie du Seuil nous réservant souvent d’heureuses découvertes, notre blanche main de lecteur et blogger avertis ne peut résister à l’appel d’un auteur qui nous fut jusqu’ici inconnu.
   
   Commence alors une traversée littéraire rocambolesque, assez hilarante, mélange de Monty Python et de Comedia Del Arte. Le tour de force est remarquable d’autant qu’il est servi par une écriture puissamment maîtrisée, passablement savante et que l’irruption déterminée de mots ou d’expressions communes mais inattendues rend digeste et allègrement comique. Un sacré morceau de bravoure qui force l’admiration, à vrai dire!
   
   L’intrigue est en soi réjouissante et nous réserve un copieux menu fait de rebondissements, de personnages salvateurs agissant en véritables Dei ex Machina et, au fond, de profonde tendresse de l’auteur pour sa cohorte de personnages terriblement humains dans leurs désirs et leurs quêtes. Des personnages qui seront, c’est selon, transcendés ou emportés par une aventure qui les dépasse et les broie.
   
   Belalcazar est un archéologue à la retraite. Il est hanté par la découverte de la cité mythique de Païtiti, perdue quelque part dans la jungle indienne et qui regorge d’or. Ses trois précédentes expéditions ont tourné au désastre absolu mais il n’a pas renoncé.
   
   Sa nouvelle tentative est rigoureusement planifiée. Il embarque sur un bateau accompagné de deux chasseurs d’ours bruns amérindiens, d’une femme skipper aussi compétente que silencieuse et d’une cuisinière frustrée de n’avoir jamais connu le grand amour. Chacun des membres d’équipage a une revanche à prendre sur la vie, quelque chose à se prouver, un sens à donner à une existence jusque là essentiellement peuplée d’échecs successifs.
   
   Par une suite de circonstances qu’il vous appartiendra de découvrir, l’étrange équipage subira l’assaut d’un pirate fantôme et se retrouvera échoué sur la banquise alors qu’il croyait franchir le détroit de Magellan.
   
   Nous suivrons leur sauvetage d’une mort glacée, leur parachutage en Montgolfière sur la forêt amazonienne, leur traversée d’une jungle hostile, l’assaut d’une tribu déterminée à les dévorer et l’arrivée en train dans la cité promise, sorte de Walt Disney d’une propreté absolue, paradis artificiel et piège mortel. Un délice de délires et d’invraisemblance!
   
   Mais chacun aura, au bout du compte, trouvé l’or tant recherché sous la forme d’un sens personnel à une vie précédemment vide. C’est l’amour, la gloire, l’intégration sociale et la quiétude qui sont les grands vainqueurs d’une troupe d’humains englués dans ses contradictions. Le tout sans moralisation aucune, juste au travers de la catharsis qu’est cette fable moderne.
   
   On ne s’ennuie pas une seconde, sourit et rit souvent face à la facétie des mises en situation et à la volonté absolue de P. Pluyette de nous soumettre à une imagination débridée et qui casse tous les codes de bon sens, de réalisme ou de pertinence. C’est une grosse farce, une sorte de roman théâtral, illustration de l’art de la comédie servi par la technologie du XXIeme siècle. Une bien plaisante curiosité dans tous les cas!

critique par Cetalir




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