Lecture / Ecriture
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Risibles amours de Milan Kundera

Milan Kundera
  L'art du roman
  Risibles amours
  La Plaisanterie
  L'ignorance
  L'immortalité
  L’insoutenable légèreté de l’être
  La fête de l’Insignifiance

Milan Kundera est un écrivain d'origine tchécoslovaque, né à Brno en 1929.
Il vit en France de puis 1975 et a obtenu la nationalité française en 1981.

Risibles amours - Milan Kundera

7 nouvelles
Note :

   Amis de l’introspection, bonjour. Les fatigués de l’action pour l’action, des histoires racontées à cent à l’heure avec un rebondissement toutes les deux pages pourront se reposer avec Milan Kundera.
   
   Avec Milan Kundera on est dans le développement inlassable de chaque action, de chaque pensée, du pourquoi notre héros va prendre telle option plutôt que telle autre, et ce que ça aurait pu engendrer s’il l’avait fait, et ce qui va se passer en fait, et du coup les répercussions sur tel personnage secondaire, et comment la situation en est du coup impactée ...
   
   Dit ainsi ça peut paraître très ch… Il n’en est rien. D’abord parce que c’est parfaitement écrit, que la traduction est à la hauteur, et puis parce que c’est très juste. L’âme humaine est disséquée, à la manière dont un médecin légiste pourrait pratiquer, mettant en évidence l’origine des bleus, des plaies et des bosses.
   
   Et des bleus, des plaies, des bosses, les personnages en sont normalement dotés, comme dans la vie réelle, ni plus ni moins. Pas d’histoires ou de situations sensationnelles, irréelles. Plutôt des petits riens qui font gripper une vie tout à coup, qui la fait sortir de ses rails. Et c’est là que le «légiste» Kundera entre en scène, analysant, disséquant, expliquant …
   
   C’est en fait un peu plus qu’une simple juxtaposition de sept nouvelles, plutôt sept études sur des thèmes en rapport: relations homme/femme sous ses diverses formes, être/paraître, jeunesse/expérience. D’ailleurs deux de ces nouvelles sont directement liées ; «Colloque» et «Le docteur Havel vingt ans plus tard» puisqu’on retrouve effectivement vingt ans plus tard notre docteur Havel qui intervient dans le «Colloque» précédent. Ce «Vingt ans plus tard» n’est d’ailleurs pas la plus intéressante, le «Colloque» est plus parlant.
   
   Le «Jeu de l’auto-stop» aussi, remarquable dans l’enchaînement inéluctable et dramatique auquel conduit un simple jeu de l’esprit à la base entre un homme et une femme que rien, à priori, ne condamne à se déchirer.
   
   Foin d’illusions, pas de joker, chez Milan Kundera: la froide réalité des choses, de la vie qui ne fait pas de cadeaux, surtout à ceux qui ne veulent pas s’en donner la peine –ou qui n’en ont plus la force – comme dans la vraie vie, quoi…

critique par Tistou




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