Lecture / Ecriture
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Villette de Charlotte Brontë

Charlotte Brontë
  Jane Eyre
  Villette
  Le Professeur
  Shirley

Charlotte Brontë (1816 - 1855) est une romancière britannique, soeur d' Anne Brontë et d'Emilie Brontë, toutes deux romancières.

Sheila Kohler a mis en scène l'écriture de "Jane Eyre" dans son roman "Quand j'étais Jane Eyre".

Villette - Charlotte Brontë

Le dernier roman de Charlotte Brontë
Note :

    «Après un désastre familial non spécifié, la narratrice, Lucy Snowe, se rend dans la cité fictive de Villette pour enseigner dans une école pour jeunes filles où elle est involontairement plongée dans l'aventure et la romance... »
   
   J'ai redécouvert avec plaisir l'écriture de Charlotte Brontë. Ce roman, le dernier de l'auteur, est peu connu, mais considéré par certains spécialistes comme son meilleur. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé, mais Jane Eyre reste indétrônable.
   
   Le point fort de ce long roman n'est pas son action, mais ses personnages. Ils sont bien construits, profonds, complexes. A la fin de la lecture, ce ne sont plus de simples protagonistes mais presque des personnes réelles, des amis que l'on quitte à regret. L'héroïne m'a particulièrement touchée, peut-être car elle me ressemble un peu...
   
   Ce roman comporte également un amusante critique de la société, les jeunes filles frivoles surtout ne sont pas épargnées.
   
   La trace du roman gothique se fait également sentir: présence du surnaturel, introspections fréquentes de la narratrice, ponctuent ce passionnant récit.
   
   Un dernier mot sur la fin. Elle m'a laissée plutôt perplexe. Qu'a donc voulu dire l'auteur?
   Elle nous laisse sur un grand point d'interrogation: happy end or not happy end? That is the question... Au lecteur de trancher, selon son humeur et sa sensibilité, Charlotte Brontë restant - volontairement ? - dans le flou.
   
   Je vous conseille donc fortement ce grand roman qui m'a énormément plu, même s'il n'égale pas, à mon humble avis, l'inoubliable Jane Eyre.
    ↓

critique par Morwenna




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Romantique ?
Note :

   Paru en 1853
   
   
   Réglons déjà un détail (si on peut dire) : oui, Charlotte, c'est celle qui a écrit "Jane Eyre".
   
   Jeune anglaise apparemment sans famille proche et sans fortune, Lucy Snowe débarque à Villette, royaume de Labassecour (vraisemblablement la Belgique), espérant trouver un poste de gouvernante. Embauchée par Madame Beck, directrice d'une école de jeunes filles, elle deviendra enseignante. M. Paul, un autre professeur, l'accable de reproches et la bouscule. Les sentiments de Lucy à l'égard du Docteur John évoluent vers un peu plus que de l'amitié. Par ailleurs (coïncidences nombreuses) elle retrouve d'anciens amis connus en Angleterre.
   
   Si l'on sait que Charlotte Brontë a enseigné l'anglais dans une école bruxelloise, on sera amené à juger cette histoire un peu autobiographique. En tout cas, les détails sur l'école et l'ambiance qui y règne sont extrêmement vraisemblables et vivants.
   
   Lucy Snowe est une héroïne fort intéressante. "Je prétends ne pas souffrir de la malédiction qu'est une imagination surchauffée, débordante, effrénée."
   Disons plutôt qu’elle sait faire taire son imagination. "Des épidémies, j'en étais convaincue, étaient fréquemment annoncées par un de ces lugubres vents d'est qui vous coupent la respiration: long sanglot douloureux, lamentation sans fin."
   "Pas le moins du monde aventureuse."
Pourtant elle part à Londres, seule, puis pour la Belgique, seule encore (il semble qu’elle pouvait voyager seule à cette époque, puisqu'anglaise). Cela se fait sur des impulsions soudaines.
   
   Lucy n'a guère d'atouts en apparence, elle semble froide, raisonnable, pourtant, elle est énergique, lutte contre sa timidité, la passion couve chaudement en elle, même si bridée, jamais elle ne se raconte d'histoires, dans sa lucidité. L'évolution de ses sentiments est finement conduite par Charlotte Brontë.
   
   Charlotte Brontë, fille de pasteurs, n'hésitant pas à utiliser dans son roman des images prises dans les histoires bibliques. Comment l'ignorer aussi, avec cette Lucy protestante en ce milieu catholique, droite dans ses bottes, inébranlable. "Bien peu d'entre nous savent ce qu'ils deviendront un jour, mais si je tablais sur tout ce qui m'était arrivé jusqu'ici, j'avais tout lieu d'espérer vivre et mourir en protestante raisonnable: il y avait dans la "sainte Église" une sorte de perfidie cachée sous des fleurs, qui ne m'attirait que fort peu." Même si elle reconnaît l'authenticité de la foi du catholique M. Paul.
   
   Quant à l'écriture de ce long roman touffu, elle est bien sûr impeccable, pas lourde du tout, non dénuée d'humour, tout en laissant parfois transparaître des ambiances mystérieuses et exaltées. Romantique?

critique par Keisha




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