Lecture / Ecriture
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Ailleurs peut-être de Amos Oz

Amos Oz
  Dès 08 ans: Soudain dans la forêt profonde
  Ailleurs peut-être
  Toucher l’eau, toucher le vent
  La colline du mauvais conseil
  Les voix d'Israël
  Un juste repos
  La boîte noire
  Connaître une femme
  La troisième sphère
  Ne dis pas la nuit
  Une panthère dans la cave
  Seule la mer
  Une histoire d'amour et de ténèbres
  Aidez-nous à divorcer
  Vie et mort en quatre rimes
  Mon Michaël
  Scènes de vie villageoise
  L'histoire commence
  Entre amis
  Judas

AUTEUR DES MOIS D’AOUT & SEPTEMBRE 2008


Amos Oz est le nom de plume d’ Amos Klausner, né à Jérusalem en 1939 (oz signifie force en hébreux)

Les parents étaient des émigrants juifs d’Europe de l’Est (Lithuanie et Pologne). Sa mère se suicida quand il avait 12 ans et il vécut ensuite dans un kibboutz à partir de 15 ans. Il vécut dans des kibboutzim jusqu’à l’âge de 47 ans.

Il participa deux fois à des conflits armés : Pendant la Guerre des Six Jours, en 1967 et lors de la Guerre du Kippour de 1973. Il fut l’un des fondateurs du mouvement « La paix maintenant » qui prône le partage du territoire (avec des « arrangements particuliers pour les sites sacrés ») pour la création de deux états indépendants: l’un israélien, l’autre palestinien.

Il a publié des articles, de nombreux romans, quelques essais et deux recueils de nouvelles et deux livres pour enfants. La plupart de ses ouvrages ont été traduits en français. Il jouit d’une notoriété certaine en France.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Ailleurs peut-être - Amos Oz

Premier roman
Note :

   Ce roman est le premier qu’ait publié Amos Oz. C’était en 1966, et, il nous y parle de la vie dans un kibboutz à l’époque où il y habitait lui-même. «Ailleurs peut-être» fut, comme le souligne M. Saporta dans sa préface à la première édition, «le premier grand roman qui nous vient du kibboutz.» Une raison de plus pour ne pas le négliger. Mais attention, ce roman n’a rien d’autobiographique, oubliez l’autofiction etc. Il a juste la particularité de se situer dans un milieu très particulier, le seul d’ailleurs qu’Oz connaissait bien à cette époque.
   
   Tout d’abord, en ce qui me concerne, je n’avais qu’une idée très vague de ce qu’étaient le mode de fonctionnement et les règles de vie à l’intérieur d’un kibboutz. Cela a donc été une découverte qui a augmenté pour moi l’intérêt de l’intrigue elle-même. Le kibboutz est un domaine agricole sur lequel des gens qui ont choisi ce mode de vie, viennent vivre et travailler en toute communauté, renonçant à tout bien personnel et acceptant que toutes les décisions les concernant, depuis le travail qu’ils feront jusque dans l’éducation de leurs enfants par exemple, soient prises par la communauté, par l’intermédiaire de conseils élus et provisoires. Comme vous le voyez, on est en pleine autogestion et vie communautaire, je devrais dire «communiste», mais j’y renonce, le terme ayant été détourné, il serait mal compris.
   
   Dans ce monde passionnant à découvrir, les humains évoluent comme ils le font partout avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs désirs, leurs tentatives, leurs réussites et leurs échecs. J’ai trouvé qu’Amos Oz, tout comme d’ailleurs la voix communautaire, se montrent à cette occasion particulièrement ouverts et tolérants. On voit rarement aussi fermement implicitement posé le fait que l’on peut faire souffrir quelqu’un sans être soi-même condamnable. Il ne semble pas y avoir de ligne droite de part et d’autre de laquelle chacun se poserait. La vue est plus large et j’aime cette notion. Pourtant, c’est bien la «Médisance» qui fournit au narrateur toutes les informations dont il nous fait part et elle, elle est parfois sacrément mauvaise Mais elle est comme le reste, elle fait partie du tout.
   
   Nous suivrons particulièrement les vies de Reouven Harich, poète, dont la femme est partie, quittant par la même occasion le kibboutz, Noga sa fille adolescente, Ezra Berger, le chauffeur et Bronka, son épouse, ainsi que de leur entourage, non pas esquissé à grand traits mais très approfondi au contraire, avec une maîtrise que l’on doit admirer dans un premier roman. Tous ces personnages ont des personnalités complexes qu’Amos Oz a su explorer avec une finesse et une subtilité que j’ai vraiment appréciées.
   
   Tout cela sur fond de vie armée, car ce kibboutz se trouve à la frontière non encore pacifiée avec les Arabes et les escarmouches ne sont pas rares. Nous rappelant que ces intrigues humaines que nous découvrons à travers la vie de nos personnages, cette expérience sociale que le kibboutz a été, sont à considérer dans le cadre plus large d’un monde qui n’a pas connu la paix depuis plusieurs générations et qui n’ose même pas encore l’espérer.

critique par Sibylline




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