Lecture / Ecriture
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Le joueur de Fedor Michaïlovich Dostoievski

Fedor Michaïlovich Dostoievski
  Un cœur faible
  Monsieur Prokhartchine
  Crime et Châtiment
  Le joueur
  Les nuits blanches
  Le petit héros
  Le rêve d'un homme ridicule
  Le Double
  L'idiot
  Les Pauvres Gens
  Le sous-sol ou Les Carnets du sous-sol
  Souvenirs de la maison des morts
  Le Moujik Mareï - Le Garçon à la menotte
  Le Crocodile

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski (Фёдор Михайлович Достоевский) est un écrivain russe, né à Moscou en 1821 et mort à Saint-Pétersbourg en 1881.


Ils ont écrit sur lui:

Joseph Frank
George Steiner

Le joueur - Fedor Michaïlovich Dostoievski

Le jeu avant la vie
Note :

    Attention, cette fiche divulgue l’histoire et sa chute.
   
   Macao, l’enfer du jeu ? Que non point ! C’est à Roulottenburg, ville d’eau allemande et à ce titre dotée d’un casino, qu’Alexis, qui gravite dans l’entourage d’un général russe sur le déclin entouré de sa famille, de sa cour, va flamber et perdre son âme, renier la vie, l’amour au profit du jeu.
   
   Alexis est précepteur au sein de la famille du “Général” (ce qui ne semble pas vouloir dire grand chose par ailleurs). La grande affaire qui occupe ce charmant monde, c’est la mort - que le Général espère imminente – de sa mère – on l’appelle la grand-mère – tyran en jupon comme la Russie sait en produire (sans jupons généralement). Le Général envoie télégramme sur télégramme pour s’enquérir de la progression de l’agonie supposée. Des qui ont “investi” sur cette mort prochaine, et donc le retour en fortune du Général, ne sont pas mal non plus ! Notamment un français auprès de qui le Général a hypothéqué ses biens, et Dieu que les français en prennent pour leur grade sous la plume de Dostoïevski !
   
   Mais le jeu me direz-vous ? On y vient, on y vient …
   Il y a aussi Pauline, belle-fille du Général, dont Alexis se persuade qu’il en est définitivement amoureux mais aussi définitivement éloigné qu’un ver de terre peut l’être des étoiles ! Et cette Pauline aura un comportement mystérieux – et restera mystérieuse somme toute - en bonne partie parce que toute l’affaire nous est contée déformée par le prisme «Alexis». Elle va inciter Alexis à jouer pour elle au casino pour lui gagner un argent dont elle aurait besoin. Elle va être littéralement le détonateur de l’affaire. Car Alexis va jouer. Mais pas seulement Alexis. Puisque, contre toute attente, débarque à Roulottenburg la grand-mère que tous veulent voir morte et enterrée. Et excentrique comme peuvent l’être ces vieilles dames, elle va se mettre au jeu aussi, au jeu de la roulette. Et elle n’ira pas de main morte, ruinant d’un coup les espoirs de son général de fils. En voilà une sacrée joueuse !
   Mais le pire restera à venir avec la montée en puissance d’Alexis, qui jouera, jouera, y perdra son âme puis ses gains.
   
   Tout ceci est écrit dans une langue magnifique, à coups de considérations et de rebondissements généreux. On ne fait pas trop dans l’économie avec Dostoïevski ! Issue tragique, comme il se doit pour des caractères russes explosifs qui ne connaissent pas de limites. On a l’impression que Dostoïevski aurait pu étoffer, étayer davantage. La fin est un raccourci brutal d’une période tout à coup compressée mais il avait sans doutes d’excellentes raisons de mettre au monde cette histoire, lui qui fût concerné par cette passion du jeu. Il l’a peut-être jetée sur le papier comme on exhume des souvenirs dans le fauteuil d’un psychologue pour exorciser ses démons ?
   
   Dostoïevski m’évoque la personne d’un sabreur qui se jette droit sur l’adversaire dès le coup d’envoi du combat donné. Et les sabreurs ne tergiversent pas ! Va que je te fouette et te pourfends ! Une écriture radicale.

critique par Tistou




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