Lecture / Ecriture
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Un chasseur de lions de Olivier Rolin

Olivier Rolin
  Un chasseur de lions
  Le Météorologue
  Solovki – La bibliothèque perdue
  Veracruz

Olivier Rolin est un écrivain français né en 1947. Il est le frère de Jean Rolin.

Un chasseur de lions - Olivier Rolin

Culturel en diable!
Note :

    Rentrée littéraire 2008
   
   On peut dire qu’ "Un chasseur de lions" a bénéficié d’un lancement très avantageux en cette rentrée littéraire. Il est visible que son éditeur a misé sur lui pour quelque prix et que les journalistes en ont été dûment avertis. On l’a donc vu dans toutes les vitrines de librairies, dans toutes les émissions littéraires, dans tous les magazines itou. Le Chasseur de lion me tendait ses bras musclés et je m’y suis jetée… pour les trouver un peu trop rudes pour moi. Mais c’est pourtant ainsi que je me suis retrouvée à lire mon premier Olivier Rolin.
   
   Ce roman commence par la description détaillée d’un tableau (il y en aura d’autres) de Manet représentant une sorte de Tartarin exotique ayant abattu un lion. Quel dommage que la couverture du livre ne nous montre pas, justement ce portrait! Notre Tartarin s’appelle en fait Pertuiset, c’est un personnage assez vulgaire mais haut en couleur, plutôt rabelaisien qui alterne les séjours dans les lieux parisiens à la mode, où il fréquente justement Manet et beaucoup d’autres célébrités littéraires, artistiques et du demi-monde, et l’Amérique latine ou l’Afrique du Nord où il cherche des lions et des trésors. Il est le centre d’un tourbillon d’évènements historiques, aventureux et/ou culturels.
   
   On vante souvent le style d’Olivier Rolin qui plaît tant aujourd’hui, mais c’est lui justement que je n’ai malheureusement pas beaucoup apprécié. Ou, pour être plus exacte, j’ai commencé à l’apprécier davantage dans le dernier quart, où il prend enfin le temps de raconter un peu. Et là, en effet, il y avait de très jolies pages. Jusqu’alors, cela avait plutôt été une cascade de faits et de scènes brèves qui partaient dans tous les sens, un peu comme si l’on nous montrait un diaporama rapide à la place d’un film. C’est très visuel, très culturel, bourré d’une foule de ces détails dont les bobos raffolent : ce n’est rien selon eux de comprendre ce que telle célébrité pensait, encore faut-il savoir précisément où elle a habité, rue et n°, et encore mieux, l’étage. Les discussions de salons vous ont alors une autre allure. On a une riche collection d’anecdotes d’époque, mettant pratiquement toutes en scène des personnages connus (ben oui, parce que sinon où est l’intérêt?). Bref, cela a un côté feu d’artifice qui peut tout à fait séduire, mais personnellement, cela ne me convient pas et je préfère une pratique plus posée de la pensée.
   
   Ce récit donc déjà bien touffu, est truffé assez abruptement de passages où l’auteur se parle à lui-même en se tutoyant et en évoquant des scènes souvent amoureuses dans des décors aventureux… Ca a de l’allure, ça vous pose un homme.
   
   Je me retrouvais donc avec une bonne histoire, intéressante, mais noyée dans une accumulation de données. C’est saoûlant et, telle Pertuiset dans sa jungle, je peinais à ne pas perdre la piste dans la forêt. Je me suis retrouvée plusieurs fois à relire ma dernière page, non parce que je ne comprenais pas, mais parce que mon esprit avait "décroché" et que j’étais passée en "lecture automatique", pensant à autre chose. Les listes me font cet effet-là. Consciencieusement, je reprenais…
   
   Et j’ai bien fait d’aller jusqu’au bout, car, comme je vous le disais j’y trouvais enfin la preuve qu’Olivier Rolin savait aussi écrire. J’y trouvai également ce qui, pour moi, fut le meilleur passage, celui où il examine le thème de la mort chez Manet. Et puis, comme je m’y attendais un peu, Olivier Rolin étant tout de même assez habile auteur pour cela, la dernière page nous livre quelques clés qui ajoutent au roman et le font sembler plus profond.
   
   Ceci dit, ce roman peut beaucoup plaire, moi il m'a plu... un peu. En tout cas, on y apprend beaucoup de choses.

critique par Sibylline




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