Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le Danois serbe de Leif Davidsen

Leif Davidsen
  Le Danois serbe

Le Danois serbe - Leif Davidsen

Le contrat
Note :

    Le petit monde intellectuel de Copenhague est en ébullition : Sara Santanda, jeune écrivaine iranienne sur laquelle pèse une fatwa, a décidé de sortir de sa retraite britannique et de faire une apparition publique (et très médiatisée) au Danemark. Chargée de l'organisation de cet événement exceptionnel, Lise Carlsen, journaliste de haut vol, collabore avec la police en la personne du séduisant commissaire Per Toftlund. Ils apprennent très vite qu'un contrat de 4 millions de dollars a été lancé sur la tête de la jeune femme et qu'un homme, franc-tireur, est entré au Danemark pour l'exécuter ; il est seul, il parle parfaitement la langue et il est sans pitié : c'est le Danois serbe.
   
   Oui, je sais chers happy few observateurs : ce roman ne faisait pas partie de mon SLAT, mais j'ai des excuses, évidemment (sinon, ce ne serait pas drôle) (surtout que je concours au titre de championne de la mauvaise foi, mais je dois bien avouer que j'ai une concurrence de folie)! Figurez-vous que ce roman traînait nonchalamment sur les étagères de Bellemaman, et qu'il criait mon nom, le pauvre, et qui suis-je, franchement, pour dénier à un livre le plaisir d'être lu? Sans compter que les vacances sont mouvementées, entre la traite des chèvres, la rencontre de Pierre Bellemare et un incident dans un escalier de château fort (un groupe de touristes belges en rit encore): il était temps de puiser un peu de réconfort livresque dans un roman qui me faisait des oeillades éhontées. Et comme je suis faible et facilement consentante, chers happy few, j'ai craqué.
   
   Et j'ai bien fait. Oh que oui. C'est vraiment un excellent polar que nous a concocté ce Leif Davidsen, que pour ma part je ne connaissais pas mais qui en est déjà à son septième roman traduit en français. L'intrigue n'est pas particulièrement neuve mais elle est fort bien troussée, en partie grâce à la construction narrative: on suit les principaux protagonistes en parallèle, devinant le moment où leurs chemins vont finir par se croiser, et la tension monte lentement pour finir par atteindre son paroxysme dans les derniers chapitres.
   
   Ensuite, les personnages sont vraiment très intéressants et complexes, surtout Vuk, le fameux Danois serbe qui donne son titre au roman. C'est un jeune homme détruit par la guerre en Yougoslavie, guerre qui, en le privant de toute sa famille, atrocement massacrée, a fait de lui un tueur froid et déterminé hanté par les cauchemars de ses propres exactions. Mine de rien, le roman s'interroge sur la limite entre l'humain et l'animal et l'impossible retour en arrière : il n'y a pas de repos possible pour Vuk, tenaillé malgré lui par le "Et si je n'avais pas quitté le Danemark ?", qui revient comme un leitmotiv chez ce jeune homme prisonnier d'une vie qu'il a l'impression de ne pas avoir choisie.
   
   Face à lui, Per Toftlund est un professionnel différent de ceux qu'on a l'habitude de voir dans les polars: il est heureux, n'a pas de vices cachés, mène une vie qui lui convient parfaitement et tombe amoureux sans se poser de questions! Un commissaire ma foi fort reposant par rapport à ses habituels homologues...
   
   Si l'on ajoute à cela des personnages secondaires sympathiques et bien campés et une ville, Copenhague, qui a ma foi l'air très agréable à vivre, on obtient un polar de très bonne facture!
   
   A lire toutes affaires cessantes, chers happy few!

critique par Fashion




* * *