Lecture / Ecriture
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Le juge et son bourreau de Friedrich Durrenmatt

Friedrich Durrenmatt
  La promesse
  Le juge et son bourreau
  La panne

Friedrich Durrenmatt est un écrivain suisse né en 1921 et mort en 1990.

Le juge et son bourreau - Friedrich Durrenmatt

Echec et mat
Note :

   J'avais beaucoup aimé "La promesse" le premier livre de cet auteur que je lisais, donc je recommence avec celui-ci. Qui date de 1952 et ne comprend que 124 pages.
   
   Quand Alphonse Clénin voit un homme qui paraît endormi dans une Mercedes, il ne se doute pas qu'il vient de trouver le cadavre d'Ulrich Schmied, lieutenant de police à Berne!
   Celui-ci a été abattu d'une balle dans la tête sur une route déserte.
   Chose encore plus étrange, il était en smoking! Où allait-il?
   
   Berlach, supérieur hiérarchique du mort, prend l'enquête en main, et se fait aider par Tschanz, un collègue du défunt. Le mort avait rendez-vous plusieurs soirs avec une personne nommée G.
   
   Ce dénommé G, c'est Gastman, écrivain et aventurier, sa richesse lui permet de côtoyer les notables des environs, et d'être presque aux dessus des lois.
   
   Il faut éviter de froisser la susceptibilité des notables qui, ce jour-là chez Gastman, écoutaient un concert de piano, en plus le policier n'était pas en mission et utilisait une fausse identité. Ces récitals de musique classique ne cachaient-ils pas autre chose dans ce petit village éloigné de tout?
   
   Berlach est un vieux de la vieille, sa santé se dégrade, il faut dire qu'il ne se prive de rien. Vodkas, cigares et plaisirs de la table sont pour lui un art de vivre. Son espérance de vie, s'il accepte de se faire opérer, est au mieux d'un an. Il lui reste une dernière tâche à accomplir avant.
   
   Son supérieur, Lutz, revenant d'un séjour aux Etats-Unis ne jure que par la police scientifique et surtout tente de calmer les plaintes venant des autorités. Tschanz, était l'adjoint de Schmied, Berlach veut son aide pour l'enquête, entre le jeune loup et le vieux renard, l'entente semble cordiale. Mais qui est réellement Gastman? Il semblerait qu'il y ait un contentieux et des souvenirs communs entre Berlach et lui, en plus sa vie est entourée de mystères.
   
   Une écriture habile et une intrigue à suspens, l'envie et la jalousie, ou la vengeance, à moins que ce ne soit des affaires de très gros sous mêlées à des ventes de matières prohibées à un pays sur liste noire? Ou encore d’autres choses, Durrenmatt nous offre toutes les possibilités pour expliquer ce crime.
   
   Un très bon roman et un auteur qui me plaît de plus en plus avec pour changer le Jura Suisse en toile de fond.
   
   Extraits :
   - Voilà ce que je veux dire, Lamboing, c'est le nom ignoré d'un village que personne ne connaît.
   
   - Séparatiste jurassien, je suppose?
   
   - Il vaut d'ailleurs mieux pour l'honneur de la Suisse que cet homme ait été un espion à la solde de l'étranger, plutôt qu'un oeil de la police d'état.
   
   - Quelqu'un qui reste au dessus de tout soupçon, insista le magistrat.
   
   - Les écrivains n'ont jamais aimé la police, c'est un fait.
   
   - En outre, à mon âge, malade comme je le suis, je ne souhaite plus que le repos. On ne m'y reprendra plus à lutter contre le cours des choses.
   
   - Il voulait le confondre, mais uniquement à titre personnel, et c'est cette faute-là qu'il a payé de sa vie.

   
   Titre original: Der richter and Sein Henker (Allemand)
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critique par Eireann Yvon




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Ma découverte de Friedrich Dürrenmatt
Note :

   Récemment, je me suis offert le livre "1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie"*. Pas dans l’optique de lire tous ces livres (et de ne lire aucun autre parce que même moi je trouve qu’il en manque) et de pouvoir ainsi briller dans les dîners où je ne vais pas. Mais plutôt dans le but de découvrir parce que quand j’entends à la radio, il faut lire Butor mais pas ses œuvres de maintenant mais celles des années 50 et que du coup je me retrouve perdue et je ne sais pas par lequel commencer. De même quand on me dit que Robbe-Grillet est un grand auteur. Personnellement, j’associe cet auteur à un roman érotique qui a été obligé d’être mis sous cellophane. Alors je me retrouve à me demander pourquoi il faut le lire. Ce livre va me permettre de découvrir tout cela et plus parce que par fois, la radio semble parler à des gens qui savent déjà tout. J’apprécie donc le point de vue anglo-saxons sur la littérature française car il permet à mon avis au début de se concentrer sur l’essentiel.
   
   Ma surprise quand j’ai ouvert ce livre c’est de découvrir plein d’auteurs inconnus de moi même de nom (en gros je dirais 70%). Je peux dire merci aux blogs car avant ce pourcentage aurait plutôt avoisiné les 95 voire plus. Ce livre, c’est comme ouvrir une porte sur un nouveau monde. J’ai commencé ma découverte avec "Le juge et son bourreau" de Friedrich Dürrenmatt.
   
   La quatrième de couverture est la suivante :
   "Dans un petit bourg helvétique, un policier modèle est retrouvé assassiné. Baerlach, un vieux commissaire malade, amateur de cigares, de vodka et de bonne chère, enquête sur cette mort, tout en luttant contre la sienne qui s’annonce prochaine. Son supérieur cherche à ménager la susceptibilité des notables locaux, tandis que son adjoint, petit flic un rien minable mais dévoré d’ambition, tente de jouer ses propres cartes. Dans l’ombre, le meurtrier, genre Méphistophélès, disserte sur le bien et le mal, qu’il tient pour étant de possibilités égales…
   Comme dans La Panne, Le Juge et son bourreau se déploie sur fond d’intrigue policière. Mort et maladie forment un diptyque tragique où se reflète le dérisoire pantomime de la comédie humaine."
   

   J’ai donc choisi ce livre pour le côté enquête policière. Pour vous situer Baerlach, il est entre Maigret et Inspecteur Morse (dans le dernier roman de Colin Dexter "Remords secrets"). Dans la phase enquête, on parle de tout sauf de l’enquête. Bien sûr le dénouement n’en est que plus extraordinaire (et je peux vous dire quel finish !!!). On comprend donc que le roman n’est pas un roman policier. L’idée c’est donc de faire passer autre chose. Une critique ouverte de la police helvétique en premier lieu (il parle beaucoup de la police scientifique). Mais aussi, une réflexion sur la fin de la vie. En effet, Baerlach va donc mourir si on ne l’opère pas d’un cancer de l’estomac visiblement. Il va chercher à régler des comptes et faire justice lui-même comme si ce qui était humain ne comptait plus (pourtant cela à gouverné toute sa vie). Il y a aussi une impression de fatalité qui plombe le roman. C’est un bon roman même si je n’ai pas tout compris, entre autre l’apparition du lien qui m’a semblé factice entre le "méchant" et Baerlach.
   
   Une lecture donc qui m’a laissé l’impression de ne pas avoir tout compris, un goût d’inachevé. Je ne l’aurais pas mis dans les 1001 livres qu’il faut avoir lu. Par contre, comme je suis curieuse, je me suis tournée vers "La Panne" dont parle la quatrième de couverture.
   
   
   * de Peter Boxall

critique par Céba




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