Lecture / Ecriture
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Les voix d'Israël de Amos Oz

Amos Oz
  Dès 08 ans: Soudain dans la forêt profonde
  Ailleurs peut-être
  Toucher l’eau, toucher le vent
  La colline du mauvais conseil
  Les voix d'Israël
  Un juste repos
  La boîte noire
  Connaître une femme
  La troisième sphère
  Ne dis pas la nuit
  Une panthère dans la cave
  Seule la mer
  Une histoire d'amour et de ténèbres
  Aidez-nous à divorcer
  Vie et mort en quatre rimes
  Mon Michaël
  Scènes de vie villageoise
  L'histoire commence
  Entre amis
  Judas

AUTEUR DES MOIS D’AOUT & SEPTEMBRE 2008


Amos Oz est le nom de plume d’ Amos Klausner, né à Jérusalem en 1939 (oz signifie force en hébreux)

Les parents étaient des émigrants juifs d’Europe de l’Est (Lithuanie et Pologne). Sa mère se suicida quand il avait 12 ans et il vécut ensuite dans un kibboutz à partir de 15 ans. Il vécut dans des kibboutzim jusqu’à l’âge de 47 ans.

Il participa deux fois à des conflits armés : Pendant la Guerre des Six Jours, en 1967 et lors de la Guerre du Kippour de 1973. Il fut l’un des fondateurs du mouvement « La paix maintenant » qui prône le partage du territoire (avec des « arrangements particuliers pour les sites sacrés ») pour la création de deux états indépendants: l’un israélien, l’autre palestinien.

Il a publié des articles, de nombreux romans, quelques essais et deux recueils de nouvelles et deux livres pour enfants. La plupart de ses ouvrages ont été traduits en français. Il jouit d’une notoriété certaine en France.

Amos Oz est mort le 28 décembre 2018, il avait 79 ans.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les voix d'Israël - Amos Oz

Entre dessins préparatoires et pamphlet politique
Note :

   En 1982, Amos Oz s'est prêté à une série de rencontres avec quelques uns de ses concitoyens de tous bords - israëliens et arabes, juifs, musulmans ou tenants de la laïcité - pour des conversations à bâtons rompus qui lui ont fourni les matériaux de plusieurs articles publiés dans la journal "Davar". Ce sont ces articles qui sont reproduits tel quels dans "Les voix d'Israël", formant un livre un peu "patchwork", en prise directe avec l'actualité de cette année-là, et dont l'intérêt s'est sans doute quelque peu émoussé pour le lecteur de l'an de grâce 2008.
   
   Et je dis bien "émoussé", car "Les voix d'Israël" n'en continue pas moins à proposer quelques aliments consistants à ses lecteurs. A commencer par la transcription, sans filtre, noir sur blanc, des convictions politiques de l'auteur dont l'engagement pour "La paix maintenant" est du reste bien connu. On lira ainsi un vibrant plaidoyer pour une société israëlienne pluraliste: "Au sein de la famille sioniste, plus d'un membre aurait bien voulu se débarrasser de moi, et il en est d'autres qu'il ne m'est pas trop agréable d'avoir comme proches parents. Mais le pluralisme est un fait, il faut s'en accommoder, fût-ce en grinçant des dents. Ne pas se laisser aller à des excommunications, des bannissements et des refoulements de l'autre côté de la barrière. La diversité du peuple juif et de l'Israël d'aujourd'hui impose le pluralisme, que cela nous réjouisse ou nous inquiète. Personnellement, je m'en réjouis. Je n'y vois pas «un mal nécessaire», une étape à franchir «avant que ne se dessillent tous les yeux» et que nous nous retrouvions tous réunis autour de la même Vérité. Je crois en la nécessité d'un pluralisme spirituel, en une floraison de courants, d'approches diverses, de traditions et de styles de vie - y compris de «produits d'importation» intellectuels, car ainsi naîtra une tension féconde et productive." (p. 115)
   
   Mais l'on trouvera aussi dans ces pages - et c'est ce à quoi j'ai été la plus sensible - des croquis pris sur le vif des multiples visages de l'Israël des années 1980, des portraits aux traits parfois un peu trop appuyés mais très vivants, de véritables dessins préparatoires que l'on verra réapparaître dans les vastes tableaux des romans. J'en vois un bel exemple dans ce croquis de Kerem Avraham, quartier de Jérusalem où Amos Oz a passé toute son enfance et où il a situé une grande partie d'une "histoire d'amour et de ténèbres": "Que n'y avait-il pas dans ces rues du temps de mon enfance? Le monde entier s'y trouvait réuni. Des officiers anglais assis dans les cafés, deux missionnaires finlandaises venues emprunter des livres à mon père, des policiers et des ouvriers en salopette qui se retrouvaient là pour parler politique, des artisans, dont l'un connaissait l'oeuvre de Jung sur le bout des doigts. Des gamins, en chemise bleue d'uniforme, couraient vers le local de leur mouvement de jeunesse. Il y avait aussi un dentiste qui prétendait obstinément avoir connu personnellement Staline, dont il aurait presque réussi à modifier l'attitude à l'égard du sionisme en particulier et de l'intelligentsia en général." (pp. 22-23)
   
   En bref, "Les voix d'Israël" n'est sans doute pas le livre le plus représentatif de l'oeuvre d'Amos Oz, mais il présente un réel intérêt documentaire.

critique par Fée Carabine




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