Lecture / Ecriture
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La haine de la famille de Catherine Cusset

Catherine Cusset
  À vous
  La haine de la famille
  Un brillant avenir
  Amours transversales
  Le Problème avec Jane
  Indigo
  L'autre qu'on adorait*
  Le côté gauche de la plage

Catherine Cusset est une écrivaine française née en 1963.

La haine de la famille - Catherine Cusset

De l'intérêt de ne pas avoir d'écrivain dans sa famille...
Note :

   J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour terminer "La haine de la famille" de Catherine Cusset. Non que l'écriture en soit lourde ou l'histoire inintéressante mais parce que j'avais la désagréable impression de devenir voyeure tant le lecteur se doute que cette famille, haute en couleurs, a beaucoup de parenté avec celle de l'auteure.
   
   Marie, la narratrice se met d'ailleurs peu en scène, préférant se concentrer sur le reste de sa parentèle. Sa mère, toujours vêtue de rouge, qui a mené une carrière brillante au barreau, mais estime que sa vie est vide. Son père qui ne cesse de rouspéter, n'arrivant pas à endiguer le désordre causé par ses enfants, sa femme ou sa belle-mère.
   
   Rien ne nous est épargné de la constipation des unes ou des autres (ou des crottes flottant dans la mer sous le nez de celle qui vient de se soulager...), de l'apparente irresponsabilité d'une soeur qui collectionne les amants et les enfants mais entreprend à 40 ans des études de médecine.
   
   Quant à la grand-mère, petite bonne femme d'un mètre cinquante, elle a tenu tête aux policiers français venus l'arrêter pendant la Seconde Guerre Mondiale, a sauvé ses filles par son aplomb mais termine sa vie d'une manière déchirante...
   
   Pas de morale à ce récit, à nous de nous dépatouiller avec cette famille pas si haïe que cela -bien au contraire- et qui ressemble un peu à la nôtre...
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critique par Cathulu




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Quelle est la différence entre un lecteur et un psy? *
Note :

   Comme toujours chez Catherine Cusset, il y a beaucoup de la propre histoire de l’auteur qui se retrouve dans ce roman assez spécial.
   
   Comme l’auteur, celle qui parle et tente de raconter sa famille, est sortie d’Ulm. Comme l’auteur, elle est professeur de lettres (Cusset l’est en littérature française à New York). Comme celle de l’auteur, la famille est bourgeoise, installée, la mère juge aux affaires familiales, mère de quatre enfants dont trois Normaliens, le père cadre supérieur chez ESSO et énarque. Comme l’auteur, celle qui raconte partage sa vie entre la France et les Etats-Unis. Etc…
   
   D’ailleurs, et c’est ce qui dérange dans ce livre, on ne sait pas vraiment si c’est sa propre vie que Cusset raconte ou une vie fictive. La frontière entre un vécu que l’on devine lourd et la fiction, œuvre de l’esprit, semble ténue.
   
   Un livre structuré entre deux parties très différentes, presqu’en rupture. La première partie, qui représente environ les deux tiers du récit, est une véritable critique assassine d’une famille en apparence bien sous tous rapports.
   
   Sous des aspects rangés et policés, c’est un rapport amour-haine qui régit l’essentiel des relations entre les parents et leurs enfants. Des parents qui se détestent et qui maintiennent un semblant d’unité parce qu’il est impossible pour une JAF de divorcer et parce que le sexe tient un rôle prépondérant dans ce couple qui ne communique que par les cris, les accusations sans fondements du mari auxquelles l’épouse répond par un refuge permanent à l’écoute de France Culture sur cinq postes de radio à la fois.
   
   Des enfants qui n’existent que par les résultats scolaires, la réussite sanctionnée par les meilleurs diplômes mais qui n’ont pas véritablement d’existence affective et qui vivent dans le stress permanent de l’insécurité créée par leurs parents.
   
   Le ton est lourd, violent et évoque un besoin d’évacuation psychanalytique. Le récit en devient trop personnel ce qui en rend l’appropriation virtuellement impossible et impose une distanciation préjudiciable.
   
   La deuxième partie est plus légère. Elle évoque les premières années et les prouesses de la grand-mère maternelle, avocate et juive, et qui sut échapper avec culot et sang-froid à la Gestapo.
   
   Comme souvent chez Cusset, l’affiliation juive constitue une trame indispensable et la mise en perspective à l’Histoire, celle de l’holocauste, est prépondérante.
   
   Cette deuxième partie est aussi la moins réussie, la plus convenue. Elle manque d’allant et d’inspiration et contribue à encore plus déséquilibrer un récit jusqu’alors en équilibre précaire.
   
   Il en résulte un livre globalement très décevant et qui hésite entre l’autobiographie au petit vitriol et le romanesque qui rate son envol. Bref, ce qu’on appelle un ratage.
   
   
   * Tu paies le second alors que le premier te paie

critique par Cetalir




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