Lecture / Ecriture
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La brocante Nakano de Hiromi Kawakami

Hiromi Kawakami
  Les années douces
  La brocante Nakano
  Manazuru
  Le temps qui va, le temps qui vient

Ecrivain japonaise , née à Tokyo en 1958

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La brocante Nakano - Hiromi Kawakami

D'une justesse touchante...
Note :

   Installée dans la grande banlieue de Tôkyô, la brocante Nakano n'est qu'une modeste boutique de seconde main: vêtements, vaisselle, un peu de mobilier et d'électroménager, et surtout pas d'antiquités, pas dans le genre de la maison... Mais en partageant la vie de Mr Nakano, de sa soeur Masayo et de ses employés, Hitomi et Takeo, on ne tarde pas à comprendre que ce petit magasin sans prétention n'a rien à envier à l'échoppe d'Auggie Wren, telle qu'elle fut créée par Paul Auster et portée à l'écran par Wayne Wang*.
   
   Au fil des jours et du défilé des clients - de Tadokoro, vieillard à l'air gaillard venu vendre des photos "osées" qu'il avait prises dans sa jeunesse, au jeune client Hagiwara, désireux de prêter à la boutique un précieux bol en céramique, cadeau d'adieu d'un ex-petite amie et traînant son pesant de ressentiment et de guigne -, ce sont autant de petits fragments d'humanités singulières qui passent devant les yeux du lecteur.
   
   J'ai retrouvé ici le talent d'Hiromi Kawakami pour ancrer son univers romanesque dans des petits faits concrets - ce en quoi elle n'est pas sans rappeler son compatriote Haruki Murakami -, et camper un personnage en trois bouts de ficelle - un ton de voix, une douce manie, un détail vestimentaire... Cela, et l'infinie délicatesse dont Hiromi Kawakami fait preuve en évoquant les maladresses, les hésitations et atermoiements des coeurs et des corps, m'a permis de retrouver le charme dégagé par "Les années douces". Et si les héros de "La brocante Nakano" évoquent leur (més)aventures sexuelles avec une franchise proprement désarmante, appelant tout tranquillement un chat un chat, il n'y a jamais là la plus petite trace de vulgarité, mais rien que des portraits, tout en justesse, d'êtres très humains et profondément touchants.
   
   
   * "Smoke" et "Blue in the face"
   
   
   Extrait:
   "Takeo est arrivé en apportant de nouveau avec lui une odeur de savonnette. L'espace d'une seconde, j'ai pensé que j'aurais dû prendre une douche, mais l'instant d'après, je me suis félicitée d'y avoir renoncé, car il aurait pu avoir l'impression que je l'attendais de pied ferme. C'est bien pour ça que c'est difficile, l'amour. Ou plutôt, ce qui est difficile en amour, c'est de savoir d'abord discerner si on veut être amoureux ou non." (p.63)

critique par Fée Carabine




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