Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le Pays du Dauphin vert de Elisabeth Goudge

Elisabeth Goudge
  La Colline aux gentianes
  L'Arche dans la tempête
  Le Pays du Dauphin vert
  Ados: Le Secret de Moonacre

Elizabeth Goudge est une romancière anglaise née en 1900 dans le Somerset et décédée en 1984.

Le Pays du Dauphin vert - Elisabeth Goudge

Une belle lecture
Note :

   # 4ème de couverture #
   
   "Nous sommes au XIIe siècle dans une bourgade des îles Anglo-Normandes. La famille du jeune William emménage rue du Dauphin Vert. L'adolescent se lie à ses deux voisines, la jolie et souriante Marguerite, et la grave Marianne, plus ingrate. On rêve, on rit, on pleure ; et l'on se moque de ce benêt de William qui, malgré sa préférence marquée pour Marguerite, ne peut s'empêcher de mélanger les prénoms des deux sœurs. Un détail idiot qui va bouleverser le cours de trois existences... William s'établit comme colon en Nouvelle-Zélande, toujours épris de son amoureuse d'hier. Prenant un jour son courage à deux mains, il demande par lettre la main de Marguerite. Quelques mois plus tard, il a la surprise de sa vie : c'est Marianne qui débarque du bateau..."
   
   
   # Mon Avis #
   
   Une belle lecture.
   
   Dans ce roman dense et touffu, Elisabeth Goudge nous enveloppe, nous entortille, nous lie dans sa toile. Ce un roman est de ceux qui prennent tout leur temps, et se déploient paisiblement, nous laissant sous le charme.
   
   Non pas qu'il n'y ait pas d'action; ce n'est pas un récit purement contemplatif. Seulement la psychologie des personnages est fouillée, leurs pensées, leurs actes, leurs tergiversations sont bien développés. C'est une belle galerie de protagonistes que l'auteure nous livre. Un peu comme dans "Autant en emporte le vent", ils ne sont pas parfaits, surtout Marianne. J’ai souvent été énervée par eux, par leurs erreurs, leurs aveuglements parfois. Ils restent cependant attachants.
   
   Quête du bonheur, respect de l'autre, notion de sacrifices, histoires d'amour manquées... autant de thèmes délicatement abordés dans cette belle fresque historique. La fin, en revanche, m'a quelque peu déçue. Si vous le lisez, vous me direz ce que vous en avez pensé.
   
   Au final, j'ai quand même passé 2 beaux jours d'évasion avec cette jolie lecture.
    ↓

critique par Morwenna




* * *



Passionnant !
Note :

    Titre original : Green Dolphin Country
   
   
   Présentation de l'éditeur:(En partie)
   
   "Publié en 1944, "Green Dolphin Country" est une histoire épique d'amour, de courage et de dévotion située dans les îles anglo-normandes et en Nouvelle Zélande au 19e siècle, écrite avec le talent inimitable d'Elizabeth Goudge pour nous faire ressentir les émotions humaines."
   

   
   Commentaire :

   
   Aaaah mais quel roman, quel roman! C'est un roman dense, foisonnant, dépaysant que j'ai eu l'occasion de découvrir. Nous suivrons pendant 40 ans et trois générations, une famille établie dans les îles anglo-normandes mais surtout Marianne et Marguerite, deux sœurs bien différentes mais au prénoms bien semblables. Marguerite est blonde, jolie et aime sincèrement la vie pour ce qu'elle est. Et la vie et les gens le lui rendent bien. Marianne, l'aînée est brune, petite, accomplie, vive et intelligente. Parfois un peu trop et son statut de femme à l'époque victorienne lui pèse terriblement.
   
   Quand l'histoire commence, elles ont respectivement 11 et 16 ans. Et le Docteur Ozanne, l'amour d'adolescence de leur mère, revient sur l'île avec son fils William, 13 ans. Tout de suite, Marianne décide qu'elle est amoureuse et dans sa tête de jeune fille, si elle est amoureuse, il ne peut en être autrement pour William. William qui n'a d'yeux que pour Marguerite.
   
   Ce roman, c'est la recherche du bonheur, celui qui nous échappe toujours un peu, celui que l'on ne peut définir. C'est la recherche de l'amour, le grand, celui pour lequel on est prêt à tous les sacrifices. Mais c'est aussi de grandes aventures. On voudrait secouer William quand il fait gaffe sur gaffe (c'est qu'il est loin d'être parfait, ce William. Souvent faible, écervelé mais aussi fort à l'occasion), on craint pour eux quand ils voyagent sur des mers folles dans de grands et magnifiques voiliers et que la tempête fait rage, on débarque avec eux en Nouvelle-Zélande, territoire sauvage habité des Maoris qui n'en demandaient pas tant et où la vie est une lutte quotidienne. J'ai souffert autant pour Marguerite que pour Marianne et elles m'ont beaucoup, beaucoup émue toutes les deux, de façons différentes.
   
   Ce qui m'a surtout plu, en plus du souffle épique, ce sont les personnages, hauts en couleurs, tous fort imparfaits mais très humains. Marianne est un personnage fouillé qui m'a rappelé Scarlett O'Hara à plusieurs reprises. Énervante, jamais satisfaite, jalouse mais aussi profondément consciente de ce qu'elle est et de ce que les gens perçoivent d'elle. Elle fera tout ce qu'elle croit être le mieux pour être aimée de son mari, qui souvent lui échappe. Tai Haruru, personnage sexy (et tatoué), aspirant à une liberté complète, est aussi un personnage fort et charismatique. Ses questionnements, ses déceptions, ses incertitudes m'ont beaucoup touchée. Et que dire du capitaine O'Hara, marin presque légendaire, seul maître à bord du Green Dolphin! Et de Nat. Et du pasteur Samuel et de son épouse. Et de la mère supérieure.
   
   Les relations sont troubles, en dents de scie, jamais parfaites, parfois illusoires. Rien n'est comme on aurait pu le penser, rien n'est tout noir ou tout blanc, certains malentendus vont influencer de nombreuses vies (mais rassurez-vous, ce n'est pas frustrant pour autant) et nous amener à nous questionner sur le passé, le présent, l'avenir ainsi que sur les fondations de nos existences.
   
   La plume est magnifique. Les descriptions sont poignantes, magiques (surtout celles de l'île battue par les mers et celles des bateaux) et j'ai adoré la façon qu'a l'auteur de mélanger les légendes à l'histoire. Ici, les petites filles côtoient les fées sans pour autant tomber dans le fantastique. Ce livre m'a donné une envie folle de visiter ces îles, de voir ces rochers qui sont le lieu de tant de mythes. Bref, une envie de voyage.
   
   Le seul point qui me retient de donner une note parfaite est la morale un peu judéo-chrétienne (le sacrifice pour les autres, la culpabilité, Dieu est la solution, l'orgueil, c'est le mal, etc.) qui se dégage parfois du roman. Si c'est ancré dans l'époque et fort compréhensible, j'ai parfois été agacée par cet aspect, surtout pour certains personnages (je ne dirai pas lesquels). Car oui, la religion est très présente (ce n'est pas ça mon reproche, hein... c'est normal que ce le soit, vu l'époque) et elle imprègne une bonne partie du roman. Mais c'est très, très personnel comme reproche, j'en suis consciente. Et je ne voudrais surtout pas que ça vous empêche de lire ce roman parce que pour moi, ça a été une aventure de tous les instants!
   
   Et j'ai ma foi fort envie de lire "La colline aux gentianes" du même auteur, ne serait-ce que pour retrouver cette plume.

critique par Karine




* * *